Jacques, Antoine Brouillet

1743 -

Informations générales
  • Né le 1er février 1743 à Millau (Aveyron - France)
  • Décédé à une date inconnue

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 26 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Vitry-le-François (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député l'Assemblée constituante de 1789, né à Millau (Aveyron), le 1er février 1743, mort à une date inconnue, il était curé d'Avize, en Champagne.

Député, le 26 mars 1789, aux Etats généraux, par le clergé du bailliage de Vitry-le-François, il accepta la constitution civile du clergé.

En septembre 1790, Jacques-Antoine Brouillet, curé d'Avize, soumit à l'Assemblée son « opinion sur les duels ». Cette opinion fit la matière d'un très curieux et très éloquent mémoire, publié à Paris, chez Lejay fils, imprimeur-libraire, rue de l'Echelle-Saint-Honoré, et qui débute ainsi :

« Il fallait un César, ou un curé de campagne pour oser s'élever contre la fureur des duels, un brave à l'abri de tout soupçon de crainte et de ce qu'on appelle lâcheté, ou un ouvrier obscur de la vigne du Seigneur, qui, sans autre prétention que le zèle de son ministère de paix, d'union, de charité, n'eût que les armes évangéliques à opposer à celles du désespoir et de la fureur. » Le curé Brouillet concluait en ces termes: « Le conflit qui a régné jusqu' ici entre les lois contre les duels, et le préjugé de l'opinion publique, est la seule cause de leur inefficacité. Or, cette opinion publique est à vos ordres ; vous ne lui avez pas encore commandé en vain ; associez-la donc à l'esprit de vos décrets, soumettez-vous-y les premiers. L'exemple est plus puissant que les paroles. Déclarez donc, messieurs, de la manière la plus solennelle :
1° Que l'honneur ainsi que la vertu étant personnels, nul citoyen ne peut en être dépouillé que par son propre fait, et qu'il ne saurait, en aucun cas, dépendre du caprice de qui que ce puisse être ;
2° que tout Citoyen convaincu d'avoir injurié par propos, gestes ou menaces, sera poursuivi devant les tribunaux ordinaires, comme perturbateur du repos public, et puni comme tel ;
3° que toute personne qui en aura frappé une autre sera déclarée infâme ;
4° que les lois contre les duels continueront, et seront mises en vigueur dans toute leur sévérité ;
5° que ceux-là seuls doivent être déshonorés, qui, au mépris des lois, se permettront de proposer le cartel ;
6° que ceux qui refuseront le cartel ne sauraient être déshonorés, le véritable honneur ne consistant que dans la soumission aux lois.
Voilà, selon moi, messieurs, les bases de la plus saine philosophie et du plus pur patriotisme, en fait de législation. Elevez-vous à toute la hauteur de votre dignité ! Jouissez d'avance de toutes les bénédictions de la patrie, de l'humanité, pour un décret aussi sage que désiré ! Apprenez enfin à l'univers que les préjugés les plus chers, les plus invétérés disparaissent, chez vous, devant le divin flambeau de la raison. »


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