Eutrope, Benjamin, Charles, Athanase Robert de Lézardière

1777 - 1866

Informations générales
  • Né le 1er mai 1777 à Poiroux (Vendée - France)
  • Décédé le 31 octobre 1866 à Poiroux (Vendée - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Vendée
Groupe
Groupe constitutionnel
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 13 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Mayenne
Groupe
Groupe constitutionnel

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1824 à 1827 et de 1830 à 1831, né au château de la Proutière, commune de Poiroux (Vendée) le 1er mai 1777, mort au même lieu le 31 octobre 1866, d'une des plus anciennes familles nobles du Poitou, il était le petit-neveu de Mlle Marie-Charlotte Pauline de Lézardière, l'auteur célèbre de la Théorie des lois de la monarchie française.

Libéral par tradition, il demanda, avant la Révolution, une égale répartition des impôts, et ne crut pas déroger en exploitant l'ocre dont il avait découvert les gisements dans sa terre de la Vérie. Rétiré à Choisy-le-Roi pendant la Terreur, il vit massacrer un de ses frères dans les journées de septembre 1792, suivit le procès de Louis XVI à côté de Malesherbes, et, en 1794, revint à pied en Vendée. Le château paternel avait été brûlé ; M. de Lézardière se rendit au quartier général de Charette, le 15 septembre 1794, resta auprès de lui en qualité d'aide de camp, se battit à Freligné, resta dans le pays après le traité de la Jaunais, reprit les armes avec Charette l'année suivante, et fut fait prisonnier par les républicains. Traduit, aux Sables-d'Olonne, devant un conseil de guerre, il allait être condamné, lorsqu'un grenadier présent, nommé Théodore, déclara tout haut « que c'est un bon brigand, et qu'il lui doit la vie ». Le récit de Théodore émut les juges, et M. de Lézardière ne fut condamné qu'à la déportation. Comme il était blessé, il fut admis, avant le départ, à l'hôpital de Rochefort, puis transféré à l'île de Ré; ayant été accusé à ce moment d'avoir émigré, l'ordre de suspendre le départ fut donné, et le prisonnier fut envoyé à Fontenay devant une commission militaire. Grâce au dévouement de sa sœur, qui vint de Paris témoigner avec pièces à l'appui en sa faveur, il fut sauvé encore une fois, fut transféré, toujours malade, à l'hôpital de Caen, d'où il s'évada pour rejoindre son père en Allemagne.

Rentré en France sous le Consulat, il vécut, pendant la durée de l'Empire, autant en Vendée qu'à Paris, fréquentant la société polie et littéraire, et partisan des grands principes de la Révolution sous une monarchie constitutionnelle. La Restauration ne lui valut que la croix de Saint-Louis et le grade de chef d'état-major des gardes nationales de la Vendée.

Nommé, en 1824, président du collège électoral des Sables-d'Olonne, il fut élu, le 25 février, député de cet arrondissement électoral (le 3e de la Vendée), par 121 voix sur 172 votants et 208 inscrits. Il prit place parmi les monarchistes constitutionnels, exposa à la tribune les doléances de l'agriculture, et demanda la réduction de l'impôt foncier et des droits protecteurs (7 juillet 1824). Membre (14 janvier 1825) de la commission chargée de l'examen du projet de loi sur le milliard des émigrés, il proposa de confier le travail de répartition à des commissions départementales (rejeté); il fut rapporteur (24 mars) du projet de loi sur les communautés religieuses, parla sur le budget, combattit le ministère, réclama la franche application des institutions constitutionnelles (16 mai 1826), recueillit, la même année, des voix pour la vice-présidence de la Chambre, fut nommé membre de la commission du budget (28 février 1827), s'éleva vivement contre la censure en matière de presse dans la discussion de « la loi d'amour », accusa (9 mai) le ministère de désaffectionner le pays de la monarchie, et, à la dernière séance de la session, constata « l'inquiétude générale, et les menaces de coups d'Etat. »

Aux élections qui suivirent (17 novembre), le vicomte de Lézardière ayant refusé d'accepter un compromis qui lui eût donné les voix de l'opposition, échoua avec 63 voix contre 109 à l'élu, M. de Kératry. Mais, le ministère Villèle étant tombé, le nouveau cabinet, présidé par M. de Martignac, appela M. de Lézardière à la préfecture de la Mayenne (12 novembre 1828). Le cabinet Polignac le destitua (février 1830) de ses fonctions, et, aux élections du 13 juillet 1830, le 1er arrondissement électoral de la Mayenne (Laval) l'élut député avec 199 voix sur 359 votants et 386 inscrits, contre 158 voix au député sortant, M. Léon Leclerc.

Quoique hostile aux Ordonnances de Juillet, il essaya vainement de défendre les intérêts de la branche aînée: « De grands crimes ont été commis, dit-il ; les indignes conseillers de la couronne ont légitimé peut-être les événements. Mais je crois que la France est menacée d'interminables malheurs si le droit de détrôner le roi, de changer la forme du gouvernement établi, devient notre droit public: c'est une désorganisation sociale. » Il ne fit pas d'ailleurs au gouvernement une opposition systématique, parla sur l'organisation des gardes nationales, et combattit la loi d'exil portée contre les Bourbons de la branche aînée (31 mars 1831).

Il quitta le parlement aux élections générales qui suivirent, refusa de Louis-Philippe la préfecture du Nord, et se retira dans ses terres de Vendée. Nommé conseiller général du canton de Talmont en 1848, il présida quelque temps l'assemblée départementale, puis rentra définitivement dans la vie privée.

On a de lui la Vendée en 1832.


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