Jean, Antoine, Marie de Cazalès

1758 - 1805

Informations générales
  • Né le 1er février 1758 à Grenade (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 25 octobre 1805 à Mauvezin (Gers - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 20 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Rivière-Verdun, Gaure, Léonac et Marestains (Type : Pays et Jugeries)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député aux Etats généraux de 1789, né à Grenade (Haute-Garonne) le 1er février 1758, mort à Engalvin, près de Grenade, le 24 octobre 1805, il était fils d'un conseiller au parlement de Toulouse, qui négligea son éducation, pour le faire entrer dès l'âge de quinze ans comme sous-lieutenant dans les dragons de Jarnac.

Jean-Antoine-Marie s'enforça d'acquérir par un travail assidu l'instruction qui lui manquait, et, dans les discussions qui précédèrent la réunion de l'assemblée des notables (1787), il se montra partisan de sérieuses réformes, bien que fortement attaché à l'ordre politique existant ; cette attitude fit repousser, comme trop avancée, sa candidature aux Etats généraux, à Toulouse et à Cahors ; ce fut le pays et jugerie de Rivière-Verdun qui l'élut député de la noblesse aux Etats généraux, le 20 avril 1789.
En raison de son attachement à la monarchie, Cazalès, membre de la commission de son ordre chargée de discuter la réunion des trois ordres, s'opposa à la fusion, et aima mieux retourner en Languedoc que de s'y soumettre.

Arrêté à Caussade, près de Montauban, il offrit sa démission, qui fut refusée, et revint siéger au côté droit de l'Assemblée, où il protesta :

- contre le serment des prêtres,
- contre la constitution civile du clergé,
- contre la motion de priver le roi du droit de paix et de guerre,
- et contre l'obligation imposée au roi de ne pas s'éloigner du lieu des séances de l'Assemblée.

Orateur ardent, mais toujours sûr de lui-même, entraînant, sans se laisser entraîner, il soutint à tout instant à la tribune les prérogatives de la royauté, parla en faveur des parlements de Rennes et de Bordeaux, sur la question du veto, prit la défense de Bouillé, vota, en mai 1790, avec le côté gauche, pour l'éligibilité immédiate des membres de l'Assemblée, s'opposa, le 10 juin, au licenciement de l'armée, et protesta contre la nouvelle formule du serment de fidélité « à la nation, à la loi et au roi. »

Souvent aux prises avec Barnave, il alla sur le terrain avec lui :

« En vérité, dit-il à Barnave, en préparant son pistolet, je serais au désespoir de vous tuer, car je perdrais le plaisir de vous entendre. »

« Et moi, répondit Barnave en ajustant, je regretterais encore plus votre mort, car, si je vous tue, ce sera à mourir d'ennui lorsqu'il faudra écouter un des vôtres. »

Barnave atteignit Cazalès d'une balle à la tête, mais la blessure n'eut pas de suites fâcheuses.

Après le retour de Varennes, Cazalès voulut partir à l'étranger, fut arrêté par le peuple, et délivré par l'intervention de plusieurs de ses collègues ; il reparut à la tribune pour soutenir le maintien de la liste civile, et, découragé par l'inutilité de ses efforts pour la défense d'une cause perdue, se rendit à Bruxelles, et de là à Coblentz, où il fut très froidement reçu par les princes, encore remplis d'illusions, et ne fut admis à servir la cause royale que dans les compagnies des chasseurs à cheval, pendant la campagne de 1792. À la fin de cette année, il passa en Italie, puis en Angleterre, fut nommé commissaire général royaliste à bord de l'escadre anglaise envoyée à Toulon, refusa, au retour, du gouvernement anglais, de lucratives fonctions aux Antilles, et demanda, lors du procès du roi, l'autorisation de venir le défendre, autorisation qui lui fut refusée.
Chargé par Louis XVIII de nouer, après le 18 fructidor, des rapports avec les députes proscrits dans cette journée, il ne réussit pas à leur faire accepter un plan de contre-révolution. Dans une lettre du 26 août 1799, écrite de Londres, il demandait à Louis XVIII la croix de Saint-Louis en récompense de ses services.

Rentré en France en 1803, il repoussa les offres de Napoléon qui désirait l'attacher à lui, vécut dans la retraite, presque pauvre, dans une petite propriété qu'il avait achetée en Gascogne, près de Grenade, et succomba, deux ans après, à une violente attaque de goutte.


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