Antoine, François Sergent-Marceau

1751 - 1847

Informations générales
  • Né le 9 septembre 1751 à Chartres (Eure-et-Loir - France)
  • Décédé le 24 juillet 1847 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 12 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à Chartres (Eure-et-Loir) le 9 septembre 1751, mort à Nice. (Italie) le 24 juillet 1847, fils d'Antoine Sergent, arquebusier, et de Catherine-Madeleine Fremy, reçut une instruction élémentaire, et s'adonna de bonne heure à la gravure, vers laquelle le poussait une inclination marquée. Entré, dans les premiers mois de 1768, comme élève pensionnaire chez Augustin de Saint-Aubin, il reçut pendant trois ans les leçons de ce maître, et revint à Chartres avec l'intention de s'y fixer. La gravure en couleurs était alors à la mode : il y acquit quelque réputation et fournit plusieurs planches de ce genre aux Portraits des grands hommes (1787-1789). Partisan zélé de la Révolution, il se mêla activement aux mouvements populaires, présida en 1790 le district de Saint-Jacques de l'Hôpital, et fut élu secrétaire de la Société des Jacobins. Il provoqua et fut chargé de présenter à l'Assemblée nationale une adresse tendant à obtenir la libre publication des ouvrages d'art, devint (1791) officier municipal, et sa vit confier, conjointement avec Panis, Perron et Vignier, le département de la police. Il s'efforça d'adoucir le régime des prisons, fit agrandir le préau de l'Abbaye, percer des fenêtres, assainir les cabanons, supprimer les cachots souterrains, et s'érigea aussi en protecteur des soixante sous-officiers et soldats qui, le 15 septembre 1791, avaient été renvoyés pour insubordination du régiment de Royal-Champagne. Il figura dans les journées du 20 juin et du 10 août. Après la prise des Tuileries, il s'occupa avec Panis, et en présence de quelques agents, de dresser l'inventaire des appartements : on lui imputa, plus tard, à tort, le vol d'un camée antique et d'une agate tricolore valant, dit-on, plus de cent mille livres. Il ne fit rien pour empêcher les massacres de septembre, et signa avec Marat la proclamation où l'on invitait les départements à purger la nation d'un million de traîtres. Elu, le 12 septembre 1792, membre de la Convention par le département de Paris, le 12e sur 24, avec 514 voix (704 votants), il siégea à la Montagne, et répondit au 3e appel nominal dans le procès du roi : « J'ai déjà prononcé la mort contre les ennemis de ma patrie, qui avaient pris les armes contre elle. J'ai fait plus, j'ai prononcé la même peine contre les êtres faibles qui n'avaient commis peut-être d'autre crime que celui de suivre leurs époux ou leurs pères. Depuis longtemps j'étais convaincu des crimes de Louis. Un de mes collègues a dit qu'un roi mort, ce n'est pas un homme de moins. Je ne suis pas de son avis, et je pense que le supplice d'un roi ne peut qu'étonner l'univers. La tête d'un roi ne tombe qu'avec fracas, et son supplice inspire une terreur salutaire. Après avoir balance tous les dangers, il m'a été démontré dans ma conscience que la mort de Louis était la mesure d'où il en pouvait résulter le moins. Je vote donc pour la mort, et contre le chef et contre ses complices. » Il parut peu à la tribune et rendit des services soit comme membre du comité des arts et de l'instruction publique, soit comme inspecteur de la salle. Il fit apporter aux Tuileries les chevaux de Marly, fonda le Musée français (27 juillet 1793), et provoqua l'érection d'une statue à J.-J. Rousseau. Quand il fut question de traduire devant le tribunal criminel extraordinaire les auteurs et les complices de la capitulation de Verdun (séance du 9 février 1793), Sergent plaida la cause du conseil défensif de la place, et, pour prouver que les officiers qui avaient eu le courage de survivre à Beaurepaire n'étaient pas des traîtres, il montra le jeune commandant du bataillon d'Eure-et-Loir, Marceau, protestant par des larmes héroïques contre l'acte de soumission que son âge le forçait de porter lui-même au roi de Prusse; il parvint ainsi à faire mettre les accusés hors de cause. Envoyé en mission à Chartres avec son collègue Perier, il protégea les sculptures de la cathédrale contre des démolisseurs fanatiques. Vers la même époque, il renonça devant l'autorité communale aux prénoms d'Antoine François pour adopter celui d'Androphile, qu'il abandonna d'ailleurs presque aussitôt. Après le 9 thermidor, il ne fut pas inquiété ; mais, lors des événements de prairial an III, la majorité l'accusa d'avoir excité les sections à la révolte; décrété d'arrestation, il prit la fuite et demeura en Suisse jusqu'à l'amnistie du 4 brumaire. Il épousa, la même année, la sœur aînée de Marceau, femme divorcée de Champion de Cernel, procureur à Chartres ; elle gravait et dessinait elle-même avec goût, et plus d'une fois elle aida Sergent dans ses travaux. A partir de cette époque, Sergent ajouta à son nom celui, déjà illustre, de son beau-frère. Sous le ministère Bernadotte, il fut nommé commissaire du gouvernement près la régie des hôpitaux militaires; mais le coup d'Etat de Bonaparte lui fit perdre cet emploi. Arrêté lors de l'attentat du 2 nivôse an X, par mesure de sûreté générale, il reçut l'ordre de quitter Paris et la France. La note de police, jointe à l'ordre d'exil, portait : « Propriétaire exclusif, lié avec des personnes qui se sont prononcées le plus hautement contre le gouvernement consulaire. » Il demanda en vain d'être interrogé, et se dirigea avec sa femme vers l'Italie, où il devait vivre désormais. Reprenant son burin, il commença la publication d'un grand ouvrage intitulé: Tableaux de l'univers et des connaissances humaines, qui ne réussit pas. Après avoir habité successivement Vérone, Padoue, Venise, Brescia, où il fit des soumissions pour des fournitures d'hôpitaux, pour le règlement desquelles sa femme dut venir plusieurs fois en France, notamment en 1811, date à laquelle elle demanda pour son mari une place dans les droits réunis, il se fixa à Nice, reçut, après 1830, une pension de 1,800 francs du roi Louis-Philippe, son ancien collègue aux Jacobins, et collabora (1834-1835) à la Revue rétrospective. Devenu aveugle en avril 1847, il mourut quelques semaines plus tard, à 96 ans. M. Hipp. Carnot, alors député de Paris, prononça quelques paroles sur sa tombe.


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