Stanislas, Marie, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

1757 - 1792

Informations générales
  • Né le 8 novembre 1757 à Hamonville (Meurthe - France)
  • Décédé le 10 août 1792 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 17 août 1789 au 31 août 1789
Présidence de l'Assemblée nationale
du 9 septembre 1789 au 14 septembre 1789
Présidence de l'Assemblée nationale
du 14 septembre 1789 au 28 septembre 1789

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 13 mai 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Paris - Ville (Type : Ville)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député aux Etats généraux de 1789, né à Pont-à-Mousson (Meurthe), le 10 octobre 1757, mort à Paris le 10 août 1792, petit-fils du duc Gaspard de Clermont-Tonnerre, maréchal de France (1688-1781), il suivit la carrière des armes ; il était colonel de cavalerie au moment de la Révolution.

Élu, le 6 mai 1789, député de la noblesse aux Etats généraux par la ville de Paris, il fut à la tête de la minorité de la noblesse qui se réunit au tiers état. En se rendant aux communes, le 25 juin 1789, il s'exprima ainsi :

« Messieurs, les membres de la noblesse qui viennent en ce moment se réunir à l'Assemblée des états généraux cèdent à l'impulsion de leur conscience et remplissent un devoir. Mais il se joint à cet acte de patriotisme un sentiment douloureux : cette conscience qui nous amène, a retenu un grand nombre de nos frères. Arrêtés par des mandats plus ou moins impératifs, ils cèdent à un motif aussi respectable que les nôtres. Vous ne pouvez, Messieurs, désapprouver notre tristesse et nos regrets. Nous sommes pénétrés de la sensibilité la plus vraie pour la joie que vous nous avez témoignée. Nous vous apportons le tribut de notre zèle et de nos sentiments, et nous venons travailler avec vous au grand œuvre de la régénération publique. »

Il vota l'abolition des privilèges (nuit du 4 août), fut nommé au comité de rédaction de la Constitution, fit accorder les droits civils aux protestants et aux juifs, fut deux fois élu président de l'Assemblée, se prononça également pour le principe des deux Chambres, pour le veto royal, et fonda, avec Malouet, le club monarchique, défenseur de la royauté constitutionnelle. À ce sujet, il écrivit au Directeur de la Gazette nationale la lettre suivante :


« Paris, 1er avril 1791,

J'ai lu, Monsieur, l'article inséré dans votre numéro 90 sur le club monarchique, dont je suis membre.

Il est faux qu'aucune des personnes qui se sont rendues à la séance du 28 aient porté des cocardes blanches ; tous les autres détails, copiés par vous, outragent également la vérité, que nous rétablirons bientôt légalement. Vous dites que nous sommes six à sept cents gentilshommes ; nous sommes plus de mille citoyens. Vous dites que nous sommes armés ; notre billet de convocation porte l'invitation expresse de ne pas l'être. Vous nous appelez de bons serviteurs du roi, nous sommes fidèles à la nation, à la loi et au roi. Vous parlez de notre esprit connu ; notre esprit est l'amour de la liberté et le mépris des factieux. Vous dites que nos chefs sont fiers ; nous n'avons pas de chefs, mais nous acceptons tous ce reproche ; on est fier de la haine des méchants, et de la crainte que leurs excès même trahissent.

Je vous prie, Monsieur, d'insérer ma lettre dans votre Journal. Peut-être ceux que votre récit a pu tromper apprendront-ils avec quelque intérêt la vérité que je certifie.

STANISLAS CLERMONT-TONNERRE. »

Le « club monarchique » dut bientôt se dissoudre, et le comte de Clermont-Tonnerre créa avec Fontanes, le Journal des impartiaux, qui ne vécut que peu de temps.

Accusé en juin, d'avoir favorisé la fuite de Varennes, il n'échappa à la populace furieuse que par la protection de l'Assemblée.

Le 10 août 1792, une troupe armée pénétra dans son hôtel sous prétexte d'y chercher des armes. Conduit à la section, il fut frappé, en chemin, d'un coup de feu tiré à bout portant ; il se réfugia dans l'hôtel de Brissac, où la multitude le poursuivit et le massacra.


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