Charles, Michel de Villette

1736 - 1793

Informations générales
  • Né le 4 décembre 1736 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 9 juillet 1793 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 9 juillet 1793
Département
Oise
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à Paris le 4 décembre 1736, mort à Paris le 9 juillet 1793, fils d'un trésorier des guerres, qui lui laissa 40,000 écus de rente, entra dans les armées du roi, prit par à la guerre de Sept ans, se retira du service à la paix de 1763, avec le grade de maréchal général de la cavalerie, et se lança dans le monde, oit sa fortune, une physionomie agréable, un caractère enjoué, un esprit frondeur lui procurèrent de rapides et brillants succès. La protection de Voltaire, qui avait été l'ami de sa mère, l'aida dans ses essais littéraires, et le patriarche de Ferney ne craignit point d'appeler le marquis de Villette le Tibulle français. En dépit des vices contre nature qu'il affichait, le marquis de Villette épousa à Ferney, le 12 novembre 1777, Mlle de Varicourt, sans autre fortune que la dot et les diamants que lui donna Voltaire, mais aussi distinguée par ses vertus que par ses qualités aimables ; Voltaire la surnomma Belle et Bonne. M. de Villette en eut un fils, qu'il fit baptiser en 1792 sous le nom de Voltaire-Villette, et n'en continua pas moins de nouer les intrigues les plus scandaleuses. Chargé, en 1789, de rédiger les cahiers du bailliage de Senlis, il collabora à la Chronique de Paris, et fut élu, le 4 septembre 1792, député de l'Oise à la Convention le 4e sur 12 voix. Il protesta vivement, dans une lettre, contre les massacres de septembre, et, lors du procès de Louis XVI, vota pour la réclusion, en ces termes : « Ma conscience m'a ordonné de déclarer Louis coupable de haute trahison. De nouvelles réflexions m'ont empêché de consentir aux assemblées primaires, que j'avais d'abord adoptées. La peine à infliger au ci-devant roi me parait de la plus haute importance. Je ne considère pas ici l'individu : son existence ne doit être calculée que sous les rapports politiques. La mort de Louis est-elle nécessaire ou nuisible à la fondation de la république? Est-il vrai que la république a sur pied neuf armées, qu'il faut habiller ses légions, presque toutes dans le dénuement le plus honteux? Est-il vrai que la misère et la maladie dévorent ces colosses déjà couverts de blessures? Est-il vrai que vous êtes forcés d'équiper des flottes qui imposent à l'Angleterre, à la Russie, à la Hollande, et peut-être à l'Espagne, dont la neutralité n'est rien moins que certaine? Est-il vrai que vos armées de terre coûtent à la république 134 millions par mois, et qu'en épuisant vos trésors, vous allez verser des flots de sang, et que nos collettoyens, nos frères, seront les victimes immolées aux fureurs d'une guerre dont je ne prévois pas le terme? Enfin, serait-il vrai que la tête d'un seul homme, abattue ou conservée, pût changer la destinée de l'empire? Comment décider cette question, au milieu des orages qui nous environnent au dedans, et des armées qui nous menacent au dehors? Celui qui aime sa patrie ne doit pas se hâter de prononce sur ce qui peut faire son salut ou sa perte. Il doit se dire: Un être nul, haï, méprise, arrête les projets de ceux qui voudraient lui succéder; renversé sur les débris du trône, il en embarrasse les avenues. Gardons cet otage ; qu'un des principaux articles de nos traités de paix avec les puissances belligérantes soit la renonciation absolue à servir la cause de Louis Capet on de quelqu'un de sa famille. D'après ces considérations, je demande la réclusion du ci-devant roi, et qu'à l'époque de la paix, il soit à perpétuité banni des terres de la république. » Malade à cette époque, il se fit, pour exprimer son vote, porter à l'Assemblée. Ce fut précisément à cette maladie qu'il dut de ne pas être compris dans la proscription qui atteignit au 31 mai ses amis de la Gironde. Il mourut le 9 juillet 1793, dans son hôtel de la rue de Beaune, ou Voltaire lui-même était mort. Le marquis de Villette avait acquis le château de Ferney: il y conservait le cœur de son ami dans une urne portant cette inscription: Son esprit est partout et son cœur est ici, Littérateur assez médiocre, il laissa des poésies légères dans le genre de celles de Boufflers, et quelques autres écrits, et présenta huit opéras à l'Académie royale de musique.


Retour haut de page