André Massena Duc de Rivoli

1756 - 1817

Informations générales
  • Né le 6 mai 1756 à Nice (Alpes-Maritimes - France)
  • Décédé le 4 avril 1817 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 28 juillet 1803 au 31 décembre 1807
Département
Seine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Corps législatif en l'an XI, pair des Cent-Jours, né à Nice (Alpes-Maritimes) le 6 mai 1756, mort à Paris le 4 avril 1817, fils de Jules Masséna, propriétaire à Levens, et de Catherine Fabre, fut d'abord mousse à bord d'un bâtiment de commerce commandé par un de ses oncles. Après avoir fait deux campagnes, il prit, en 1775, du service dans le régiment Royal Italien, et devint promptement sous-officier, mais ne put atteindre le grade de sous-lieutenant, n'étant pas noble. 11 obtint alors son congé et se maria.

A la Révolution, il s'enthousiasma pour les idées nouvelles, s'engagea dans les volontaires du Var, devint adjudant-major puis chef du 3e bataillon, et, en cette qualité, rendit, en 1792, de grands services au général Anselme, lieutenant de Montesquiou, pour la conquête du comté de Nice, puis à Biron, successeur d'Anselme, qui le fit nommer général de brigade le 22 août 1793, et, quelques mois après, le 20 décembre suivant, général de division.

Durant la campagne de 1794, il se distingua en différentes circonstances, surtout à Loano et à Saorgio, puis, l'année suivante, à l'affaire du col de Borghetto. Quand Schérer succéda à Kellermann, il chargea Masséna de rédiger le plan des opérations offensives et de l'exécuter : la victoire de Loano en fut la conséquence. A la reprise de la campagne du printemps, cette fois sous les ordres de Bonaparte, Masséna, qui connaissait le pays, reçut, après Millesimo, le commandement des compagnies de grenadiers réunies en corps et, à leur tête, franchit le pont de Lodi, entra le premier dans Milan, et assista à Roveredo, à Castiglione, à Arcole, à Rivoli, à la Favorite, où il mérita d'être appelé par le général en chef : l'enfant chéri de la Victoire.

Chargé de porter au Directoire les drapeaux pris à l'ennemi, il fut à Paris l'objet d'enthousiastes manifestations ; on lui donna à l'Odéon une grande fête, et le Directoire songea un moment à l'opposer à Bonaparte qui l'inquiétait.

Après le 18 fructidor, Masséna fut porté sur la liste des candidats au Directoire exécutif en remplacement de Carnot et de Barthélemy, mais il ne fut pas nommé. Revenu en Italie porteur de la ratification des préliminaires de Léoben, il remplaça Berthier à Rome ; mais cette nomination fut mal accueillie par l'armée, qui accusait Masséna de connivence dans les déprédations commises par certains agents français ; elle refusa de le reconnaître pour chef, et la population romaine, profitant de ce désaccord, se souleva ; mais Masséna réprima énergiquement l'émeute, sans parvenir à gagner la confiance de ses troupes qui lui signifièrent, le 25 février 1798, qu'elles ne reconnaissaient d'autre commandant que Berthier. Masséna remit alors ses pouvoirs au général Dallemagne. Puis affecté par ces incidents, il s'en plaignit à Bonaparte, à qui il demanda une ambassade, désireux de ne pas rentrer en France ; celui-ci, à la veille de s'embarquer pour l'Egypte, ne fit rien pour lui. Rappelé de Rome, Masséna vécut en disponibilité à Paris dans une situation assez précaire, jusqu'à ce que la sécurité de nos frontières compromises le fit appeler, en février 1799, au commandement de l'armée d'Helvétie, puis, après sa tentative sur Feldkirsch (21-23 mars) défendue par le général Hotze, à celui des armées combinées du Danube et du Rhin, que Jourdan et Bernardotte avaient quittées pour venir se justifier de leurs revers auprès du Directoire. Masséna ne disposait guère alors, malgré les renforts qu'il reçut, que de 40 000 hommes contre 100 000 Autrichiens sous l'archiduc Charles, Bellegarde et Hotze. Il prit position sur la Limmat, ayant trois divisions à droite sur les Alpes, quatre au centre sur la Limmat même, et deux à gauche sur le Rhin, fit franchir, le 25 septembre, la Limmat, au-dessous de Zurich, à quatre division, en tout 37 000 hommes, et attaquer Korsakoff, qui, isolé des Autrichiens, ne disposait plus que de 25 000 hommes. Après deux jours de lutte, les Russes battirent en retraite vers le Rhin, ayant 13 000 hommes hors de combat. Pendant ce temps, Soult et Vandamme avaient passé la Limmat au-dessus de Zurich et battu Hotze. Souwaroff à ce moment débouchait de la vallée de la Reuss, poussant lentement devant lui la division Lecourbe ; le 26 septembre, il arriva à Altorff ; mais au lieu de trouver l'armée française aux prises, il se vit en face de troupes victorieuses et Supérieures en nombre. Il dut rétrograder en toute hâte, abandonner ses canons, ses voitures, ses traînards, et n'arriva qu'après des efforts inouïs à Coire, avec 10 000 hommes seulement. La coalition était dissoute.

Après le 18 brumaire, Bonaparte confia à Masséna le commandement de l'armée d'Italie, campée sur les Apennins et les Alpes. maritimes, couvrant Gênes à droite, Savone au centre, à gauche Nice et le Var. Cette armée ne comptait guère plus de 35,000 hommes,. tandis que le baron Mélas disposait de 120,000 Autrichiens. Celui-ci attaqua nos lignes, le 5 avril 1800, et, grâce à sa supériorité numérique, après une lutte acharnée, rejeta Suchet sur le Var et Masséna sur Gênes. Assiégé par les Autrichiens du général Ott, bloqué sur mer par les Anglais, Masséna opposa pendant deux mois une résistance héroïque ; pas un seul jour ne se passa sans combat; mais bientôt la garnison et les habitants furent réduits à vivre d'herbes et de pain d'amidon ; les soldats mêmes n'avaient plus la force de porter leur fusil. Masséna consentit alors à capituler et obtint le droit de se retirer sur le Var avec le reste de ses troupes, pour y rejoindre Sachet. En signant la reddition, il dit aux officiers autrichiens et anglais : « Je vous donne ma parole d'honneur qu'avant vingt jours je serai devant Gênes. » En effet, en tenant en échec les troupes de l'Empire et en attirant sur lui l'attention de Mélas il avait favorisé la réussite du plan d'invasion de Bonaparte. Après Marengo, il garda le commandement de l'armée d'Italie, qu'il dut cependant abandonner bientôt à Brune, en raison de ses déprédations, qui avaient mécontenté le premier Consul.

Il s'était montré peu favorable au coup d'Etat de brumaire, et n'avait voté que le consulat à vie. Elu, le 9 thermidor an XI, par le Sénat conservateur, député de la Seine au Corps législatif, il s'y montra très indépendant et se prononça ouvertement en faveur de Moreau.

Nommé maréchal d'empire le 29 floréal an XII, grand-aigle de la Légion d'honneur le 10 pluviôse an XIII, et chef de la 14e cohorte, il revint, de nouveau, en 1805, à la tête de l'armée d'Italie, s'empara de Vérone le 18 octobre, et attaqua, les 30 et 31, les positions de Caldiero, sans pouvoir les forcer. Après le traité de Presbourg, il fut chargé, avec Regnier et Saint-Cyr, de conquérir le royaume de Naples ; en quelques jours, il dispersa les Napolitains et les Anglais, s'empara de Gaète et occupa les Calabres.

En 1807, il rejoignit la grande armée en Pologne, où il eut pour mission d'empêcher les Russes de tourner la droite de l'armée française, et de tenir en respect les Autrichiens.

Le 19 mars 1808, en récompense de ses services, il fut créé duc de Rivoli, et reçut une dotation considérable. Quelque temps après, à une partie de chasse, il fut éborgné par la maladresse de Berthier. Cet accident ne l'empêcha pas de prendre part à la campagne du Danube, en 1809. Il y commanda la droite de l'armée, se distingua à Landshut et à Eckmühl, et enleva le château d'Ebersdorff; après la capitulation de Vienne, il reçut l'ordre, ainsi que Lannes, de passer sur la rive gauche du Danube, où ils eurent à lutter contre des forces supérieures. Il montra dans cette circonstance (mai 1800) autant de sang-froid que de courage, son corps d'armée ayant été coupé deux fois, par suite de la rupture du grand pont de l'île Lobau, et sur le point de manquer de vivres et de munitions. Six semaines plus tard, l'armée française, revenue sur la rive gauche, gagnait la bataille de Wagram. Masséna y commanda la gauche qui eut à supporter les efforts de l'armée autrichienne. Contusionné par une chute de cheval, le duc de Rivoli assista dans une calèche aux émouvantes péripéties de la bataille, et quelques jours après, dégagea Marmont à Znaïm.

Créé prince d'Essling le 31 janvier 1810, il reçut, au mois de février suivant, le commandement de l'armée de Portugal. Réunie à la fin de mai à Salamanque et composée des corps de Ney, Junot, Régnier, Drouet d'Erlon, cette armée s'empara, le 10 juillet, de Ciudad-Rodrigo, le 28 août d'Almeïda, mais fut repoussée, le 27 septembre, par les Anglo-Portugais à Busaco. Masséna chercha alors à tourner les positions de l'ennemi, et entra à Coïmbre, le 1er octobre; le 12, il dut s'arrêter devant les lignes de Torrès-Vedras, défendues par 100 000 Anglais, Portugais et Espagnols sous les ordres de Wellesley, et par 700 canons. Trop faible pour attaquer ces lignes formidables, mal secondé par Ney, Junot et Régnier, il resta cinq mois immobile en face de ces positions, attendant les secours de Soult. Enfin, manquant de vivres et de munitions, et désespérant de recevoir des renforts, il se mit en retraite le 5 mars 1811. Wellesley le poursuivit et le battit à Sabugal, le 3 avril. Pour ravitailler Almeïda, Masséna reprit l'offensive, et livra, le 3 mai, l'indécise et sanglante bataille de Fuentès-de-Onoro. Disgracié par l'empereur à la suite de ces insuccès il abandonna son commandement au maréchal Marmont et revint en France. Il resta en disponibilité pendant les campagnes de 1812 et de 1813, et devint gouverneur de la 8e division militaire.

A la rentrée des Bourbons, le roi lui conserva ces dernières fonctions, le nomma commandeur de Saint-Louis, et lui accorda des lettres de grande naturalisation. A Marseille, lors du retour de l'île d'Elbe, Masséna chercha à seconder le duc d'Angoulême ; puis, il se tint à l'écart, bien que Napoléon lui eût écrit : « Prince, arborez sur les murs de Toulon le drapeau d'Essling et suivez-moi. » L'empereur ne 1'en nomma pas moins, le 2 juin 1815, pair des Cent-Jours : mais Masséna ne vint pas siéger.

La seconde Restauration lui confia le commandement de la garde nationale de Paris. Membre du conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, il se récusa en raison des démêlés qu'il avait eus avec Ney en Espagne. Dénoncé bientôt pour sa conduite au 20 mars 1815, il dut publier un mémoire justificatif, et mourut de chagrin, peu de temps après. « Tous les vieux soldats qu'une police ombrageuse n'avait pas éloignés de Paris, dit un de ses biographes, se pressèrent autour de son cercueil. »

Napoléon a dit de lui : « Le bruit du canon éclaircissait ses idées, et lui donnait de l'esprit, de la pénétration et de la gaieté. »


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