Jacques, Godefroy, Charles, Sébastien, Xavier, Jean, Joseph Yzarn de Valady

1766 - 1793

Informations générales
  • Né le 23 septembre 1766 à Banassac (Lozère - France)
  • Décédé le 6 décembre 1793 à Périgueux (Dordogne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 9 septembre 1792 au 6 décembre 1793
Département
Aveyron
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Banassac (Lozère) le 23 septembre 1766, fusillé à Périgueux (Dordogne) le 5 décembre 1793, « fils de Louis-Joseph-Charles-Philippe comte de Valady, et de Marie-Anne-Jeanne Brigitte de Furquet », il suivit la carrière des armes, entra comme officier dans les gardes françaises, adopta les principes de la Révolution, et, en juin 1789, fut de ceux qui excitèrent les troupes à refuser de tirer sur le peuple. Le Moniteur rapporte en ces termes cet acte de M. de Valady : « Le régiment des gardes françaises, généralement plus instruit que le reste de l'armée, donna le premier des preuves de son patriotisme. Deux compagnies des grenadiers de ce corps avaient refusé, dès le 23 juin, de tirer sur leurs concitoyens. M. de Valady, ci-devant officier de cette brave légion et l'un des plus zélés apôtres de la liberté, allait de caserne en caserne pour éclairer les soldats sur les véritables devoirs de l'homme et sur ce qu'ils se devaient à eux-mêmes et à leur patrie. Son zèle ne fut pas sans succès et l'on vit bientôt ces généreux guerriers, devenus des prosélytes ardents de la cause commune, mêles avec le peuple, et prendre part aux événements qui intéressaient le sort de la patrie. » Poursuivi de ce chef, il gagna Paimbœuf afin de s'embarquer pour l'Angleterre ; mais les progrès de la Révolution le rappelèrent à Paris.

Aide de camp de La Fayette, il se sépara de lui lorsqu'il reconnut que le général ne partageait pas son enthousiasme républicain, se lia avec les Girondins, et fut élu, le 9 septembre 1792, député de l'Aveyron à la Convention, le 9e et dernier, par 232 voix sur 472 votants. Il siégea parmi les modérés, et opina en ces termes lors du procès du roi, au 1er appel nominal :

« J'ai pensé que Louis n'était pas jugeable, je ne puis voter : je me réserve seulement de prononcer sur la troisième question, mais, en homme d'Etat, et comme sur une mesure de sûreté générale ».

Au 2e appel nominal : « Le vœu général du souverain n'a pas été légalement émis, et n'a pas même été consulté. Tous les prêtres, les ci-devant nobles ont dédaigné de communiquer avec le souverain en s'éloignant des assemblées primaires, ils ont méprisé le titre de citoyen en se dispensant de faire le service de garde national en personne, sans avoir aucune excuse légitime, ne voulant pas reconnaître pour leur égal celui qui se livrait à l'amitié par le seul sentiment de la fraternité. Je dis donc que les assemblées primaires composées comme elles l'ont été jusqu'à ce moment, loin de présenter l'affreuse perspective d'une guerre civile, ne serviraient au contraire qu'à terrasser et anéantir les ennemis de la liberté et de l'égalité. Je n'aurai pas la lâcheté de trahir ma conscience ; et, sans être associé ni à Boullé, ni à La Fayette, ni aux Thierry, je dirai oui. »

Au 3e appel nominal : « Il y a quarante-deux mois que Louis XVI me condamna à mort dans son conseil secret, pour avoir coopéré à l'insurrection des gardes françaises. Dans toutes les autres époques de la révolution, je n'ai cessé de combattre son autorité. Lors de l'acceptation de la Constitution, je m'efforçai d'éclairer mes compatriotes sur les vices qu'elle renfermait. Mes soins furent perdus, ils l'acceptèrent purement, simplement, intégralement; c'est pourquoi je crois devoir les condamner aujourd'hui à tenir la clause onéreuse du contrat qu'ils s'imposèrent alors. Je ne puis donc condamner à la mort le ci-devant roi, la justice éternelle me le défend, parce qu'elle ne veut point qu'on fasse après coup, ou qu'on aggrave des lois criminelles pour les appliquer à des faits passés : or aucune loi écrite ne lui infligeait cette peine pour aucun cas, avant qu'il fût précipité du trône dans la prison.

« Je demande que Louis, sa femme et ses enfants soient transférés demain, sous bonne et sûre garde, au château de Saumur, et qu'ils y soient gardés en otages jusqu'à ce que François d'Autriche ait reconnu la souveraineté de la République française et l'indépendance des Belges, et jusqu'à ce que l'Espagne ait renouvelé les traités avec nous.

« Je demande en second lieu (et, citoyens, qu'on ne me taxe point de servilité, quand je vais invoquer votre justice pour un sexe faible que l'innocence et les malheurs devaient rendre sacré), que sa sœur soit libre, ou de le suivre, ou de se retirer où bon lui semblera; qu'elle soit partout sous la sauvegarde des lois; dotez-la d'une pension convenable ; l'Etat le lui doit sans doute, et vous êtes les pères des orphelins.

« Troisièmement, que ceux des membres de la famille des Bourbons qui, recherchant des emplois sous le nouveau régime, ont dû exciter la défiance des patriotes vigilants et désintéressés, par les signes d'une ambition sourde et dangereuse, soient bannis sur-le-champ et à perpétuité. Vous sentirez assez combien nos alarmes sont fondées, quand je vous dirai que, par un reste de privilège, la fils aîné de Philippe d'Orléans a été fait lieutenant général à vingt ans. Et, citoyens, je ne viens point ici calomnier, je lui reconnais des services, et je lui crois des vertus; je les honore, mais je les crains ; je dois redouter l'instabilité des unes et la reconnaissance des autres. Dans peu peut-être on la mettra à la tête de vos armées ; jugez s'il est temps de la bannir. »

Il fit afficher dans son département un placard qui réclamait pour le roi l'indulgence du peuple, fut dénoncé à la Convention par Jean-Bon-Saint-André, défendu par Barbaroux, et, proscrit au 31 mai, alla rejoindre à Caen les partisans de la Gironde, avec un passeport sous le nom d'Henri Rideau. Après la défaite de Pacy-sur-Eure, il gagna la Dordogne, fut arrêté, le 4 décembre 1793, dans un bois, près de Monpon, et crut habile de reconnaître que son passeport était faux, et qu'il s'appelait en réalité Jacques Furquet, professeur au collège de Navarre. Reconnu par son collègue à la Convention, Roux-Fazillac, alors en mission à Périgueux, il fut traduit devant le tribunal criminel de la Dordogne, condamné à mort, et demanda pour toute grâce de mourir de la mort des braves ; il fut fusillé le même jour. En annonçant, le lendemain, la nouvelle de sa mort à la Convention, Roux-Fazillac écrivit : « J'ai vu avec douleur, à l'occasion de ce jugement, que l'esprit républicain n'est pas aussi affirmé dans cette commune que je m'en étais flatté. Quoique ce conspirateur ait montré une grande faiblesse dans son interrogatoire, il a cependant attendri les spectateurs, et même quelques-uns de ses juges out versé des larmes. Je me suis plaint hautement de cette coupable pusillanimité.»


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