Joseph Bonaparte Comte de Survilliers

1768 - 1844

Informations générales
  • Né le 7 janvier 1768 à Ajaccio (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 28 juillet 1844 à Florence (Italie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 12 avril 1797 au 26 décembre 1799
Département
Corse
Groupe
Bonapartiste
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 25 décembre 1799 au 28 janvier 1800
Département
Corse
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Conseil des Cinq-Cents et au Corps législatif de l'an VIII, membre du Sénat conservateur, et pair des Cent-Jours, né à Ajaccio (Corse), le 7 Janvier 1768, mort à Florence (Italie), le 28 juillet 1844, il était le fils aîné de Charles Bonaparte et de Laetitia Ramolino.

On le destinait au barreau, et il étudiait le droit à Pise, lorsque la révolte de Paoli (1793) l'obligea à partager en Provence l'exil de sa famille ; il y épousa, en 1794, la fille d'un riche négociant de Marseille, M. Clary, et, par l'influence de son frère Napoléon, devint secrétaire de Salicetti, puis (1797) commissaire des guerres à l'armée d'Italie, sous les ordres de son frère

Elu, le 23 germinal an V, député du département du Golo au Conseil des Cinq-Cents, il vit son admission combattue par le parti clichien, qui, depuis le 13 vendémiaire, jour où le général Bonaparte mitrailla les sections, considérait les Bonapartes comme des jacobins

Il put siéger, après le 18 fructidor, et fut nommé ambassadeur à Parme, puis à Rome. Dans cette dernière ville, il eut à lutter contre les tendances réactionnaires de l'entourage du pape, fit remettre en liberté les patriotes emprisonnés, fut attaqué, par la population ameutée, dans sa résidence du palais Corsini, vit tomber à ses côtés le général Duphot percé de bal es, et dut partir en secret de Rome pour échapper lui-même à la-mort.

À son retour à Paris, le Directoire approuva sa conduite. Joseph, réélu le 23 germinal an VI par le département du Golo au Conseil des Cinq-Cents, devint secrétaire de l'Assemblée le 21 janvier 1798, prit une part discrète au coup d'Etat de Brumaire, donna sa démission de député le 8 pluviôse an VIII, fut nommé ministre plénipotentiaire le 13 ventôse suivant, concourut en cette qualité au traité de paix et de commerce conclu la même année avec les Etats-Unis, au traité de Lunéville signé l'année suivante avec l'Autriche, et enfin (18 vendémiaire an X) au traité d'Amiens avec l'Angleterre.

Il était entré au Conseil d'Etat le 15 floréal an VIII, avait été nommé (19 vendémiaire an IX) ministre plénipotentiaire en Bohême, promu grand électeur le 28 floréal an XII, à l'établissement de l'Empire, puis connétable, sénateur de droit le 22 thermidor au XII, et grand officier de la Légion d'honneur le 10 pluviôse an XIII. Investi du gouvernement pendant la campagne d'Austerlitz, il se distingua par une aménité et une simplicité de moeurs qui lui valurent des remontrances de Napoléon devenu fort exigeant sur l'étiquette, il lui offrit cependant, en raison de la popularité qu'il s'était acquise, la couronne d'Italie. Joseph y mit des conditions d'indépendance politique et financière qui furent rejetées

Nommé général de division le 3 janvier 1806, il accepta, le 31 mars suivant, la couronne de Naples et des Deux-Siciles, et exerça, avec une rare conscience et un grand dévouement pour les intérêts de son nouveau royaume, son métier de roi, s'inspirant surtout des institutions alors en vigueur en France. Cette conduite lui aliéna l'ancienne noblesse, et après l'abdication imposée aux Bourbons d'Espagne, il quitta Naples pour Madrid et vint s'asseoir sur le trône de Charles-Quint (22 janvier 1809). Mais l'état insurrectionnel de la péninsule demandait un dictateur militaire bien plus qu'un philosophe aimable ; Joseph resta malgré lui à Madrid, plusieurs fois chassé de sa capitale, roi nominal du seul territoire occupé en fait par nos armées. Il sortit d'Espagne avec les derniers bataillons français en 1813, et reçut le titre de lieutenant-général de l'Empire, et le grade de commandant en chef de la garde nationale en janvier 1814. Il engagea énergiquement Paris à résister aux armées alliées, mais, donnant un exemple, contraire, il abandonna Paris le 30 mars pour suivre à Blois l'impératrice Marie-Louise.

Après l'abdication de l'empereur, Joseph gagna la Suisse, où il acheta la terre de Prangins (aujourd'hui propriété et résidence du prince Jérôme Napoléon), fut appelé (2 juin 1815) à siéger à la Chambre des pairs, au retour de île d'Elbe, et, quelques jours après, chargé de la présidence du conseil des ministres pendant l'absence de l'empereur. Joseph quitta Paris après Waterloo, et s'embarqua à Rochefort pour les Etats-Unis. Il s'y établit, près de Philadelphie, sous le nom de comte de Survilliers

À l'avènement de Louis-Philippe, il protesta au nom de Napoléon II contre l'établissement du nouveau gouvernement, et vint habiter l'Angleterre en 1832 ; deux ans après, il réclama contre le maintien des lois d'exil concernant la famille Bonaparte.

Après un nouveau séjour de deux ans en Amérique (1837-1839), il revint en Angleterre, puis obtint, en 1844, du grand-duc de Toscane, l'autorisation de résider à Florence, où il mourut deux ans après.


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