Toussaint, Bernard Emeric-David

1755 - 1839

Informations générales
  • Né le 20 août 1755 à Aix-en-provence (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 2 avril 1839 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 2 mai 1809 au 1er juillet 1815
Département
Bouches-du-Rhône
Régime politique
Première Restauration
Législature
Chambre des députés des départements
Mandat
Du 4 juin 1814 au 20 mars 1815
Département
Bouches-du-Rhône

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Corps législatif de 1809 à 1815, né à Aix (Bouches-du-Rhône) le 20 août 1755, mort à Paris le 2 avril 1839, fils d'un négociant, il fut élevé par ses oncles, imprimeurs du roi à Aix. Il y étudia la jurisprudence, se fit recevoir avocat et docteur en droit (1775).

Il parcourut ensuite une partie de l'Italie: un séjour assez long à Rome et à Florence développa en lui un goût très vif pour les arts. De retour dans sa ville natale, il y exerça la profession d'avocat, tout en consacrant aux beaux-arts et aux lettres ses instants de loisir. En 1787 il se trouva pourvu du brevet d'imprimeur du roi, par suite du décès de son oncle maternel, Antoine David, auteur de divers ouvrages d'agriculture, et auquel il succéda.

Partisan modéré de la Révolution, il fut élu maire d'Aix en 1791, mais il se démit de ces fonctions au bout de dix mois, effrayé qu'il était de la marche des événements. Il vint à Paris dans la famille de sa femme, fut décrété d'arrestation en 1793, comme suspect de modérantisme, échappa aux poursuites et se tint caché dans une ferme, près de Bondy, jusqu'au 9 thermidor. Alors il reprit à Paris sa profession d'avocat, et se mêla aussi de banque et de commerce ; puis, craignant de compromettre sa fortune, se voua exclusivement à la littérature et aux arts.

L'Institut ayant, vers 1800, mis au concours la question suivante: « Quelles furent les causes de la perfection de la statuaire dans l'antiquité? » Emeric-David envoya un mémoire qui fut couronné. Il obtint encore, en 1805, de la même compagnie, une distinction flatteuse.

Il entra dans la vie politique le 2 mai 1809 ; le Sénat conservateur, sur la présentation du collège électoral des Bouches-du-Rhône, le nomma député au Corps législatif. Il y siégea jusqu'en 1815, vota, le 3 avril 1814, avec la majorité de ses collègues présents à Paris, la déchéance de Napoléon, et fit, le 22 septembre de la même année, au Corps législatif devenu la Chambre des députés des départements, plusieurs rapports sur diverses demandes relatives à des questions de commerce. Il s'éleva, le 4 octobre, contre l'effet rétroactif du projet sur l'importation des fers, et, dans la séance du 5 novembre, il démontra avec énergie l'illégalité de l'impôt sur les boissons, en rappelant la parole donnée par le roi de supprimer la régie. Il prononça, dans le cours du même mois, un discours sur les douanes, discuta quelques propositions du tarif, et entra dans des détails techniques et historiques sur l'emploi et l'origine de diverses productions commerciales. Le 5 décembre, il demanda que le gouvernement fût invité à présenter un projet de loi tendant à modifier l'article 163 du Code pénal, relatif aux prohibitions de mariage entre l'oncle et la nièce, le beau-frère et la belle-sœur, la tante et le neveu. Le même jour, il parla en faveur du rétablissement de la franchise du port de Marseille.

Rentré dans la vie privée, Emeric-David fut nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le 11 avril 1816. On cite avec éloge ses considérations, plus ingénieuses d'ailleurs que profondes, sur la mythologie grecque. Appelé, après la mort de Millin, à la chaire d'archéologie à la Bibliothèque royale, il fut nommé par l'Académie, le 14 octobre 1825, membre de la commission chargée de continuer l'Histoire littéraire de la France, commencée par les Bénédictins de Saint-Maur. On a encore d'Emeric-David : Premier discours historique sur la peinture moderne (1807); Discours historique sur la gravure en taille douce et sur la gravure en bois (1809); Examen des inculpations dirigées contre Phidias (1817); Histoire de la peinture au moyen âge, etc. A plus de quatre-vingts ans, il s'occupait encore activement de ses travaux de critique et d'histoire, lorsqu'il succomba à une attaque d'apoplexie.


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