Louis, Désiré Véron

1798 - 1867

Informations générales
  • Né le 5 avril 1798 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 27 septembre 1867 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Second Empire - Corps législatif
Législature
Ire législature
Mandat
Du 29 février 1852 au 29 mai 1857
Département
Seine
Groupe
Indépendant
Régime politique
Second Empire - Corps législatif
Législature
IIe législature
Mandat
Du 21 juin 1857 au 7 mai 1863
Département
Seine
Groupe
Indépendant

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Corps législatif de 1852 à 1863, né à Paris le 5 avril 1798, mort à Paris le 27 septembre 1867, fils d'un papetier de la rue du Bac, il étudia la médecine, fut nommé, en 1821, interne des hôpitaux, et subit en 1823 les épreuves du doctorat.

Il consigna ses observations médicales sur des cahiers dont le premier parut sous ce titre : Observations sur les maladies des enfants, altérations organiques, muguet (1825). Devenu médecin des musées royaux, le docteur Véron renonça à la carrière à la suite de quelques déboires professionnels, et s'occupa à la fois de littérature et d'entreprises commerciales. Intéressé à l'exploitation de la pâte Regnault, il gagna beaucoup d'argent dans cette affaire à force de réclames.

D'autre part, il collabora activement à la Quotidienne, comme rédacteur politique, et au Messager des Chambres, où il fut chargé du feuilleton théâtral. En 1829, il fonda la Revue de Paris, dont il quitta la direction pour prendre celle de l'Opéra, « où, dit un historien, il fit au hasard représenter des chefs-d'œuvre. » M. Véron obtint son privilège le 1er mars 1831, et prit possession, le 1er juin suivant, jour de la première représentation de Guillaume Tell. Il donna Robert le Diable et la Juive, et laissa en se retirant (1835) la réputation d'un habile et surtout d'un heureux directeur. « Qu'on se figure, écrit un biographe, un homme sans cou, la tête bouffie, un nez de carlin faisant à peine saillie entre deux joues énormes, et un ventre protubérant. Il portait une haute cravate blanche destinée à cacher des traces d'humeurs froides, et un gigantesque faux-col. Il était de mauvais goût malgré son esprit, et maniéré malgré son cynisme. Passant des plaisirs de l'alcôve à ceux de la table, devant à son argent d'avoir eu Rachel pour amie, et d'avoir Sophie pour cuisinière, il était vaniteux comme un nègre, se montrant bardé de croix et de plaques d'origine exotique. »

Le docteur Véron rêvait les succès politiques. Candidat de l'opposition à Landerneau en 1838, il échoua, fut fait la même année chevalier de la Légion d'honneur, et entreprit, sur les instances de Thiers, de relever le Constitutionnel, qui était descendu à trois mille abonnés; il acheta en conséquence deux actions de ce journal, en devint administrateur et gérant signataire, et prit une part active aux luttes de la « coalition. » Directeur du Constitutionnel, le docteur Véron soutint jusqu'à la chute de la royauté les idées politiques de Thiers, rendit au journal son ancienne prospérité, paya 200,000 francs le Juif-Errant d'Eugène Suë, dont la Presse et les Débats se disputaient la publication, et afferma 300,000 francs la quatrième page à un fermier d'annonces.

Après la révolution de février, il prit très vivement parti contre les idées démocratiques et radicales représentées par Ledru-Rollin et appuya de tout son pouvoir la candidature présidentielle de L.-N. Bonaparte, ainsi que le coup d'Etat du 2 décembre. Aussi fut-il désigné par le gouvernement comme candidat officiel au Corps législatif, le 29 février 1852, dans la 9e circonscription de la Seine, qui l'élut par 21,493 voix (26,021 votants, 34,043 inscrits), contre 613 à M. Garnon.

Il prit part à l'établissement de l'Empire, et siégea dans la majorité dynastique jusqu'en 1863, ayant obtenu sa réélection, le 22 juin 1857, par 15,416 voix (24,030 votants, 37,680 inscrits), contre 7,249 à M. Eugène Pelletan. Dans la session de 1852, il parla sur la loi de réhabilitation des condamnés, et refusa d'assimiler ce droit au droit de grâce du chef de l'Etat; en 1856, il critiqua vivement dans sa brochure : Quatre ans de règne, où allons-nous ? les nominations de faveur au conseil d'Etat, la non-publicité des séances du Corps législatif, l'analyse écourtée des débats publiée dans le Moniteur; en 1857, il demanda une subvention de cent mille francs pour le Théâtre Lyrique.

M. Véron avait vendu, en 1852, le Constitutionnel à M. Mirés pour la somme de 1,900,000 francs. Des actionnaires, qui n'avaient pas été consultés sur le traité intervenu, suscitèrent au docteur Véron un long procès, dont, après diverses péripéties, il sortit à son avantage. Il se retira alors, et prépara la publication de ses Mémoires, qui parurent en 1854, sous le titre de Mémoires d'un bourgeois de Paris: l'ouvrage eut un certain succès de curiosité. Il publia encore: Cinq cent mille francs de rente (1855) ; l'Eloge de Regnard; les Théâtres de Paris de 1806 à 1860; le Second Empire, etc. Officier de la Légion d'honneur (décembre 1852), et commandeur d'un grand nombre d'ordres étrangers.


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