Etienne Clavière

1735 - 1793

Informations générales
  • Né le 27 janvier 1735 à Genève (Suisse)
  • Décédé le 8 décembre 1793 à Paris (Paris - )

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 1er avril 1791 au 2 avril 1791
Département
Seine
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

ministre des finances de mars à juin 1792 et du 10 août 1792 à juin 1793, né à Genève (Suisse), le 27 janvier 1735, mort à Paris le 8 décembre 1793, fut d'abord banquier à Genève, et devint un des chefs du parti démocratique, dont les agissements provoquèrent en 1782 l'intervention armée de la France, de la Sardaigne et du canton de Berne. Proscrit avec Marat et les autres meneurs du parti, il se réfugia avec eux en Angleterre, oit il fit la connaissance de Brissot; ils publièrent ensemble en 1787 : De la France et des Etats-Unis. Les réfugiés suisses se préparaient à fonder en Irlande une Nouvelle-Genève, quand la fortune de leur compatriote Necker à la cour de France les attira à Paris. Clavière se lia avec Mirabeau dont il fut l'inspirateur discret en matière de finances, collabora au Courrier de Provence, et se mêla à beaucoup de spéculations financières. Riche, et démocrate par principes, il seconda le mouvement de la Révolution, et critiqua vivement les plans de. Necker. Sa réputation financière et ses opinions politiques le firent élire, le 7 octobre 1791, députe suppléant du département de Paris à l'Assemblée législative. Lié avec le parti girondin, il fut nommé dans le ministère Roland (mars 1792) ministre des « Contributions publiques ». Appelé, le 1er avril suivant, à prendre place à l'Assemblée en remplacement de Monneron, démissionnaire, il répondit « qu'il pensait que les circonstances où la nation se trouve lui imposaient le devoir impérieux de préférer une place qui l'assujettissait à une responsabilité immédiate envers le Corps législatif; qu'ainsi il renonçait à son droit qui l'appelait au Corps législatif ». Pendant son ministère, il se montra l'adversaire des Constitutionnels et des Jacobins. Le 6 juin 1792, il écrivait au procureur syndic du département de Rhône-et-Loire qu'on allait lui envoyer une « machine à décapiter construite par le citoyen Schmidt, dont l'effet remplit parfaitement le but que l'on se proposait, et que Schmidt s'engage à fournir à chaque département à raison de 824 livres ». Contraint par la Cour d'abandonner le ministère avec ses amis, le 20 juin 1792, il fut honoré d'un décret de l'Assemblée déclarant « qu'il emportait l'estime et les regrets de la nation ». La journée du 10 août et la déchéance de Louis XVI rendirent le pouvoir aux Girondins. Clavière reprit le portefeuille des Contributions publiques et devint membre du Conseil exécutif. Il lutta contre la Montagne et contre la Commune de Paris, et, après la chute des Girondins, plusieurs fois dénoncé par les sections, fut arrêté par la section des Piques (2 juin 1793), décrété d'accusation le 9, avec son collègue Lebrun, sur la motion de Couthon, et enfermé six mois à la Conciergerie, sans que son procès fût poursuivi. Ce n'est que le 8 décembre qu'il fut assigné pour le lendemain devant le tribunal révolutionnaire. En voyant en tête de la liste des témoins cités contre lui, le nom du citoyen Arthur , membre de la Commune, son mortel ennemi, le même qui passait pour avoir, au 10 août, arraché le cœur d'un Suisse mort, et l'avoir dévoré : « Ce sont des assassins, dit-il à son co-détenu Riouff, je me déroberai à leur fureur. » Le soir même il se frappa au cœur d'un coup de couteau. Le commissaire de police, Debaux, qui vint dresser le procès-verbal, constata « que dans la chambre dite des Douze, il avait trouvé sur le lit le prisonnier qui venait d'expirer, avait trouvé une gaine sur la couverture à droite du corps étendu sur le dos, et un couteau dit à la d'Estaing à manche d'ivoire, garniture d'argent, long de six pouces de lame, et de trois et demi de manche, étendu ouvert à côté de la blessure, et dont la lame avait cinq pouces de teinte de sang. »


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