Ernest Cézanne

1830 - 1876

Informations générales
  • Né le 24 mars 1830 à Embrun (Hautes-Alpes - France)
  • Décédé le 21 juin 1876 à Tours (Indre-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 2 juillet 1871 au 7 mars 1876
Département
Hautes-Alpes
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 21 juin 1876
Département
Hautes-Alpes
Groupe
Centre gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à l'Assemblée nationale de 1871, député en 1876, né à Embrun (Hautes-Alpes), le 24 mars 1830, mort à Tours (Indre-et-Loire), le 21 juin 1876, il fut élève de l'Ecole polytechnique. Ingénieur des ponts et chaussées, il eut à diriger, d'abord au service de l'Etat français, puis dans des entreprises privées en Russie, la construction de plusieurs chemins de fer importants.

En 1870, il était à la tête de la compagnie des chemins de fer ottomans. Il donna sa démission pour prendre part à la campagne franco-allemande, et fut chargé par le gouvernement de la Défense nationale d'une mission auprès de la Délégation de Tours, relativement au ravitaillement de Paris.

Lors de l'élection complémentaire du 2 juillet 1871, qui eut lieu dans les Hautes-Alpes par suite de l'invalidation de M. Chaix, M. Cézanne se présenta comme candidat conservateur libéral, disposé à se rallier à une République très modérée, représentant « la conciliation, l'union, la paix, l'économie. » Dans sa profession de foi, il se déclarait contre le retour de l'Assemblée à Paris.

Elu par 14 212 voix (22 428 votants, 34 083 inscrits), contre 7 965 à M. Garnier, conservateur monarchiste, il s'inscrivit d'abord au centre gauche de l'Assemblée nationale, mais inclina en maintes circonstances vers le centre droit orléaniste. Il s'expliqua, d'ailleurs, lui-même, sur ces fluctuations dans une déclaration où il disait : « Indépendant des partis et des coteries, on m'a vu dans l'Assemblée me porter tantôt à droite tantôt à gauche, cherchant à sauvegarder tour à tour l'ordre et la liberté. » Il fut rapporteur de la proposition Ravinel tendant à transférer les administrations et les services publics à Versailles, et conclut à l'adoption, tout en protestant de son amour pour la capitale « à laquelle il était attaché par toutes les racines de son cœur et de son intelligence. » M. Cézanne fut un des partisans et des agents les plus zélés de la « conjonction des centres » rêvée par M. Casimir Perier. Lors des tentatives de fusion et de restauration monarchique, il refusa de s'y associer, et opina pour le maintien de la République conservatrice. Il vota:

- le 24 mai 1873, contre la démission de Thiers ;
- le 24 juin, pour l'approbation de l'arrêté sur les enterrements civils ;
- le 19-20 novembre, pour la prorogation des pouvoirs du maréchal et l'organisation du Septennat ;
- le 20 janvier 1874, contre la loi des maires ;
- le 16 mai, pour le ministère de Broglie ;
- le 30 janvier 1875, pour l'amendement Wallon ;
- le 11 février, contre l'amendement Pascal Duprat ;
- le 25 février, pour l'ensemble des lois constitutionnelles.

Il s'abstint de voter sur le pouvoir constituant de l'Assemblée et sur l'état de siège.

Plusieurs fois il fut question de M. Cézanne pour un portefeuille, notamment dans les combinaisons ministérielles proposées par M. de Goulard. Après la chute de M. de Broglie, le maréchal avait, a-t-on dit, inscrit d'office le nom de M. Cézanne sur la liste des membres du nouveau cabinet ; M. Cézanne ne crut pas devoir accepter.

Aux élections du 20 février 1876, il fut réélu député de l'arrondissement d'Embrun, par 4 700 voix sur 4 744 votants et 7 231 inscrits ; mais il ne siégea pas dans la Chambre nouvelle, retenu à Tours par une maladie de poitrine qui le minait depuis longtemps, et dont il mourut.


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