Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire

1772 - 1844

Informations générales
  • Né le 15 avril 1772 à Etampes (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 19 juin 1844 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 12 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Seine-et-Oise

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à la Chambre des Cent-Jours, né à Etampes (Seine-et-Oise) le 15 avril 1772, mort à Paris le 19 juin 1844, il était fils de Jean-Jacques Geoffroy, procureur du roi, puis magistrat à Etampes, et de Marie-Anne Brizard. Il fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, obtint une bourse au collège de Navarre, et devint, en 1788. chanoine de Sainte-Croix d'Etampes.

Mais, ses goûts le portant vers les sciences naturelles, son père l'autorisa à suivre, à Paris, les cours du Jardin du roi, à la condition qu'il ferait en même temps son droit. En 1790, en effet, il fut reçu bachelier en droit, mais ne poussa pas plus loin ces études, car il s'éprenait chaque jour davantage des sciences auxquelles l'initiaient Haüy et Daubenton.

Ses maîtres du collège Lemoine ayant été arrêtés comme prêtres, le 13 août 1792, il s'employa à les délivrer, obtint le lendemain même l'élargissement de l'illustre minéralogiste Haüy et parvint à faire échapper de prison, dans la nuit du 2 septembre suivant, quelques autres prêtres de ce collège. Mais à la suite de ces émotions, étant retourné à Etampes, il y tomba dangereusement malade. Des lettres de son vénérable maître Haüy vinrent le consoler.

Il revint à Paris en novembre 1792, et en mars 1793, fut nommé sous-démonstrateur au Muséum, à la place de Lacépéde. Lors de la réorganisation de cet établissement par Lakanal, au mois de juin suivant, il y obtint une chaire de zoologie, Lamarck occupait l'autre, et enseigna l'histoire des mammifères et des oiseaux. Dans le but d'accroître les collections dont il avait la garde, il se mit en relation avec les naturalistes de l'Europe, fit des échanges et des acquisitions, et détermina avec soin les classifications. Le 1er décembre 1794, il lut à la Société d'Histoire naturelle un mémoire dont le préambule, resté manuscrit, était consacré à l'examen du système de Bouvet, dont Geoffroy-Saint-Hilaire devait se rapprocher plus tard sur bien des points. Grâce à l'un de ses anciens maîtres, Tessier, réfugié en Normandie, il fit la connaissance de Georges Cuvier, son émule et son adversaire, avec lequel il publia, en 1795, un mémoire intitulé Sur la classification des mammifères où Cuvier exposait déjà l'idée de la « subordination des caractères », loi qui devait transformer l'anatomie comparée. En 1796, il émit à son tour, dans son Histoire des Makis ou singes de Madagascar, l'idée de l' « unité de composition » dont le développement et la vérification devaient être l'occasion d'un débat resté célèbre entre lui et Cuvier.

Au mois de germinal an VI, Geoffroy-Saint-Hilaire fut nommé zoologiste de l'armée d'Egypte, par arrêté du général Caffarelli. La même situation avait été offerte par Berthollet à Cuvier, qui la refusa. Geoffroy explora d'abord le Delta, fut l'un des sept membres destinés à organiser l'Institut d'Egypte, visita, les bords de la mer Rouge et la Haute-Egypte, et, en 1799, alla jusqu'aux cataractes du Nil. Durant le siège d'Alexandrie, en avril 1801, il fit des recherches sur les poissons électriques. Lorsque la ville se rendit, il refusa de livrer ses collections aux Anglais et menaça de tout brûler; le général Hutchinson consentit alors à lui laisser emporter le fruit de tant de recherches.

A partir de 1802, réinstallé au Muséum, il commença la publication des différentes monographies zoologiques afférentes à l'Egypte, et trouva l'occasion d'y préciser son système de l'unité de composition dans le règne animal. Nommé membre de la Légion d'honneur le 26 frimaire an XII, il entra à l'Académie des sciences, le 14 septembre 1807, et, quelques mois plus tard, fut envoyé en mission en Portugal, où il rencontra des difficultés et fut même retenu quelques jours prisonnier à Mérida. Il parvint cependant à rapporter en France un grand nombre d'échantillons de provenance brésilienne.

Créé chevalier de l'Empire le 26 octobre 1808, il fut nommé, le 20 juillet 1809, professeur de zoologie à la faculté des sciences. Son cours eut un grand retentissement. Mais, en 1812, une grave maladie, puis l'invasion, en 1814, l'interrompirent.

Le 12 mai 1815, il fut élu représentant à la Chambre des Cent-Jours pour l'arrondissement d'Etampes, avec 18 voix sur 31 votants et 56 inscrits, mais ne joua aucun rôle marquant dans cette courte législature.

Il publia en 1818 le premier volume de sa Philosophie anatomique et, en 1822, le second, qui s'occupait uniquement de tératologie. Le principe de l'unité de composition que Geoffroy-Saint-Hilaire y développait, et dont il trouvait une nouvelle confirmation dans le résultat de ses travaux d'embryologie, avait bien été admis par Cuvier tant qu'il ne paraissait s'agir que des seuls animaux vertébrés. Mais lorsque Geoffroy voulut étendre ce principe aux articulés et aux mollusques, Cuvier, qui avait créé les quatre types du règne animal, protesta vivement devant l'Académie des sciences. Si alors Geoffroy parut vaincu par les arguments et la grande autorité scientifique de son adversaire, il semble aujourd'hui que ses idées, comme celles d'un autre de ses contemporains méconnu, Lamarck, ont victorieusement pris leur revanche. Ce sont les idées contenues dans la Philosophie zoologique et dans la Philosophie anatomique qui ont préparé la voie à Darwin et à Hœckel. Le vieux Gœthe s'intéressa, du fond de sa solitude, à ce débat, et consacra un article sympathique aux théories de Geoffroy-Saint-Hilaire. Cette mémorable bataille scientifique, si bien racontée par Flourens, ne prit fin qu'à la mort de Cuvier.

Nommé en 1838 officier de la Légion d'honneur, Geoffroy devint aveugle en 1840 et bientôt paralytique. Il s'éteignit peu de temps après, avec la sérénité d'un sage, et, comme dit Quinet, « s'approcha en souriant de la vérité sans voile et descendit sans crainte dans l'éternelle science. »

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