Nicolas, Charles, Victor Oudinot Duc de Reggio

1767 - 1847

Informations générales
  • Né le 27 avril 1767 à Bar-le-duc (Meuse - France)
  • Décédé le 13 septembre 1847 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 30 novembre 1803 au 1er juillet 1804
Département
Meuse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Corps législatif en l'an XII et pair de France, ne à Bar-le-Duc (Meuse) le 25 avril 1767, mort à Paris le 13 septembre 1847, « fils de Nicolas Oudinot, négociant, et de Marie-Anne Adam », il était destiné au commerce, quand il s'engagea à 17 ans dans le régiment de Médoc. Au bout de trois ans de service, il revint à Bar pour obéir aux injonctions de son père.

Entré dans la garde nationale en 1789, il prit part à la répression du mouvement populaire qui éclata dans cette ville en juillet, et fut nommé, en 1792, commandant du 3e bataillon des volontaires de la Meuse. En 1793, il défendit Bitche contre la surprise tentée, dans la nuit du 10 au 17 novembre, par un corps prussien, et infligea à l'ennemi de grandes pertes.

Il passa ensuite sous les ordres du général Ambert, assista à Kaiserlautern comme chef de la 4e demi-brigade et, débordé à Morlautern, le 24 mai 1794, par des forces supérieures, se fit jour à la baïonnette ; il fut nommé, en récompense, général de brigade le 2 juin suivant. Blessé à Trêves le 6 août 1795, laissé pour mort devant Mannheim le 18 octobre, il tomba au pouvoir des Autrichiens, fut échangé, après trois mois de captivité, et envoyé à l'année du Rhin-et-Moselle.

De nouveau blessé à Neubourg (14 septembre 1796), il commanda, en 1797, une brigade de l'armée d'Angleterre, puis une brigade de l'armée d'Helvétie en 1799.

Promu général de division le 12 avril 1799, il devint chef d'état-major de Masséna et contribua à la victoire de Zurich en s'emparant, après une lutte opiniâtre, des faubourgs de la ville.

D'abord enfermé à Gênes, au début de la campagne de Marengo, il fut chargé de porter au général Suchet les dépêches de Masséna et parvint heureusement à échapper à la croisière anglaise.

Après Marengo, il passa sous les ordres de Brune, et, au combat de Monzembano, s'empara d'une batterie, et reçut un sabre d'honneur du premier Consul (8 mars 1801).

Inspecteur d'infanterie l'année suivante, commandant de 1er division du camp de Bruges en 1803, membre, puis grand-croix de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), il avait été élu, le 8 frimaire précédent, par le Sénat conservateur, député de la Meuse au Corps législatif, où il ne siégea que fort peu.

En 1805, il prit le commandement des compagnies de grenadiers détachées de la ligne et réunies à Arras en 10 bataillons ; ce corps d'élite reçut plus tard le nom mérité de grenadiers d'Oudinot. Durant la campagne de 1805, il s'empara des ponts de Vienne, fut blessé à Ollabrün, céda momentanément son commandement à Duroc, puis reparut à la tête de ses grenadiers, le jour d'Austerlitz, où, d'abord en réserve, il contribua à l'occupation définitive de Protzen lors de la contre-attaque de la garde impériale russe.

Gouverneur de Neuchâtel l'année suivante, il mérita l'estime des habitants qui lui décernèrent le titre de bourgeois de la ville et lui offrirent une épée d'honneur.

Il prit part à la campagne de Prusse, puis à celle de Pologne, se distingua à Eylau, en protégeant l'empereur contre la cavalerie russe, et à Friedland où il soutint les premiers efforts de Bennigsen. Gouverneur d'Erfurt, créé comte de l'empire le 2 juillet 1808, Oudinot prit encore part à la campagne du Danube en 1809, se signala à Essling ou il défendit le village contre l'infanterie de Hohenzollern et les cavaliers de Lichtenstein, et à Wagram où il aborda de front les troupes de l'archiduc Charles, tandis, que Davout prenait sa gauche à revers.

Blessé à l'île Lobau, il fut nommé, le 12 juillet suivant, maréchal de France.

Créé, le 14 avril 1810, duc de Reggio, avec une dotation considérable, il fut chargé, après l'abdication du roi de Hollande, d'administrer le pays.

Appelé en 1812, au commandement du 2e corps de la grande armée et chargé de couvrir la gauche, il battit Wittgenstein à Drissa, sur la Dwina (29 juillet), fut blessé à Polutsk le 17 août, et ne rejoignit soit corps qu'au moment de la retraite. Placé sous les ordres du duc de Bellune avec lequel il différait d'opinion sur les opérations à exécuter, il battit Pahlen à Lochnitza le 23 novembre, fut blessé le 25 à Borizow, enfermé dans une grange avec quelques hommes, y soutint l'attaque de plusieurs escadrons de cavalerie, passa le 26 la Bérézina et, le 28, avec Ney, contint les efforts de Tchitchatkoff.

En 1813, il assista à Lützen puis à Bautzen, où à la droite de l'armée, il franchit la Sprée sous le feu des alliés. Mais au nord, il ne réussit pas sur Berlin. Le 18 août, avec 65 000 hommes sous Régnier, Bertrand et Morand, il marcha sur cette capitale par ordre de l'empereur, rencontra, le 23, Bernadotte et l'armée du Nord, et fut battu à Gross-Beeren où 10 000 Bavarois et Saxons en se débandant causèrent la défaite. Il commanda la jeune garde à Leipzig; une attaque de typhus le força de quitter l'armée à la fin d'octobre,

En 1814, il prit part, à la tête d'un faible corps de troupes, aux combats de Brienne et d'Arcis-sur-Aube. Le 4 avril, à Fontainebleau, il reçut les adieux de l'empereur, adhéra aux actes du Sénat, et, dans le conseil provisoire du gouvernement, s'efforça de faire prévaloir des idées modérées.

Nommé successivement, par Louis XVIII, ministre d'Etat, commandant du corps royal des grenadiers et des chasseurs à pied de France (20 mai 1814) pair de France (4 juin), gouverneur de la 3e division militaire a Metz et commandeur de Saint-Louis (24 septembre), il chercha à s'opposer, lors des Cent-Jours, à la marche de Napoléon sur Paris, mais ne put conduire ses troupes plus loin que Troyes.

D'abord exilé dans ses terres par l'Empereur, puis autorisé à habiter Montmorency, il fut nommé, an retour de Gand, l'un des majors-généraux de la garde royale (8 septembre 1815), membre du conseil privé (19 septembre), commandant de la garde nationale de Paris (9 octobre), gouverneur de la 3e division militaire (10 janvier 1816), grand-croix de Saint-Louis (3 mai) et chevalier du Saint-Esprit (30 septembre 1820).

Lors de la guerre d'Espagne, il commanda le 1er corps d'armée et devint gouverneur de Madrid.

Il chercha en 1827 à calmer l'irritation causée dans la population parisienne par le licenciement de la garde nationale, et, en janvier 1830, protesta énergiquement contre le refus du comte d'Apponyi, ambassadeur d'Autriche, de donner aux généraux et maréchaux les titres impériaux dont ils étaient revêtus.

Après la révolution de 1830, Oudinot se retira. dans ses terres et ne parut que fort rarement à la Chambre des pairs. Il fut cependant nommé chancelier de la Légion d'honneur le 17 mai 1839, et gouverneur des Invalides le 21 octobre 1842.

Atteint, vers 1836, d'une paralysie locale qui envahit la joue et la paupière droites, il figura quand même en tête des maréchaux, au retour des cendres de l'empereur (1840). Malgré son grand âge et la rigueur de la saison (décembre), il fit à pied le trajet de Courbevoie aux Invalides « sur ses trois jambes cassées », disait plaisamment la maréchale : il avait eu en effet les deux jambes cassées, et la droite cassée deux fois.

La ville de Bar-le-Duc lui a élevé une statue le 24 septembre 1850.


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