Bernard Cadenat

1853 - 1930

Informations générales
  • Né le 2 janvier 1853 à Pexiora (Aude - France)
  • Décédé le 1er août 1930 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Socialistes unifiés
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 1er août 1930
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Parti socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Pexiora (Aude) le 2 janvier 1853, mort à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 1er août 1930.

Député des Bouches-du-Rhône de 1898 à 1919 et de 1924 à 1930.

Originaire de l'Aude, Bernard Cadenat vint de bonne heure à Marseille où il ouvrit une échoppe de cordonnier. L'animation de la grande cité, la diversité des milieux et des opinions, stimulèrent son goût de l'action. Il se mêla aux luttes politiques et sociales, et adhéra au jeune Parti ouvrier français qu'animait Jules Guesde. En peu de temps, il devint Marseillais d'adoption. En 1879, alors qu'il n'avait que 26 ans, il participa au congrès socialiste, et, dès lors, ne cessa de militer pour la cause de son parti. En 1886, il entre au Conseil municipal et y siège avec assiduité, marquant toujours plus fortement sa place. Toutes les questions intéressant la ville de Marseille trouvent en lui un écho favorable, et il mène à bien tant de problèmes qu'en 1892 il est nommé adjoint au maire. Le 1er mai 1893, Marseille est le théâtre de manifestations sociales si violentes, qu'elles dégénèrent en véritables échauffourées. Arrêté dans la mêlée, Bernard Cadenat est l'objet d'une condamnation. Il se présente néanmoins aux élections générales législatives du 20 août 1893 dans la deuxième circonscription de Marseille, mais est battu au premier tour de scrutin, par M. Bouge, avocat, député sortant, qui obtient 5.411 voix alors qu'il en totalise lui-même 5.064. Mais, en 1898, aux élections générales des 8 et 22 mai, il l'emporte sur son ancien adversaire, au deuxième tour de scrutin, par 8.448 voix, contre 7.040.

Inscrit au parti socialiste, il appartient à diverses commissions, notamment à celle du travail (1898) et à celle du commerce et de l'industrie (1899). Il prend un intérêt tout particulier au problème du travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels (1899) ; il participe à la discussion des interpellations de MM. Vaseille sur la politique générale du Gouvernement, Thiérry sur les grèves de Marseille, Marcel Sembat sur l'extradition de Sipido (1900). Il est entendu dans la discussion du projet de loi adopté par le Sénat sur l'extinction de certaines actions pénales. Il s'intéresse aussi à la législation des Conseils de prud'hommes (1901), au tarif des droits de succession, aux Caisses de retraites ouvrières, à la réglementation du travail des mécaniciens, chauffeurs et agents des chemins de fer.

Aux élections générales du 27 avril 1902, il est réélu, au premier tour de scrutin, par 6.470 voix, contre 5.110 à M. Pierre, son principal concurrent. Membre de la Commission des douanes et de la Commission du commerce et de l'industrie, il s'attache à l'étude d'un projet de résolution tendant à la création d'une Caisse de pensions pour les anciens députés, leurs veuves et leurs orphelins mineurs (1904). Comme sous la précédente législature, il ne perd pas de vue les intérêts des travailleurs, et particulièrement ceux des enfants et des femmes, affectés souvent à cette époque, à des travaux disproportionnés à leurs forces et préjudiciables à leur santé.

Aux élections générales du 6 mai 1906, il obtient au premier tour de scrutin, 8.763 voix contre 1.445 à M. Cambos, et retrouve brillamment son siège. Membre de la Commission des douanes, comme sous la législature précédente, de la Commission des boissons (1907), il s'intéresse à la construction de casernes de douaniers à Marseille, à la sériciculture, au projet de loi tendant à suspendre le monopole de pavillon et à déroger au régime commercial et maritime entre l'Algérie et la métropole.

En 1910, meurt M. Allar, maire de Marseille. Bernard Cadenat est porté aussitôt à la première magistrature de la grande cité. Il exerce ces fonctions avec autorité et simplicité, ne recherchant aucun honneur, n'écartant aucune responsabilité, forçant l'estime de ses adversaires par sa probité et le dévouement dont il ne cessera jamais de faire preuve.

Aux élections générales législatives de cette même année 1910, il est réélu au premier tour de scrutin, par 7.424 voix, contre 3.735 à M. Spinelli.

Membre des mêmes commissions que sous la précédente législature, il entre en outre à celle des postes et télégraphes (1910) et demande à interpeller le Gouvernement sur les incidents survenus à Marseille le 29 octobre 1912 entre les grévistes et la police ; il prend part à la discussion des projets de loi relatifs : à l'exploitation du service maritime postal entre le Havre et New York (1913), au relèvement des soldes des officiers et sous-officiers des armées de terre et de mer et des militaires de la gendarmerie (1913).

Aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, il est réélu, au deuxième tour de scrutin, par 7.777 voix contre 3.722 à M. Laurent. Membre de la Commission de la marine marchande, il étudie particulièrement les problèmes concernant l'assurance obligatoire des cargaisons des navires dont le corps a été assuré par l'Etat (1915) et la réforme du régime des entrepôts (1919).

Aux élections générales du 16 novembre 1919 qui ont lieu au scrutin de liste, il n'obtient que 34.470 voix sur la liste du parti socialiste unifié. M. Fernand Bouisson, député sortant, est élu en tête par 34.858 voix sur 84.040 votants, suivi de MM. Morucci, Canavelli et Maurel, tandis que Bernard Cadenat est écarté de l'Assemblée.

Mais aux élections générales du 11 mai 1924, il est élu sur la liste du cartel des gauches, par 52.219 voix sur 111.459 votants. Membre de la Commission des douanes et des conventions commerciales (1924) et de celle des comptes définitifs et des économies (1927), il participe plus rarement aux débats. Il est à ce moment septuagénaire. Il intervient néanmoins au cours de la discussion d'un projet de loi sur la nationalité (1927).

Aux élections générales du 22 avril 1928 qui marquent le retour au scrutin d'arrondissement, il retrouve ses électeurs de la deuxième circonscription de Marseille qui le réélisent au premier tour de scrutin, par 7.057 voix contre 3.018 à M. Laurent, son ancien adversaire de 1914. Mais sa santé déclinant, il n'intervient qu'exceptionnellement dans les débats. Il devait mourir en cours de mandat, le 1er août 1930, à Marseille âgé de 77 ans.

Au cours de la séance du 4 novembre, le Président Fernand Bouisson prononça son éloge funèbre. Il parla du dévouement du disparu à l'égard de la classe ouvrière « dont il connaissait, pour vivre près d'elle, tous les besoins », et il conclut en ces termes: « Bernard Cadenat revivait sans cesse dans le labeur et dans la lutte, une ardeur qu'il savait faire partager à ceux qui l'entouraient. On le saluait comme un maître dont la vie même était une leçon et dont le nom ne sera pas oublié. »


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