César, Sampiero, Auguste, Napoléon, Jérôme Campinchi

1882 - 1941

Informations générales
  • Né le 4 mai 1882 à Calcatoggio (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 22 février 1941 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Corse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 22 février 1941 *
Département
Corse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 4 mai 1882 à Calcatoggio (Corse), mort le 22 février 1941 à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Député de la Corse de 1932 à 1941. Ministre de la Marine de juin 1937 à janvier 1938 Ministre de la Justice de janvier à mars 1938. Ministre de la Marine militaire d'avril 1938 à juin 1940.

César Campinchi fit ses études secondaires au Lycée Condorcet, puis ses études supérieures à la Faculté de Droit de Paris.

En 1906, âgé de 24 ans, les milieux universitaires dans lesquels il évolue discernent ses qualités exceptionnelles, la diversité de ses lectures, sa déjà vaste culture, la fidélité de sa mémoire et sa facilité d'élocution. Il est élu Président de l'Association des étudiants, où il se révèle en outre excellent administrateur. C'est à lui que ses camarades doivent la construction de la Maison des étudiants, rue de la Bûcherie.

Après un stage dans une étude d'avoué où il se familiarise avec la procédure, il s'inscrit au barreau de Paris comme avocat stagiaire et devient le collaborateur de Maître Clunet, puis de Maître Alexandre Millerand. Le bâtonnier Henri Robert le prend en amitié, liens qui ne se relâcheront jamais.

Il devient secrétaire de la Conférence du stage en 1910. Mais son activité s'étend au delà de sa profession et il est chargé de la chronique judiciaire au Gil-Blas, à l'Evénement et au Temps. Il publie en 1908 Figures du Palais et plusieurs autres études sur le Barreau. Brillant conférencier, il entre aux Annales où il obtient de grands succès.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il se trouve dans la situation de réformé, qu'il déclare inacceptable. Il s'engage dans l'infanterie, il est grièvement blessé devant Notre-Dame de Lorette. Menacé de l'amputation d'un bras, les chirurgiens arrivent à le lui sauver après quatre opérations successives. Il est cité à l'ordre du jour de l'armée et décoré de la Croix de guerre. A peine rétabli, il repart au front sur sa demande, reçoit la Croix du Combattant volontaire, se bat à Verdun en 1916 et 1917 et la Médaille militaire lui est décernée en récompense de sa brillante conduite.

Rendu à la vie civile il rentre au Palais de Justice dès 1919 où sa maîtrise s'affirme de plus en plus. Il plaide des causes retentissantes. On ne saurait les citer toutes : Fieschi contre Léon Daudet, Boppe, Sadoul, Gauchet, André Benoit Directeur de la police judiciaire inculpé de trafic d'influence, Audibert, Garat impliqué dans le procès Stavisky, etc. Il est partie civile pour Marius Plateau contre Germaine Berton, pour l'Hetman Peltlioura dans l'affaire des pogroms d'Ukraine. Dans le complot catalan il défend Ricciotti Garibaldi, et tient tête victorieusement à 17 de ses confrères qui sont ses adversaires.

Son éloquence est nette, précise, sans vaine rhétorique. Chez lui, l'art oratoire est avant tout action. Son talent est concis, direct, et dépourvu d'artifice.

En 1927, alors qu'il n'a que 45 ans, sans campagne préalable, il est élu membre du Conseil de l'Ordre des avocats.

Conseiller général de Bocognano depuis 1928, il se présente pour la première fois aux élections législatives du 1er mai 1932 dans la circonscription de Bastia contre M. Henri Pierangéli, Député sortant, et le bat au premier tour de scrutin par 6.145 voix contre 5.279 à ce dernier, sur 11.752 votants. Inscrit au groupe radical-socialiste, il entre à la Commission des affaires étrangères, à celle des -pensions civiles et militaires et aux Commissions d'enquête sur les événements du 6 février 1934, et sur l'affaire Stavisky. Il observe pendant quelque temps une attitude réservée. Chargé de rapporter le projet de loi concernant le cumul d'une pension d'ancienneté et d'une pension de réversion et relatif à l'amélioration de la situation des retraités civils et militaires, il aborde pour la première fois la tribune au moment de la discussion de la loi de finances de l'exercice 1935 pour parler du reclassement des marins pensionnés avant la loi du 1er janvier 1930 (1934) ; puis il interpelle le Gouvernement sur sa politique extérieure (1935) ; il s'intéresse aux sinistrés nécessiteux victimes des calamités publiques (1936), et soutient son rapport, cité plus haut, sur la situation des retraités (1936).

Réélu aux élections générales du 26 avril 1936 dans la même circonscription, toujours au premier tour de scrutin, par 5.838 voix contre 5.475 à M. Orenga, sur 11.824 votants, il intervient au cours de la discussion d'interpellations sur la politique générale du Gouvernement, sur sa politique extérieure (1936), sur sa politique de défense nationale (1937), sur sa politique générale et financière, sur les événements de Clichy (1937), et prend part en outre aux débats sur le projet de loi monétaire (1936), et sur le projet de loi tendant à autoriser l'émission d'un emprunt à garanties ou options de change (1937). Ces discours, très remarqués lui permettent d'affirmer ses dons exceptionnels d'homme d'Etat. Son propre parti les avait si bien discernés, qu'il lui avait confié dès le mois de juin 1936 la présidence du groupe radical-socialiste en remplacement d'Edouard Daladier nommé Ministre de la Défense nationale. Il présida en même temps la délégation des gauches pendant la période troublée de 1936 à 1938, et sût manifester son autorité faite de droiture et de loyauté. Il ne cessa de défendre la République, la démocratie, le progrès social tout en faisant respecter les notions de dévouement, de discipline et de travail. Il fut le champion de la liberté et de la tolérance. C'est lui qui put proclamer sous le régime du front populaire : « Nous ne sommes plus anticléricaux. »

Il aurait pu devenir Ministre en 1934 et en 1936 mais il refusa les portefeuilles qui lui étaient offerts ne s'estimant pas encore assez préparé au pouvoir. Ce n'est que le 22 juin 1937 qu'il accepta d'entrer dans le 3e Cabinet Camille Chautemps, en qualité de Ministre de la Marine. Il soutint avec éloquence le budget de son Ministère, s'efforçant d'obtenir les crédits nécessaires à la flotte de guerre (1937). Il démissionna, avec le Cabinet, le 14 janvier 1938, mais fut nommé Ministre de la Justice dans le 4e Cabinet Camille Chautemps du 18 janvier. Il se fit entendre en cette qualité dans la discussion des interpellations sur les tragiques événements de La Flèche (1938), et soutint le projet de loi concernant la sortie hors de France des journaux et écrits périodiques publiés en France, et la circulation en France des journaux et écrits périodiques publiés soit à l'étranger soit en France en langue étrangère (1938). Il dut abandonner ce portefeuille le 10 mars 1938 à la chute du Cabinet, mais retrouva le Ministère de la Marine militaire dans le Cabinet suivant, formé le 13 mars par Léon Blum. Ce Cabinet ne vécut que jusqu'au 8 avril, et fut remplacé le 10 avril par le 3 Cabinet Edouard Daladier qui pria César Campinchi de conserver son portefeuille. La situation était devenue tragique, les événements devaient d'ailleurs se précipiter et la Guerre éclater l'année suivante. A son poste, César Campinchi connaissant le rôle que la marine aurait à jouer dans un conflit, s'efforça de hâter le rythme des constructions navales et d'en devancer dans toute la mesure du possible les échéances.

Dès 1938 il fit approuver deux tranches de programme naval et obtint la décision de construire deux navires de ligne de 35.000 tonnes, deux croiseurs, deux porte-avions de 18.000 tonnes, 17 sous-marins et 25 bâtiments légers. Il procéda en janvier 1939, à Brest, au lancement du cuirassé Richelieu, notre premier cuirassé de 35.000 tonnes, et à la mise en cale du Clémenceau, de même tonnage. Et le 1" septembre 1939, se trouvaient en construction ou en projet 180 unités devant déplacer plus de 380.000 tonnes.

Il poursuivit en même temps un louable effort en faveur de l'aéronautique maritime. Il fit aménager des bases : Mers-el-Kebir, Aspreto, et renforcer la protection de notre flotte contre les attaques aériennes.

Lorsque la guerre éclata, la marine était prête. La Baltique mise à part, la France était présente dans toutes les mers et dés le début du conflit nos voies maritimes restèrent ouvertes à leur trafic régulier. Par contre, les communications traditionnelles des allemands leur étaient interdites et leurs navires marchands bloqués dans les ports neutres.

César Campinchi avait déjà quelque temps avant la guerre compris la gravité de la situation internationale due à la montée de l'hitlérisme, et fait tout son possible pour armer la France en prévision d'un conflit qu'il jugeait inévitable. Aussi, lorsque démissionna le Ministre Daladier le 20 mars 1940, Paul Reynaud qui forma dès le lendemain le nouveau Cabinet, demanda-t-il à César Campinchi de conserver ses fonctions de Ministre de la Marine militaire. Il devait en assumer la responsabilité jusqu'au 16 juin 1940 où se constitua, à Bordeaux, le Ministère Philippe Pétain. A ce moment, César Campinchi fidèle à son sens de l'honneur qui avait fait de lui un adversaire déterminé de la politique d'abandon, se dépensa sans mesure pour éviter l'armistice. Son attachement à la parole donnée et au respect des traités ne pouvaient s'accommoder de la rupture de notre alliance avec l'Angleterre. Partisan de la poursuite de la guerre en Afrique du Nord, il s'embarqua le 16 juin sur le Massilia pour l'Algérie. Arrêté à son arrivée, il fut placé par le Gouvernement de Vichy en résidence surveillée à Casablanca, puis à Alger, puis à Marseille. Il ne se laissa cependant pas abattre par le destin, et organisa autour de- lui la résistance.

Mais ayant dû subir une intervention chirurgicale, son organisme profondément atteint par les rudes épreuves qu'il venait de subir, ne pût supporter le choc opératoire. Il mourut dans une clinique Marseillaise le 22 février 1941, alors qu'il n'avait que 59 ans.

Il avait épousé en 1925 Hélène Landry, fille d'Adolphe Landry ancien député et sénateur de la Corse, ancien Ministre, elle-même avocat à la Cour d'Appel de Paris.



Né le 4 mai 1882 à Calcatoggio (Corse)
Décédé le 22 février 1941 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Député de la Corse de 1932 à 1941
Ministre de la Marine du 22 juin 1937 au 18 janvier 1938
Ministre de la Justice du 18 janvier au 13 mars 1938
Ministre de la Marine militaire du 13 mars 1938 au 16 juin 1940

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 854 à 856)

Embarqué sur le Massilia, César Campinchi est placé en résidence surveillée à Casablanca, puis à Alger, enfin à Marseille. Mais il ne se laisse pas abattre par le destin, et organise la résistance autour de lui.

Il doit subir une intervention chirurgicale et son organisme, profondément atteint par ces rudes épreuves, ne peut supporter le choc opératoire ; il meurt en clinique, à Marseille, le 22 février 1941.


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