Clément Anglade

1800 - 1881

Informations générales
  • Né le 20 décembre 1800 à Urs (Ariège - France)
  • Décédé le 24 novembre 1881 à Saurat (Ariège - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 10 octobre 1832 au 25 mai 1834
Département
Ariège
Groupe
Extrême gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Ariège
Groupe
Gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Ariège
Groupe
Gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 23 novembre 1880
Département
Ariège

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 10 octobre 1880 au 24 novembre 1881

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de l'Ariège sous Louis-Philippe, représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative de 1848 et de 1849, député en 1877, puis sénateur, né à Urs (Ariège), le 10 décembre 1800, mort à Saurat (Ariège), le 24 novembre 1881, il fut reçu avocat sous la Restauration, entra tout jeune dans l'opposition libérale, et combattit avec ardeur le gouvernement de Louis-Philippe.

Candidat, le 10 octobre 1832, dans le 2e collège électoral de l'Ariège (Foix), en remplacement de Justin Laffitte décédé, il fut élu et vint siéger à l'extrême gauche de la Chambre. Les questions économiques et agricoles le préoccupèrent particulièrement; il fut un des premiers qui réclamèrent la réduction de l'impôt sur le sel. Lors du procès intenté par la Chambre, en 1833, au journal la Tribune, qui l'avait qualifiée de « prostituée », Anglade fut au nombre des députés qui se récusèrent. Il vota d'ailleurs, pendant toute la session, avec ses amis Dupont (de l'Eure) et François Arago.

Non réélu à la législature suivante, il retourna dans son pays et y demeura jusqu'à la Révolution de Février. Républicain de la veille, il fut le candidat des démocrates de l'Ariège aux élections de la Constituante, où 43,971 voix l'envoyèrent, le 1er sur 7 (65,072 votants et 71,717 inscrits.) Il siégea à gauche et fit partie du comité de législation. Il monta plusieurs fois à la tribune, notamment pour développer une proposition relative à la création de médecins cantonaux, et pour appuyer (28 décembre 1848), un amendement ainsi conçu: (Première partie). « A dater du 1er janvier 1849, l'impôt sur le sel est réduit à 10 fr. par 100 kilogrammes.» (Deuxième partie). « Il sera définitivement supprimé à partir du 1er avril 1849. »

Anglade ayant, au cours du débat, consenti à la suppression de la deuxième partie, il fut procédé par scrutin de division, au vote sur la première que l'Assemblée adopta par 403 voix contre 360. La seconde partie fut ensuite reprise par le représentant Vezin (de l'Aveyron), hostile à la proposition Anglade, et qui espérait en rendant nécessaire un vote sur l'ensemble de l'amendement, détruire la première partie précédemment adoptée. L'Assemblée décida qu'il n'y aurait pas de vote d'ensemble. Anglade vota quelquefois avec la Montagne, et se prononça par exemple :

- le 26 août 1848, contre les poursuites intentées à Louis Blanc et à Caussidière;
- le 18 septembre, pour l'abolition de la peine de mort;
- le 25 septembre, pour l'impôt progressif;
- le 7 octobre, pour l'amendement Grévy;
- le 12 janvier 1849, contre la proposition Rateau ;
- le 22 janvier, contre le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute Cour;
- le 26 mai, pour la mise en liberté des transportés.

Cependant, il se sépara des républicains les plus avancés dans les questions suivantes: maintien de l'état de siège (1er septembre 1848); droit au travail (2 novembre); ordre du jour en l'honneur du général Cavaignac (25 novembre.)

Adversaire de la politique de l'Elysée, il continua la lutte à l'Assemblée législative, où il fut élu par son département, le 13 mai 1849, le 1er sur six, avec 34,407 voix sur 45,357 votants et 77,191 inscrits. Il vota le 15 mars 1850, contre la loi de Falloux sur l'enseignement, et le 31 mai, contre la loi qui portait atteinte à l'intégrité du suffrage universel. Au coup d'Etat de décembre 1851, il quitta la vie politique, puis tenta sans succès d'y rentrer aux élections législatives de 1863 et de 1869 : candidat de l'opposition dans la 1re circonscription de l'Ariège, il échoua, la première fois, avec 8,743 voix contre 20,919 obtenues par le candidat officiel, M. Didier, qui fut élu; la seconde avec 7,385 voix contre M. Denat qui l'emporta (18,644 voix.)

Après les événements du 4 septembre, le gouvernement de la Défense nationale le nomma préfet de l'Ariège; il occupait ce poste, lors des élections à l'Assemblée nationale le 8 février 1871. Porté sur la liste républicaine, dans ce département, il n'obtint que 18,514 voix sur 46,250 votants (le dernier élu de la liste conservatrice, qui passa tout entière, M. Aclocque, avait 27,775 voix).

Il prit sa revanche le 14 octobre 1877, et succéda à M. Aclocque comme député de la circonscription de Foix, avec 9,837 voix, contre 9,175. Dans cette législature, il siégea parmi les radicaux de la Chambre, et vota:

- le 20 janvier 1879, contre l'ordre du jour de confiance au ministère Dufaure;
- le 21 février, pour l'amnistie plénière (proposition Louis Blanc);
- le 4 juin, pour l'invalidation de l'élection de Blanqui à Bordeaux;
- le 16 mars 1880, pour l'application des lois existantes aux Congrégations.

Élu sénateur de l'Ariège, le 10 octobre 1880, par 300 voix sur 382 votants, en remplacement de M. Laborde, démissionnaire pour raisons de santé, il donna son suffrage à toutes les propositions émanant de la gauche du Sénat, ainsi qu'aux projets sur l'instruction primaire obligatoire et sur la liberté de réunion, présentés en 1881 par le gouvernement.


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