Edouard, Pierre, Michel de Cazenove de Pradines

1838 - 1896

Informations générales
  • Né le 31 décembre 1838 à Marmande (Lozère - France)
  • Décédé le 13 août 1896 à Le pouliguen (Loire-Atlantique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Extrême-droite
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 14 septembre 1884 au 14 octobre 1885
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 13 août 1896
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Union des Droites

Biographies

Représentant à l'Assemblée nationale de 1871, député de 1884 à 1889, né à Marmande (Lot-et-Garonne), le 31 décembre 1838, il est issu d'une ancienne famille de la Gascogne.

Fidèle aux traditions royalistes de ses ancêtres, il se dévoua de bonne heure à la cause légitimiste et fut attaché à la maison du comte de Chambord en qualité de secrétaire. Il fit la campagne franco-allemande dans le corps de Charette, et reçut une grave blessure à la bataille de Loigny.

Elu, le 8 février 1871, tandis qu'il était encore absent et alité, représentant de Lot-et-Garonne à l'Assemblée nationale, avec 55 283 voix (76 859 votants, 103 962 inscrits), il alla siéger à l'extrême droite, dans le groupe des légitimistes intransigeants. Catholique fervent, il déposa, le 13 mai 1871, une proposition ayant pour objet « de demander des prières publiques dans toute la France pour supplier Dieu d'apaiser nos discordes civiles et de mettre un terme aux maux qui nous affligent». L'Assemblée vota l'urgence sur cette proposition, qu'elle adopta ensuite à une grande majorité. Plus tard, dans la discussion de la loi sur l'érection d'une Eglise consacrée au Sacré-Cœur, le député de Lot-et-Garonne réclama l'insertion d'un article additionnel portant que l'Assemblée enverrait une délégation officielle assister à la pose de la première pierre. Cette fois, les membres du centre droit s'étant séparés de M. Cazenove de Pradine, sa motion fut rejetée ; mais elle lui valut du comte de Chambord une lettre de félicitations ainsi conçue :

« Vous me connaissez trop pour attendre de moi une phrase banale sur votre énergique insistance dans la mémorable lutte dont vous êtes sorti, comme à Patay, le glorieux vaincu. Je vous félicite, je vous remercie et je vous embrasse, heureux d'ajouter au témoignage de ma conscience, celui de mon admiration et de ma vieille amitié.

signé : HENRI. »

M. Cazenove de Pradine fut un des secrétaires de l'Assemblée nationale ; il fit partie de la réunion parlementaire dite des « Réservoirs » et vota avec les conservateurs royalistes :
- pour la paix,
- pour les pétitions des évêques,
- pour l'abrogation des lois d'exil concernant les Bourbons,
- contre le retour à Paris,
- pour le pouvoir constituant de l'Assemblée,
- pour l'acceptation de la démission de Thiers le 24 mai 1873,
- pour le septennat,
- pour l'état de siège et la loi des maires,
- contre le ministère de Broglie le 16 mai 1874,
- enfin contre l'ensemble des lois constitutionnelles.

Il s'était abstenu sur l'amendement Pascal Duprat (élection du Sénat par le suffrage universel).

Il avait signé (15 juin 1874) la proposition de rétablissement de la monarchie ainsi que l'adresse de félicitations au pape à propos du Syllabus.

Après avoir échoué, le 20 février 1876, comme candidat monarchiste dans l'arrondissement d'Agen avec 1 583 voix contre 7 315 à M. Dollfus, conservateur bonapartiste, et 10 452 à M. Laffitte-Lajoannenque, républicain, élu, il se tint à l'écart de la politique jusqu'au 14 septembre 1884.

À cette date, il rentra au Parlement, élu par la 2e circonscription de Nantes (Loire-Inférieure), en remplacement de M. Gaudin, décédé, avec 8 868 voix (13 850 votants, 27 641 inscrits), contre M. Auguste Chénard, 3 914 voix ; il siégea encore à l'extrême droite, vota :
- contre le gouvernement,
- contre les crédits du Tonkin,
- pour le maintien de l'ambassade auprès du pape, etc.,
- et fut porté, avec succès, sur la liste conservatrice de la Loire-Inférieure, aux élections législatives du 4 octobre 1885, qui lui donnèrent 70 151 voix (121 474 votants, 165 624 inscrits) ; il était élu le 7e sur 9.

Adversaire déclaré des institutions républicaines, il combattit les divers ministères de la législature, et se prononça, dans la dernière session :
- contre le rétablissement du scrutin uninominal (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution (14 février),
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes (14 mars),
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse (2 avril),
- contre les poursuites contre le général Boulanger (4 avril).


Né à Marmande (Lot-et-Garonne) le 31 décembre 1838, mort au Pouliguen (Loire-Inférieure) le 13 août 1896.

Représentant du Lot-et-Garonne à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876.

Député de la Loire-Inférieure de 1884 à 1896. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. II, p. 5.)

Aux élections générales du 22 septembre 1889, Edouard de Cazenove de Pradines fut réélu député, dans la troisième circonscription de Nantes, au premier tour de scrutin, par 12.896 suffrages contre 12.511 à M. Gaudin. Il le fut encore aux élections du 20 août 1893, dans la même circonscription, et dans les mêmes conditions, avec 12.884 voix contre 11.437 au même concurrent. De 1884 à 1896 il représenta sans interruption la Loire-Inférieure à la Chambre ; de 1882 à sa mort, il siégea aussi constamment au Conseil général de ce département : il y représentait le canton de la Chapelle sur-Erdre. En 1889, il était maire de Grandchamp ; il ne l'était plus, semble- t-il, en 1893 ; il avait alors élu domicile à Nantes.

Conseiller du Comte de Paris auquel il s'était rallié après la mort du comte de Chambord, il resta jusqu'au bout fidèle à ses convictions royalistes.

Tout au plus peut-on, en comparant ses professions de foi de 1889 et de 1893, observer un léger assouplissement de son intransigeance. En 1889, il se pose en défenseur des traditions sociales et des intérêts naturels de ses mandants, en royaliste fidèle au drapeau du roi, en fils dévoué et obéissant de la religion. En 1893, sans rien renier de ses convictions religieuses et politiques, il affirme n'attendre la réalisation de ses espérances que du consentement national loyalement exprimé ; il se dit résolu à ne se prêter jamais à aucune aventure compromettante pour la prospérité et le repos du pays, et, dans son programme, il fait une plus large place à la défense des intérêts moraux et matériels de ses électeurs.

Ce sont naturellement ses convictions royalistes qui inspirèrent ses votes et son action au Parlement. Sous la cinquième législature (1889-1893), les deux propositions de loi qu'il déposa tendirent l'une à abroger la loi de 1886 relative aux membres des familles ayant régné en France, l'autre à modifier la loi de recrutement de l'armée. Il déposa un ordre du jour en conclusion de la discussion d'une interpellation sur les circonstances de la démission d'un sous-gouverneur du Crédit foncier et prit part à la discussion de deux autres interpellations concernant l'une les manifestations ouvrières du 1er mai 1891 et les événements de Fourmies et de Charleville, l'autre les manifestations ultramontaines de certains évêques.

Sous la sixième législature, il proposa la modification de la loi sur l'organisation de l'enseignement primaire, présenta deux ordres du jours à la suite de la discussion d'interpellations sur l'accord franco-anglo-russe relatif au traité sino-japonais et sur l'envoi de l'escadre française à l'inauguration du canal de Kiel. Enfin il intervint dans la discussion d'une interpellation sur la publication dans le Figaro d'articles attribués à un général inspecteur d'armée.

Il mourut à 58 ans, en cours de mandat, le 13 août 1896, au Pouliguen. Ce décès ayant eu lieu pendant l'intersession, il ne fut pas prononcé d'éloge funèbre.


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