Didier Thirion

1763 - 1815

Informations générales
  • Né le 17 février 1763 à Thionville (Moselle - France)
  • Décédé le 28 décembre 1815 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 7 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Moselle
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à Thionville (Moselle) le 17 février 1763, mort à Thionville le 18 janvier 1816, entra dans la congrégation de l'Oratoire et se consacra à l'enseignement. Successivement professeur aux collèges de Béthune et de Metz, il embrassa avec ardeur la cause de la Révolution, fut nommé officier municipal, et, le 7 septembre 1792, élu député de la Moselle à la Convention, le 7e sur 8, « à la pluralité des voix ». Il siégea à la Montagne et, lors du procès du roi, se prononça pour la mort, sans appel au peuple. Au 2e appel nominal il répondit : « Si je croyais que les départements frontières fussent encore exposés aux invasions de l'ennemi, je serais le plus lâche des hommes si j'éloignais la responsabilité de ma tête pour la faire tomber sur celle de mes commettants et les exposer au double fléau de la guerre civile et de la guerre étrangère. Si la femme du malheureux Sauce, procureur de la commune de Varennes, a été lâchement massacrée par les lâches satellites de Léopold, parce que son mari avait eu l'audace d'arrêter le ci-devant roi fuyant, que pensez-vous qu'il arriverait si nos concitoyens votaient jour la mort du tyran ? D'ailleurs, les districts de mon département sont allemands ; avez-vous envoyé les pièces de la procédure traduites en allemand ? Mes commettants n'ont donc pas les instructions nécessaires à ce sujet, ils ne sauraient juger sévèrement: ainsi, pour répondre à la confiance de mes commettants, qui m'ont chargé de juger et de condamner le tyran, je dis non. » Et au 3e appel nominal : « Je n'ai ni père, ni fils à venger, mais cent mille de mes concitoyens. Je vote pour la mort. » Il prit parti contre les Girondins, défendit Marat, se prononça pour l'établissement du maximum, devint secrétaire de la Convention, et fut envoyé en mission dans la Vendée. Il écrivit, de Chartres, au comité de salut public, le 15 septembre 1793: « Les. Chouans sont la plupart de bonnes gens, qui se battent comme des lions, et qui annoncent qu'ils ont commencé la guerre avec des bâtons, mais qu'ils la finiront avec des canons. » Il annonça à l’assemblée la défaite des « brigands » près de Laval, puis, ayant voulu s'immiscer dans les opérations militaires, fut rappelé sur le rapport de Conthon au bout de deux mois. Cette circonstance l'éloigna de Robespierre, dans la journée du 8 thermidor. Thirion, qui avait présidé le club des Jacobins, parla contre les sociétés populaires et prit part aux mesures de réaction qui suivirent immédiatement la défaite des robespierristes. Il refusa toutefois de suivre jusqu'au bout la majorité nouvelle, et tenta de justifier Collot-d’Herbois lorsque celui-ci fut attaqué. A l'époque des événements de prairial, il se mit du côté des insurgés et accepta d'eux le titre et les fonctions de secrétaire. Arrêté, il bénéficia de l'amnistie du 4 brumaire an IV et n'appartint plus à d'autres assemblées. Commissaire du Directoire près le tribunal de Bruges (1796), puis près l'administration centrale de la Moselle (juillet 1799), il rentra dans l'enseignement après le coup d'Etat de brumaire et obtint la chaire de belles-lettres à l'Ecole centrale de Sambre-et-Meuse; il passa en 1803 au lycée de Mayence et, le 20 juillet 1809, fut nommé professeur de littérature latine à la faculté des lettres de Douai. Atteint par la loi du 12 janvier 1816, contre les régicides, il songea à passer en Amérique, mais, sur le point de partir, il s'empoisonna.


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