Adolphe, Edouard, Casimir, Joseph Mortier

1768 - 1835

Informations générales
  • Né le 13 février 1768 à Cateau-Cambrésis (Nord - France)
  • Décédé le 28 juillet 1835 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 16 mai 1818
Département
Nord
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair de France en 1814, pair des Cent-Jours, député de 1816 à 1818 et pair de France, né à Cateau-Cambrésis (Nord) le 13 février 1768, tué à Paris le 28 juillet 1835, fils d'Antoine Charles Joseph Mortier député du tiers aux Etats-Généraux et de Anne-Josèphe Bonnaire, il fit ses études au collège des Irlandais à Douai ; mais, au lieu d'entrer dans le commerce, comme le souhaitaient ses parents, il s'engagea en 1789 dans le 1er bataillon des volontaires du Nord, et devint sous-lieutenant de carabiniers en 1791.

Capitaine au 1er bataillon du Nord la même année, il eut un cheval tué sous lui à Quiévrain, se distingua à Jemmapes et à Nerwinde et, en récompense de sa conduite à Hondschoote, obtint le grade d'adjudant général (16 octobre 1793). Blessé au déblocus de Maubeuge, il assista à l'affaire de Mons et à la bataille de Fleurus, et prit part au siège de Maëstricht, où il s'empara du fort Saint-Pierre. A l'armée de Sambre-et-Meuse en 1796, il commanda les troupes d'avant-postes, contribua, le 4 juin, à la victoire d'Altenkirchen, passa de vive force la Nidda, et, le 4 juillet, enleva un convoi à Wlidendorff, puis occupa Giessen et repoussa les Autrichiens sur Bamberg. Il eut, le 8 août, à remplacer Richepanse blessé à la tête de la cavalerie, et mérita, au passage de la Redintz, les éloges de Kléber. Il fut ensuite chargé de négocier avec l'électeur l'occupation de Mayence.

Après Campoformio, il préféra le commandement du 23e de cavalerie au grade de général de brigade qui lui fut offert, et il n'accepta ces dernières fonctions qu'en 1799. Attaché à l'armée du Danube il assista à toutes les opérations autour d'Offenbourg, fut nommé général de division le 25 septembre suivant, commanda successivement la 4e division de l'armée d'Helvétie, avec laquelle il prit part à la campagne de Zurich, puis la 2e division de l'armée du Danube, et enfin la 16e division militaire à Paris (29 mai 1800).

A la rupture de la paix d'Amiens, Mortier eut la direction des troupes envoyées en Hanovre, força le feld-maréchal Walmoden à repasser l'Elbe, et conclut avec lui, le 2 juin 1803, une convention par laquelle l'armée hanovrienne était prisonnière de guerre et le territoire de l'Electorat abandonné à la France, Après avoir organisé l'administration, il revint en France, où il fut nommé commandant de l'artillerie de la garde consulaire.

Promu à la dignité de maréchal de France le 29 floréal an XII, chef de la 2e cohorte de la Légion d'honneur et grand-aigle de l'ordre le 10 pluviôse an XIII, il fut placé, avec Bessières, à la tête de la garde impériale, lors de la campagne d'Autriche, manœuvra sur le flanc de l'armée russe, dont il coupa les communications avec la Moravie et, à Léoben, le 11 novembre, tint tête avec une seule division à tout le corps de Kutusoff. A l'occasion de ce fait d'armes, la ville du Cateau voulut élever un monument au maréchal Mortier qui refusa cet honneur. En 1806, il occupa l'électorat de Hesse-Cassel, et arriva le 19 novembre à Hambourg, où il confisqua les propriétés anglaises et retint les Anglais prisonniers, mais négligea, à la demande de Bourienne, alors ministre plénipotentiaire, de s'emparer, malgré ses instructions, de 80 millions de marks déposés à la banque. Il envahit ensuite le Mecklembourg et la Poméranie, et commença le siège de Stralsund que le petit nombre de ses soldats ne lui permit pas de pousser avec vigueur; il battit les Suédois à Auckland et conclut avec leur général une convention en vertu de laquelle les îles d'Usedom et de Volgœst furent remises aux Français. Il rejoignit la grande armée après Eylau et se distingua à Friedland.

A la paix de Tilsitt, il devint gouverneur de la Silésie et reçut, le 2 juillet 1808, le titre de duc de Trévise, avec une dotation de 100,000 francs de rente en Hanovre. Peu après, il fut appelé au commandement du 5e corps de l'armée d'Espagne, assista, en février 1809, au siège de Saragosse, gagna, le 18 novembre, la bataille d'Ocana, se joignit au duc de Dalmatie devant Badajoz, et investit Cadix, où la junte s'était réfugiée. Rappelé pour prendre le commandement de la jeune garde partant pour la Russie, il se distingua à Smolensk et à la Moskova, fut nommé gouverneur du Kremlin, eut ordre de faire sauter le palais après le départ de l'empereur, et fit prisonnier le général Winzingrode qui se préparait à diriger une attaque contre Moscou en ruines. Il protégea le passage de la Bérézina en soutenant Oudinot qui luttait avec peine contre l'armée russe. Après la retraite, et à l'aide des nouvelles recrues, il réorganisa les troupes de la jeune garde à Francfort-sur-le-Mein, et se battit avec elles à Lutzen, à Bautzen, à Dresde, à Leipzig et à Hanau.

Rentré en France au commencement de janvier 1814, à la tête d'un faible corps d'armée, il se vit bientôt séparé de l'empereur, fut poussé par les alliés sous les murs de Paris non sans résister héroïquement, et, à la Fère-Champenoise, à Brie-Comte-Robert infligea à l'ennemi des pertes tangibles. Il refusa de signer la capitulation consentie par Marmont et sortit de Paris avec armes et bagages. Il envoya (8 avril) son adhésion à la déchéance de l'empereur. Louis XVIII le nomma commandant de la 16e division militaire à Lille, chevalier de Saint-Louis (2 juin), et pair de France (4 juin 1814). Au retour de l'île d'Elbe, Mortier fit prévenir le roi par M. de Blacas que les troupes étaient prêtes à se soulever, supplia le roi de sortir de Lille, et l'accompagna jusqu'au bas des glacis de la citadelle. Puis il se rendit à Paris, où Napoléon le nomma pair de France, le 2 juin 1815, et lui confia le commandement des places frontières du Nord et de l'Est.

A la seconde Restauration, il fut rayé de la liste des pairs. Désigné pour faire partie du conseil de guerre charge de juger le maréchal Ney, il se déclara incompétent comme ses collègues.

Nommé gouverneur de la 15e division militaire (10 janvier 1816), il fut élu, le 4 octobre suivant, député du grand collège du Nord, par 95 voix (168 votants, 258 inscrits) ; mais il ne siégea que très rarement. Par ordonnance du 5 mars 1819, il fut rappelé à la pairie, puis promu commandeur de Saint-Louis (24 août 1820) et chevalier des ordres du roi (30 mai 1825).

Il se rallia au gouvernement de juillet, qui, le 21 décembre 1830, l'envoya comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, fonctions qu'il conserva jusqu'au 11 septembre 1831. A cette époque, il fut nommé grand-chancelier de la Légion d'honneur.

Après le ministère des trois jours et sur les instances du roi, il prit le portefeuille de la Guerre, le 18 novembre 1834, avec la présidence du conseil, jusqu'au 12 mars 1835. L'amiral de Rigny lui succéda par intérim jusqu'au 30 avril suivant, époque à laquelle le maréchal Maison devint titulaire de ce département.

La veille de l'anniversaire des journées de juillet, en 1835, sa famille chercha à le dissuader d'assister à la revue du 28, en raison des bruits d'attentat qui circulaient. Sur le boulevard du Temple, on le sollicita de nouveau de se retirer : la chaleur était accablante. Il refusa, et presque au même moment, éclata la machine infernale de Fieschi. Mortellement frappé, il fut transporté dans une salle de billard du jardin Turc où il expira quelques minutes après, en poussant un grand cri: une balle était entrée par l'oreille gauche et était sortie au-dessous de l'oreille droite. Son corps fut inhumé aux Invalides. La ville du Cateau lui a élevé une statue en bronze inaugurée le 16 septembre 1838.

Date de mise à jour: juin 2015


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