Georges, Jean Humann

1780 - 1842

Informations générales
  • Né le 6 août 1780 à Strasbourg (Bas-Rhin - )
  • Décédé le 25 avril 1842 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 13 novembre 1820 au 9 mai 1823
Département
Bas-Rhin
Groupe
Opposition libérale
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Bas-Rhin
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 22 mai 1828 au 16 mai 1830
Département
Aveyron
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Bas-Rhin
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 14 novembre 1832
Département
Bas-Rhin
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 15 novembre 1832 au 25 mai 1834
Département
Bas-Rhin
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 2 octobre 1837
Département
Bas-Rhin
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1820 à 1827, de 1828 à 1837, pair de France et ministre, né à Strasbourg (Bas-Rhin) le 6 août 1780, mort à Paris le 25 avril 1842, « fils de Jacques Humann et de Anne-Marie Schmitz » il s'occupa de commerce et fit une rapide fortune à laquelle le concours de la contrebande ne fut pas, dit-on, étranger.

Nommé juge au tribunal de commerce et membre de la chambre de commerce de Strasbourg, il devint, en outre, conseiller général du Bas-Rhin, et bientôt, grâce à la situation considérable qu'il occupait dans la région, se fit élire (13 novembre 1820) député de ce département, au grand collège, avec 114 voix (176 votants, 194 inscrits). Il se rangea dans l'opposition libérale, vota avec elle, et prit la parole (1822) contre le projet de loi ayant pour but la répression des délits de presse. Il se prononça encore contre le monopole des tabacs.

Réélu, le 25 février 1824, dans le 4e arrondissement du Bas-Rhin (Strasbourg), par 224 voix sur 293 votants et 313 inscrits, M. Humann se sépara de la gauche pour défendre le principe du remboursement de la dette publique par l'Etat, à propos de l'institution du trois pour cent par M. de Villèle. Dès lors, ses études eurent plus spécialement pour objet les questions financières, et il parut fréquemment à la tribune, dans les sessions de 1825 et de 1826 pour y traiter des matières budgétaires. Il vota contre le projet d'indemnité aux émigrés, etc., échoua aux élections du 17 novembre 1827, dans sa circonscription, avec 108 voix contre 124 à l'élu, Benjamin Constant, et ne reparut à la Chambre que le 22 mai 1828, à la faveur de l'élection partielle qui le fit, par 73 voix (137 votants, 144 inscrits) contre 64 à M. Soulié, député du 2e arrondissement de l'Aveyron (Villefranche), en remplacement de M. Dubruel, décédé.

En 1829, la commission générale du budget le chargea de rédiger le rapport sur le projet de loi fixant les dépenses de l'année 1830, et il s'acquitta habilement de cette tâche. Adversaire du cabinet Polignac, il fut un des 221 signataires de l'adresse qui amena la dissolution de la Chambre. M. de Villèle raconte dans ses Mémoires que MM. Humann et Marhallach, députés, l'un du centre droit, l'autre du centre gauche, vinrent lui offrir, pendant le ministère Polignac, un engagement écrit de leur groupe, lui assurant la majorité et le vote du budget, à condition qu'il formât un nouveau ministère. Ils ajoutèrent qu'ils avaient cru que le roi reculerait devant l'adresse des 221, et qu'ils regrettaient maintenant de l'avoir votée. M. de Villèle leur promit le secret, mais rien de plus.

M. Humann obtint sa réélection, le 23 juin 1830, non dans l'arrondissement de Villefranche qui ne lui donna que 66 voix contre 87 à l'élu, M. de Balzac, mais dans le 2e arrondissement du Bas-Rhin (Benfeld) où il réunit 58 voix (87 votants, 93 inscrits). Il applaudit à la révolution de juillet, fut un des membres de la commission chargée de réviser la Charte de 1814 sur la proposition de Bérard, et se montra le partisan zélé du régime nouveau. Ayant continué à se distinguer dans les débats où il s'était fait une spécialité, il fut investi, le 11 octobre 1832, du ministère des Finances, après avoir été réélu député, la 5 juillet 1831, à la fois dans le 5e collège de l'Aveyron, avec 122 voix (215 votants, 257 inscrits), contre 92 à M. de Balzac, et dans le 5e collège du Bas-Rhin (Schlestadt), avec 149 voix (179 votants, 199 inscrits). II opta pour Schlestadt et fut remplacé comme député de Villefranche par M. Decazes.

Sa nomination au ministère des Finances l'obligea à demander aux électeurs de Schlestadt la contirmation de son mandat législatif ; il l'obtint, le 15 novembre 1832, par 189 voix (195 votants, 233 inscrits). M. Humann garda son portefeuille jusqu'au 9 novembre 1834; il le quitta alors pour le reprendre le 18 du même mois, et le conserva cette fois jusqu'au 18 janvier 1836. Quatre jours auparavant, le 14, il avait proposé à la Chambre la conversion de la rente 5 0/0, à l'insu de ses collègues du cabinet. Vivement blâmé par ceux-ci, il se retira. Il redevint titulaire du même portefeuille du 29 octobre 1840 au 5 avril 1842. Comme administrateur, il suivit les errements des financiers qui l'avaient précédé, se déclara pour le système de la protection, se refusa à toute réduction des impôts, « auxquels il faut faire rendre, disait-il, tout ce qu'ils peuvent rendre » et préféra chercher dans de grandes entreprises d'utilité générale l'accroissement successif des revenus individuels. C'est sous son ministère que furent établis les paquebots transatlantiques de la Méditerranée. Les embarras politiques du règne de Louis-Philippe ayant élevé inopinément le déficit de plusieurs centaines de millions, il fallut contracter un emprunt, et le ministre imagina de faire procéder à un recensement général de la propriété immobilière; ce recensement provoqua les réclamations les plus vives.

Attaché au parti doctrinaire, Humann ne cessa d'opiner avec ce groupe politique. Il avait été réélu député de Schlestadt, le 21 juin 1834, par 197 voix (249 votants, 284 inscrits), contre 48 à M. de Firbach, et il termina sa carrière parlementaire à la Chambre des pairs, où l'appela une ordonnance royale du 3 octobre 1837. M. Guizot disait de lui : «Esprit profond et gauche, obstiné et timide devant la contradiction. »

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