Jean Rapp

1771 - 1821

Informations générales
  • Né le 27 avril 1771 à Colmar (Haut-Rhin - France)
  • Décédé le 8 novembre 1821 à Rheinwiller (Allemagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 13 mai 1815 au 16 juin 1815
Département
Haut-Rhin
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant aux Cent-Jours, pair des Cent-Jours, pair de France, né à Colmar (Haut-Rhin) le 27 avril 1773, mort à Rhenewiller (Haut-Rhin) le 8 novembre 1821, « fils de sieur Jean Rapp, bourgeois négociant de ce lieu, et de dame Catherine-Salomée d'Edighoffein, » il fut destiné par sa famille aux fonctions de pasteur protestant; mais il s'engagea (1er mai 1788) dans les chasseurs à cheval, servit à l'armée de la Moselle sous les ordres de Hoche, et devint sous-lieutenant après la bataille de Geisberg (26 décembre 1793), lieutenant le 1er vendémiaire an III, et aide-de-camp de Desaix.

Il fit avec ce dernier général la campagne de 1797 en Allemagne, et l'accompagna en Egypte l'année suivante. Il s'y distingua à la bataille de Sédiman (7 octobre) où il s'empara de l'artillerie beylicale, et gagna le grade de chef d'escadron (16 vendémiaire an VII) ; colonel le 26 pluviôse suivant, il revint en Europe avec Desaix, et assista à Marengo où il soutint dans ses bras son général frappé à mort.

Le premier Consul, qui appréciait l'énergie et la bravoure de Rapp, l'attacha à sa personne, et le chargea, en 1802, de négocier le licenciement des troupes suisses, et de réoccuper Fribourg. Général de brigade le II fructidor an XI, inspecteur des places de l'Elbe, commandeur de la Légion d'honneur en frimaire an XII, il fut élu, en 1805, candidat au Corps législatif par le collège du Haut-Rhin, mais ce choix ne fut pas ratifié par le Sénat conservateur.

Rapp prit part à la campagne de 1805 comme commandant en second des grenadiers à cheval de la garde; sa conduite à Austerlitz, où les deux gardes impériales française et russe s'abordèrent si furieusement et où il fit prisonnier le prince Repnin, lui mérita d'être nommé général de division le 24 décembre 1805. Durant la campagne de Prusse, il se distingua à Iéna, et, en Pologne le 23 décembre suivant, à Golymin, puis, le 14 janvier 1807, à Friedland.

Il fut nommé ensuite gouverneur de Dantzig. A Berlin, Rapp avait fait preuve de la plus louable générosité. Un prince allemand, convaincu d'avoir comploté contre la vie de l'empereur, avait été arrêté et condamné à mort; Rapp ménagea à sa femme une entrevue avec Napoléon qui pardonna au coupable et jeta au feu la lettre qui établissait sa culpabilité. En 1809, Rapp se distingua particulièrement à Essling, où, avec Mouton et les fusiliers de la garde, il secourut la division Boudet et contribua à la prise définitive du village. Il fut créé comte de l'Empire après Wagram, le 1er août 1809.

Rentré en France, il désapprouva le divorce de l'empereur et se vit renvoyé à son gouvernement de Dantzig. Grand officier de la légion d'honneur le 30 juin 1811, il prit part à la campagne de Russie dans l'état-major impérial, se distingua à Smolensk, à la Moskowa, où il fut plusieurs fois blessé, puis à Malo-Iaroslowetz, à Krasnoë et au passage du Borysthène. Blessé de nouveau à cette dernière affaire, il se réfugia à Dantzig dont il dirigea habilement et héroïquement la défense pendant un siège d'un an. A bout de ressources, il conclut une capitulation aux termes de laquelle ses troupes devaient rejoindre la France; mais cette capitulation fut violée, et Rapp se vit envoyé prisonnier de guerre dans l'Ukraine. En souvenir de sa conduite à Dantzig, les habitants de cette ville lui offrirent une épée enrichie de diamants avec cette inscription : Au général Rapp, la ville de Dantzig reconnaissante.

Il revint à Paris en juillet 1814, et fut bien accueilli par Louis XVIII qui le nomma chevalier de Saint-Louis, et lui confia, en mars 1815, le commandement d'un corps d'armée chargé d'arrêter la marche triomphale de l'empereur. Mais, devant l'inutilité de la résistance, Rapp se rallia à Napoléon.

Nommé, le 16 avril, commandant en chef de l'année du Rhin, élu, le 13 mai, représentant à la Chambre des Cent-Jours par le grand collège du Haut-Rhin, avec 95 voix (121 votants, 197 inscrits), et nommé pair par l'empereur le 2 juin 1815, Rapp ne put opposer, avec les quelques bataillons de ligne dont il disposait et les gardes nationaux de Molitor, qu'une faible résistance aux forces supérieures des alliés et se retira sous les murs de Strasbourg.

Après Waterloo, il fit sa soumission aux Bourbons, et commanda par intérim la 5e division militaire. Mais, menacé par la réaction royaliste, il dut, en septembre 1815, se retirer au château de Wildenstein (Argovie). De retour en France en 1817, mis en disponibilité le 22 juillet 1818, il rentra en grâce auprès du roi, et fut nommé pair de France le 5 mars 1819, et premier chambellan le 26 novembre 1820. Il n'avait cependant pas oublié le captif de Sainte-Hélène : car à la nouvelle de la mort de l'empereur, il laissa éclater une douleur dont Louis XVIII ne lui garda pas rancune. Rapp, épuisé de fatigues, de blessures et de chagrins, mourut peu de temps après, à 49 ans.

On a de lui une Relation du siège de Dantzig. On a publié sous son nom en 1823 des Mémoires intéressants. La ville de Colmar lui a élevé une statue (1833).


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