Jean, Augustin Ernouf

1753 - 1827

Informations générales
  • Né le 29 août 1753 à Alençon (Orne - France)
  • Décédé le 12 septembre 1827 à Forest-montiers (Somme - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Orne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 16 mai 1818
Département
Moselle
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1815 à 1818, né à Alençon (Orne), d'une ancienne famille de Normandie, le 29 août 1753, mort à Forest-Montiers (Somme) le 12 septembre 1827 , il entra au 1er bataillon des volontaires de l'Orne, comme lieutenant d'infanterie, devint capitaine (22 mars 1792), passa en 1793 à l'armée du Nord en qualité d'aide-de-camp du général Barthel, et gagna (30 juillet) le grade d'adjudant général chef de bataillon, après avoir présenté plusieurs projets sur les moyens de défendre le territoire français dans la Flandre maritime.

Passé colonel, il commanda en cette qualité le camp de Cassel. Les travaux importants qu'il y dirigea le signalèrent à l'attention de ses chefs; en même temps il fournit au général Houchard, commandant en chef de l'armée du Nord, les moyens de marcher au secours de Dunkerque, assiégée par le duc d'York, et obligea, par un mouvement habile qu'il exécuta personnellement, le camp anglais qui bloquait Bergues à se retirer précipitamment. Cette action d'éclat le fit élever aux grades de général de brigade (21 septembre 1793), de chef d'état-major de l'armée du Nord, et enfin de général de division (13 décembre), à la suite de la levée du siège de Maubeuge.

Le Comité de salut public ayant appelé à Paris Ernouf ainsi que Jourdan, pour les inviter à se justifier du reproche de n'avoir pas su profiter de cette dernière victoire, reconnut le mal fondé de ce grief, et bientôt, tandis que le général Jourdan était nommé au commandement en chef de l'armée de la Moselle, Ernouf recevait le titre de chef de l'état-major général de cette armée. Il prouva, au passage de la Sambre et à la bataille de Fleurus, qu'il était encore digne de la confiance de la République.

Après le traité de Campo-Formio, le général Ernouf fut appelé (12 septembre 1797) au poste de directeur au dépôt de la guerre, auquel on réunit le cabinet topographique attaché au Directoire exécutif. Il quitta cet emploi en 1798 pour aller prendre les fonctions de chef d'état-major à l'armée du Danube, qu'il commanda en chef jusqu'à l'arrivée de Masséna. Successivement employé aux armées des Alpes et d'Italie, il se distingua à Novi, et fut nommé, le 8 mars 1803, capitaine général de la Guadeloupe et dépendances. Il réprima les révoltes des nègres et déjoua les menées des Anglais, jusqu'au jour (6 février 1810) où les quelques soldats qu'il avait conservés avec lui, exténués par le climat et les maladies, durent céder, aux forces supérieures de l'ennemi. Le général Ernouf, fait prisonnier de guerre, fut envoyé en Angleterre. Ayant été échangé l'année suivante, il revint à Paris et eut à se défendre contre des accusations, restées sans preuves, de trahison et de concussion; il subit une captivité préventive de vingt-trois mois et, sans avoir pu obtenir d'être traduit devant un conseil de guerre, dut s'exiler à cinquante lieues de Paris.

La Restauration mit fin à cette disgrâce. La procédure commencée ayant été annulée par Louis XVIII, Ernouf fut fait chevalier de Saint-Louis (20 août 1814) et inspecteur général d'infanterie dans le Midi (3 janvier 1815). Lors du retour de l'île d'Elbe, le général Ernouf se rendit à Paris et quitta presque aussitôt la France, tandis qu'un décret impérial du 16 avril 1815 le déclarait traître et le destituait de son grade. Mais il le recouvra au second retour des Bourbons, fut fait baron le 3 mai 1816, et, le même jour, commandeur de l'ordre de Saint-Louis. Le 11 novembre 1816, il reçut le commandement de la 3e division militaire.

Le général Ernouf avait été, le 22 août 1815, élu député de l'Orne, au collège de département, par 113 voix (188 votants, 255 inscrits); il vota avec la majorité de la Chambre introuvable. Le 4 octobre 1816, le collège de département de la Moselle le réélut par 127 voix (162 votants, 244 inscrits). Il siégea à la Chambre jusqu'en 1818.

Atteint par l'ordonnance sur les retraites, il dut quitter le commandement de sa division le 1er janvier 1819. Il était Grand officier de la Légion d'honneur, du 14 juin 1804.

Date de mise à jour: mars 2015


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