Charles Colbert-Seignelay de Castlehill

1736 - 1813

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1736 à Castlehill (Royaume-uni)
  • Décédé le 1er juillet 1813 à Londres (Royaume-uni)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Rodez (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, né au château de Castle-Hill (Ecosse) en 1736, mort à Londres en 1813, il fut envoyé en France dès son jeune âge. Appartenant à la branche catholique de la vieille famille écossaise de Cuthbert dont une branche, les Colbert, s'était fixée en France, il entra, dans les ordres, obtint les abbayes de Val-Richer et de Sorèze, et bientôt la dignité de vicaire général du diocèse de Toulouse.

Le 28 janvier 1781, il succéda à Champion de Cicé (V. ce nom), comme évêque de Rodez. Il fonda dans cette ville des conférences d'agriculture, une école d'ingénieurs, un cours d'accouchement, améliora les routes, dota Villefranche d'un quai et d'une promenade, Millau d'une esplanade et d'un lavoir, se fit remarquer par son goût pour les sciences, et devint membre de l'Académie de Montauban.

Président de l'Assemblée provinciale de la Haute-Guienne, réunie à Villefranche, il fut appelé par Louis XVI aux deux assemblées des notables.

Le 21 mars 1789, il fut élu par la sénéchaussée de Rodez député du clergé aux Etats généraux. Tout d'abord, il inclina du côté du tiers état, se prononça pour la réunion des trois ordres, et fut un des sept évêques qui, dans la séance du 22 juin, vinrent déposer leurs pouvoirs sur le bureau de l'Assemblée nationale. « Cette démarche, dit une biographie, donna à Colbert une grande popularité, et il fut porté en triomphe, le 25 juin, dans les rues de Versailles, par le peuple qui la veille avait poursuivi de ses huées l'archevêque de Paris, de Juigné. »

Il fut nommé commissaire de la salle des séances (questeur), et fit partie des comités du règlement et de l'extinction de la mendicité. Dans la discussion relative aux dîmes ecclésiastiques, il se prononça pour le maintien du statu quo. D'autre part, au nom du comité des recherches, il opina favorablement à une demande de la commune de Paris, tendant à obtenir l'autorisation de pénétrer dans le palais de Versailles pour l'instruction relative aux événements des 5 et 6 octobre.

Colbert-Seignelay parla encore sur l'organisation communale et départementale, et appuya l'institution des cantons. Le projet de constitution civile du clergé le rejeta parmi les partisans de l'ancien régime : il refusa le serment, s'associa dès lors à toutes les protestations de la droite, et, après la session de la Constituante, se décida à émigrer.

Il se rendit à Londres, où il passa le reste de ses jours, refusant de rentrer en France en 1802, se prononçant nettement contre le Concordat, résistant aux propositions du pape qui demandait aux évêques de se démettre de leurs siéges afin de pouvoir traiter avec le gouvernement français. Colbert-Seignelay de Castle-Hill devint, dans l'émigration, secrétaire de Louis XVIII.

Il mourut avant le retour des Bourbons.

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