Jean-Baptiste, Eugène Abel

1863 - 1921

Informations générales
  • Né le 12 janvier 1863 à Toulon (Var - France)
  • Décédé le 30 septembre 1921 à Toulon (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Var
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Var
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Var
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 30 septembre 1921
Département
Var
Groupe
Gauche républicaine démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Toulon le 12 janvier 1863, mort à Toulon le 30 septembre 1921.

Député du Var de 1893 à 1898 et de 1910 à 1921.

Ministre du travail du 9 au 13 juin 1914.

Petit-fils d'un proscrit du 2 décembre, et fils d'Alphonse Abel qui proclama la République à Toulon le 5 septembre 1870 et en fut le maire provisoire, Jean-Baptiste Abel fit ses études secondaires au lycée de Toulon, puis, après avoir terminé ses études de droit, se fit inscrire au barreau de sa ville natale.

Il fut bientôt attiré par la politique et se présenta en 1891 au Conseil général du Var (canton ouest de Toulon) à une élection partielle. Il fut élu, puis réélu l'année suivante au renouvellement normal et devint, en 1893, Vice-Président de cette assemblée.

Aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre 1893, il fut élu au 2e tour de scrutin par 3.666 voix, contre 3.643 à M. Janet, radical, et 3.197 à M. Champagnac, également radical. Il remplaçait, dans la 1re circonscription de Toulon, M. Benjamin Raspail qui venait de mourir.

Inscrit à la gauche radicale, il fut surtout attiré par les questions maritimes :
- militarisation des guetteurs des électrosémaphores (1894, 1896) ;
- dessinateurs des arsenaux de la marine (1895) ;
- état de la marine française (1894) ;
- budget de la marine (1895, 1896) ;
- permis de navigation maritime (1896) ;
- pension dite de demi-solde (1896) ;
- chômage ordonné à l'arsenal de Toulon (1897) ;
- contremaîtres et chefs contremaîtres de la marine (1898).

Il fut secrétaire de la Chambre du 12 janvier 1897 jusqu'à la fin de la législature.

Aux élections générales des 8 et 22 mai 1898, il fut battu au scrutin de ballottage par M. Ferrero, ancien maire de Toulon, candidat socialiste.

Il réintégra alors le corps de la magistrature où il avait exercé autrefois en qualité de juge de paix suppléant du canton ouest de Toulon, et fut nommé conseiller à la Cour d'appel de Riom, puis à celle de Nîmes où il resta dix ans.

Aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910, il consentit, sur l'insistance de ses amis, à se représenter dans son ancienne circonscription et fut élu au 2e tour de scrutin par 6.645 voix contre 6.523 à M. Allard, député sortant, socialiste. Au cours de cette législature, il ne manqua pas de revenir sur les questions maritimes qui furent toujours l'objet de ses préoccupations. C'est ainsi qu'il intervint :
- en 1911, en faveur des tribunaux maritimes ;
- en 1912, pour l'organisation du corps des officiers mécaniciens de la marine ;
- en 1913, pour l'amélioration de la situation matérielle des officiers et sous-officiers des armées de terre et de mer ;
- et, en 1914, sur la responsabilité en matière d'abordage.

Il était d'ailleurs membre de la commission de la marine ; il s'intéressa en outre :
- à la construction d'écoles pratiques de commerce et d'industrie (1912) ;
- aux bourses pour les écoles d'enseignement professionnel (1912) ;
- à l'amnistie (1913) ;
- et aux tribunaux pour enfants et adolescents (1914).

Aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, il réussit au 2e tour de scrutin à battre son ancien concurrent M. Ferrero par 4.417 voix contre 4.191, et fut immédiatement nommé Ministre du travail et de la prévoyance sociale dans l'éphémère cabinet Ribot qui vécut quatre jours : du 9 au 13 juin 1914.

Reprenant sa place à son banc de député, il intervint, en 1914, sur la composition des Cours d'appel et des tribunaux de première instance, et en 1915, sur l'indemnité à allouer aux greffiers et commissaires greffiers intérimaires pour la durée de la guerre. Au mois de novembre 1915, il fut élu Vice-Président de la Chambre en remplacement de M. Clémentel nommé Ministre du commerce et ce poste lui fut renouvelé jusqu'au 5 août 1919 où il l'abandonna par démission. Il participa durant cette période à différentes discussions, notamment :
- sur le corps du contrôle de l'administration de la marine (1916) ;
- sur la résiliation des baux à loyers par suite de la guerre (1916 et 1917) ;
- sur l'augmentation des Croix de la Légion d'honneur en faveur de la marine (1916) ;
- et sur l'organisation judiciaire et la réforme de la magistrature (1918 et 1919).

Au mois de juillet 1919, M. Jonnart ayant abandonné le gouvernement général de l'Algérie, Clemenceau offrit cette succession à Abel qui l'accepta. Il put conserver son mandat de Député, ces nouvelles fonctions lui ayant été confiées par délégation.

Il se représenta aux élections générales du 16 novembre 1919, au scrutin de liste, et fut élu au premier tour sur la liste du bloc républicain par 24,422 voix. Durant cette législature, il n'apparut à la Chambre qu'en qualité de commissaire du Gouvernement en 1920 pour assister celui-ci dans la discussion d'interpellations sur la situation de l'Algérie. Il avait débuté en Afrique du Nord dans des circonstances très difficiles, nées de la guerre et aggravées d'une production agricole déficitaire qui avait plongé les populations dans le désarroi et l'agitation. Il s'était employé de toute sa force et de tout son dévouement à remédier à cet état de choses dont il n'était pas responsable.

Il conserva néanmoins ces fonctions jusqu'au 31 août 1921 et regagna sa ville natale pour y mourir le 30 septembre suivant.

Son éloge funèbre fut prononcé à la Chambre des députés, à la séance du 18 octobre 1921 par le Président Raoul Péret. Sa mémoire fut également honorée au Conseil général du Var par le Président et le Préfet, et à l'Assemblée des délégations financières de l'Algérie par son Président M. Sabatier.


Retour haut de page