Edme Canat

1896 - 1967

Informations générales
  • Né le 11 décembre 1896 à Constantine (Algérie)
  • Décédé le 3 mars 1967 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 3 juillet 1962
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Unité de la République

Biographies

Biographie de la Ve République

CANAT (Edme)
Né le 11 décembre 1896 à Constantine (Algérie)
Mort le 3 mars 1967

Député de Constantine de 1958 à 1962

Edme Canat est né le 11 décembre 1896 à Constantine (Algérie). Mobilisé en 1914-1918, il en rapporte une Croix de guerre et quatre citations. Inspecteur des contributions directes, devenu plus tard conseiller fiscal, il se marie le 26 avril 1919. De ce mariage naîtront trois enfants.
Edme Canat est l’un des 23 députés Pieds-noirs élus parmi 71 autres députés d’Algérie au scrutin de liste à un tour du 30 novembre 1954. Celui-ci s’est présenté sur une liste du « Comité de Salut Public », en face de plusieurs listes concurrentes : la liste « Républicaine de Concorde et d’Action sociale pour la Promotion d’une Fraternelle Civilisation » (49 123 voix), la liste d’« Union franco-musulmane » (36 050 voix) et la liste d’« Union Républicaine démocratique et socialiste » (20 031 voix). Mais avec ses 57 289 voix, la liste d’Edme Canat remporte la majorité relative (35,25% des suffrages exprimés) et porte ses membres à l’Assemblée nationale. Les idées qu’on pourrait croire impopulaires de la liste CSP – l’« union indéfectible de l’armée et de la nation », la défense des « buts du 13 mai » que sont l’intégration de l’Algérie et du Sahara à la France et un programme de progrès économique – ont donc un réel écho dans le pays algérien, à un moment euphorique de son histoire. C’est donc sous étiquette EAS, la formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara, qu’Edme Canat est élu député.
A la Chambre, Edme Canat est un député actif. Il approuve le programme du gouvernement Debré, le 16 janvier 1959, comme le règlement définitif de l’Assemblée nationale le 3 juin 1959. Son ralliement au groupe de l’Unité de la République le 21 juillet 1959 n’est donc pas surprenant. Pourtant, Edme Canat ne fait pas montre d’une grande discipline de vote. Il ne prend pas part au vote sur la politique du gouvernement le 15 octobre 1959, ni sur le projet de loi sur l’enseignement privé le 23 décembre. Mais il vote surtout contre le projet de loi sur les pouvoirs spéciaux du gouvernement le 2 février 1960, contre la modification du Titre XII de la Constitution le 11 mai 1960, contre le programme du gouvernement Pompidou le 27 avril 1962. Trois jours plus tôt, le 24 avril, il a démissionné de la Commission de la défense nationale, dans laquelle il siégeait depuis le 27 janvier 1958. Le 5 juin 1962, il vote finalement la motion de censure sur la question algérienne. A cette date, sa désapprobation de la politique algérienne du gaullisme en germe depuis 1959 l’a donc poussé dans une dissidence ouverte. Dissidence, au vrai, de courte durée : par l’ordonnance n°62-737 du 3 juillet 1962, son mandat prend fin brutalement, suite au scrutin sur l’autodétermination en Algérie du 1er juillet.
Edme Canat est pourtant au début de son mandat un député actif, en particulier en matière fiscale. Il est nommé membre de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes le 8 octobre 1959, et prend part le 22 novembre 1959 à la discussion générale sur les finances du Secrétariat général pour les affaires algériennes dans la loi de finances pour 1960. Il est également membre, en avril 1960, de la commission spéciale chargée d’examiner la proposition de résolution tendant à requérir la suspension de la détention d’un membre de l’Assemblée.
Devant « l’incertitude de l’avenir algérien », il s’éloigne cependant inexorablement d’un pouvoir qui, estime-t-il, abandonne l’Algérie. Veuf depuis 1965, Edme Canat devait mourir quelques années après la fin de l’Algérie française, le 3 mars 1967.

Retour haut de page