Anne, Louis, Henri de La Fare

1752 - 1829

Informations générales
  • Né le 9 septembre 1752 à Bessay (Vendée - France)
  • Décédé le 10 décembre 1829 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 6 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Nancy (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789 et pair de France, né à Bessay (Vendée) le 9 septembre 1752, mort à Paris le 10 décembre 1829, d'une des familles les plus anciennes et les plus considérables du Bas-Languedoc, il était le second fils de Louis-Joseph-Dominique, comte de la Fare, et de Pauline-Henriette de Gazeau de Champagné, et le petit-fils de Charles-Auguste, marquis de la Fare, un des plus aimables écrivains du XVIIIe siècle.

Il fit ses études au collège Louis-le-Grand, à Paris, sous la direction particulière de l'abbé Labdan, chargé plus tard de l'éducation du duc d'Enghien. Dès son jeune âge, il avait été pourvu d'une abbaye par la protection du cardinal de Bernis, son grand-oncle. Après quelques hésitations, il se décida pour l'église, et fut, au collège, au séminaire et à la Sorbonne, le camarade de Talleyrand. Vicaire-général du diocèse de Dijon en 1778, et doyen de la Sainte-Chapelle du roi dans cette même ville, il devint, en 1784, agent général du clergé des états de Bourgogne, et resta, jusqu'en 1787, chef de l'administration ecclésiastique de cette province.

Nommé évêque de Nancy le 7 octobre 1787, il fut membre de l'assemblée des notables (1788), et fut élu, le 6 avril 1789, par le bailliage de Nancy, député de son ordre aux Etats-Généraux. Ce fut lui qui prononça, à l'issue de la messe du Saint-Esprit qui eut lieu pour l'ouverture des Etats, le discours d'usage, dans lequel on applaudit surtout la phrase « contre les misérables exacteurs qui exerçaient leurs barbaries sous le meilleur des rois ». Lorsque les Etats-Généraux eurent pris le nom d'Assemblée nationale, l'évêque de Nancy fut de ceux qui s'opposèrent, par la plume et par la parole, aux réformes de la majorité. Le 12 février 1790, il fit déclarer que la religion catholique, apostolique et romaine était la religion de l'Etat. La même année, il protesta contre l'abolition des ordres religieux (séance du 13 février). Il vota contre l'admission des juifs aux droits de citoyens actifs, et parla sur un mode de remplacement provisoire de la gabelle, etc.

Son attitude hostile aux idées de la Révolution l'obligea bientôt à quitter la France; il se réfugia d'abord à Trèves, auprès de l'archevêque-electeur, son métropolitain, puis en Autriche, où il arriva à la fin de 1792, muni d'une lettre de recommandation de Marie-Antoinette. Il y remplit depuis 1795, pour le compte de Louis XVIII, diverses missions auprès de la cour de Vienne, et fut en même temps chargé de la correspondance des princes et princesses de la maison royale. Le duc de la Fare était le principal agent de la plupart des émigrés français répandus sur le continent. Il eut à conduire les négociations qui aboutirent au mariage du duc d'Angoulême. « En 1807, dit la Biographie des hommes vivants, toutes les communications avec l'Angleterre étant impérieusement prohibées, et les militaires de l'armée de Condé ne pouvant plus recourir à Londres pour y toucher du gouvernement britannique leurs pensions alimentaires, l'évêque de Nancy accepta l'emploi de vérifier et d'ordonnancer le paiement de ces pensions sur une maison de banque de Vienne. »

De retour en France avec Louis XVIII en 1814, il s'occupa de la répartition des secours à accorder aux émigrés rentrés sans ressource, et prit une part active à la nouvelle organisation de l'Eglise de France. Le 19 décembre 1814, il fut nommé premier aumônier de la duchesse d'Angoulême. Puis le roi l'adjoignit (janvier 1816) à l'archevêque de Reims, M. de Talleyrand-Périgord, pour l'administration des affaires ecclésiastiques, qui entra plus tard dans les attributions du ministère de l'Intérieur. Archevêque de Sens en 1817, il reçut (31 octobre 1822) le titre de pair de France, auquel s'ajoutèrent ceux de ministre d'Etat et de commandeur des ordres du roi. Il devint cardinal en 1823, assista aux deux conclaves où furent élus Léon XII et Pie VIII, et présida (1825) aux cérémonies du sacre de Charles X.


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