François, Célestin de Loynes de la Coudraye

1743 - 1815

Informations générales
  • Né le 25 mai 1743 à Fontenay-le-Comte (Vendée - France)
  • Décédé le 15 novembre 1815 à Saint-Petersbourg (Russie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 31 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Poitiers (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Fontenay-le-Comte (Vendée) le 25 mai 1743, mort à Saint-Petersbourg (Russie) le 15 novembre 1815, d'une famille originaire de la Sologne, dont une branche s'était fixée au château de la Marzelle, paroisse de Longeville, près de Luçon, il entra dans la marine.

Il était, à la Révolution, lieutenant de vaisseau et chevalier de Saint-Louis, et s'était déjà fait connaître par des travaux estimés, tels que Théorie des vents et Théorie des ondes, qui lui avaient valu deux prix à l'académie de Dijon, et une mention honorable à la Société royale de Copenhague.

Le 27 mars 1789, il fut élu député de la noblesse de la sénéchaussée du Poitou aux Etats-Généraux. Le lendemain de l'élection, on faisait circuler dans Poitiers les couplets suivants:

FONCTIONS DES DÉPUTÉS DE LA NOBLESSE DU POITOU


Air : O filli, et filiae.

Luxembourg les présentera.

Le bon Creuzé les nourrira,

Et la Châtre les défendra,

Alléluia !

La Coudraye se justifiera,

Le d'Iversay dissertera,

Et Villemort s'enhardira.
Alleluia!

De Lambertie se ruinera,

La Roche du Maine attendra,

Bazoges de tout jugera.
Alleluia !

Puis Filleau d'éloges jouira,

Personne ne travaillera,

Tout pour le mieux se passera.

Alleluia !

Le chevalier de Loynes de la Coudraye avait été un des 28 rédacteurs, et le plus influent, du cahier des doléances de la noblesse du Poitou. Ce cahier portait notamment que « les nobles du Poitou s'engagent à élever les lois à une telle hauteur qu'elles dominent sur tous sans exception ; à faire connaître de nouveau et proclamer en états-généraux que la nation seule a le droit de consentir l'impôt ; à assurer la liberté de l'homme, qui est la première de ses propriétés, par l'abolition de toute lettre close, lettre d'exil et autre espèce d'ordres arbitraires; à faire statuer que toute loi générale et permanente quelconque ne soit établie à l'avenir qu'au sein des états-généraux et par le concours mutuel de l'autorité du roi et du consentement de la nation; dans le cas où les état-généraux seraient dissous sans le consentement exprès des trois ordres, à arrêter que tous les tribunaux seront tenus, à peine d'en être responsables envers la nation, de poursuivre comme concussionnaire toute personne qui s'ingérerait à lever taxes ou impôts quelconques; à supporter les charges pécuniaires dans une parfaite égalité en proportion des fortunes et propriétés, etc. »

A la Constituante, le chevalier de la Coudraye parla sur les questions relatives à la marine, notamment, le 14 janvier 1791, sur un projet de décret déterminant les règles d'admission des élèves et des aspirants de la marine, et les règles de l'avancement; le 15 avril, il vota pour l'entretien d'un corps d'officiers de marine. Il opina d'ailleurs avec la minorité hostile aux réformes, et émigra en 1791, pour se rendre à l'armée des princes, où il servit, en 1792, comme volontaire à la 4e compagnie d'infanterie.

Après le licenciement, il se retira à Saint-Pétersbourg, où il publia La réimpression des cahiers du Poitou (1790-1798), et, plus tard, un Dictionnaire de la Marine (1812), et une Réponse aux réflexions de M. le baron d'Eggers sur la nouvelle noblesse héréditaire de France (1813).

Rentré en France à la première Restauration, il lança (1814) un pamphlet : Les vérités éternelles qui constituent les empereurs et les rois. Louis XVIII, qui avait annoté de sa main le cahier de la noblesse du Poitou, et qui n'avait pas pardonné au principal rédacteur « ses diatribes et ses déclamations contre des abus peut-être, mais qui sont à toute monarchie ce que l'agaric est au chêne », reçut très froidement le chevalier de la Coudraye. En raison de cet accueil, celui-ci quitta de nouveau la France, et alla finir ses jours à Saint-Petersbourg avec le grade de colonel dans la marine russe. Il fut inhumé au cimetière de Norfolk.


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