François, Charles Dulong

1792 - 1834

Informations générales
  • Né le 14 juin 1792 à Passy-sur-eure (Eure - France)
  • Décédé le 30 janvier 1834 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 1er octobre 1831 au 30 janvier 1834
Département
Eure
Groupe
Extrème gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1831 à 1834, né à Pacy-sur-Eure (Eure) le 14 juin 1792, mort à Paris le 30 janvier 1834, il étudia le droit et entra dans la magistrature sous la Restauration; mais il dut la quitter à cause de ses opinions libérales.

Il se fit alors inscrire au barreau, et s'y distingua par son talent en même temps que par l'ardeur des polémiques où il se trouva mêlé. Dulong appartenait à la famille de Dupont (de l'Eure) ; lorsque celui-ci, au lendemain de la révolution de juillet, occupa le ministère de la justice, il y appela Dulong en qualité de directeur des affaires civiles; il l'eut pour collaborateur tant qu'il garda le portefeuille.

Elu député, le 1er octobre 1831, par le 2e collège de l'Eure (Verneuil), avec 163 voix sur 246 votants et 335 inscrits, contre 59 voix à M. Villemain, en remplacement d'Odilon Barrot qui avait opté pour Strasbourg, Dulong, qui s'était retiré avec son protecteur, prit place comme lui à l'extrême-gauche, dans les rangs de l'opposition, et vota contre le pouvoir. Il est surtout célèbre par sa fin tragique et prématurée.

Dans la séance du 25 janvier 1834, la Chambre discutait la loi sur l'avancement des officiers: le maréchal Soult ayant dit à la tribune : « Il faut qu'un militaire obéisse. » ces paroles excitèrent sur les bancs de la gauche, des murmures et des réclamations. M. Larabit entre autres, protesta contre une formule qu'il trouvait trop absolue. Mais le général Bugeaud ayant, par une interruption, accentué encore le sens de la phrase du maréchal Soult, Dulong, d'après les journaux du temps, s'écria au milieu du bruit : « Faut-il obéir jusqu'à se faire geôlier, jusqu'à l'ignominie ? » - allusion transparente à la mission que Bugeaud venait de remplir au fort de Blaye, auprès de la duchesse de Berry. A une lettre du général qui lui demandait des explications, Dulong répondit en désignant deux témoins : le général Bachelu et le colonel Desaix, qui, de concert avec MM. de Rumigny et Lamy, témoins de l'adversaire, firent tous leurs efforts pour empêcher un duel. Ils y avaient réussi, et Dulong avait consenti à la rédaction d'une lettre écartant toute pensée offensante de sa part, lorsqu'une appréciation de l'incident, parue dans le Journal des Débats, fut considérée par le député de l'Eure comme portant atteinte à sa dignité. Il se refusa alors à toute insertion rectificative, prit deux nouveaux témoins, MM. Lafayette fils et César Bacot, et insista pour se battre.

Le combat, inévitable, eut lieu le 29 janvier. Frappé d'une balle au-dessus du sourcil gauche, Dulong tomba sur le coup. On le ramena chez lui, où il expira le lendemain. L'un des témoins du général Bugeaud, M. de Rumigny, fut vivement attaqué par la presse pour n'avoir pas exécuté la promesse faite par lui à Dulong sur le terrain, de se dessaisir de la fameuse lettre de rétractation.

Les funérailles de Dulong eurent lieu à Paris au milieu d'un grand concours de peuple: le gouvernement de Louis-Philippe put craindre qu'elles ne fussent le prélude d'une insurrection; mais il n'y eut point de troubles. Armand Carrel prononça sur la tombe un éloquent discours.


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