Gustave, Louis Chaix d'Est-Ange

1800 - 1876

Informations générales
  • Né le 11 avril 1800 à Reims (Marne - France)
  • Décédé le 14 décembre 1876 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 18 février 1831 au 31 mai 1831
Département
Marne
Groupe
centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 avril 1836 au 3 octobre 1837
Département
Marne
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Marne
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 12 juin 1842
Département
Marne
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 23 novembre 1844 au 6 juillet 1846
Département
Marne
Groupe
Centre gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 2 novembre 1862 au 4 septembre 1870

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1831, puis de 1836 à 1846, sénateur du Second Empire, né à Reims (Marne) le 11 avril 1800, mort à Paris, le 14 décembre 1876, il était le fils d'un procureur-général près la cour de justice criminelle de Reims.

Lors de la suppression de cette cour, ses parents vinrent se fixer à Paris et le laissèrent orphelin à dix-neuf ans. Il venait de terminer ses études de droit. Il avait sa jeune sœur à soutenir et 600 francs pour tout héritage ; mais son talent de parole, qu'il mit d'abord au service de la cause libérale, lui valut, au barreau de Paris, une réputation précoce.

On lui confia plusieurs causes importantes, l'affaire des événements de juin 1820, celle de la conspiration du 19 août (même année) ; il rédigea une piquante consultation relative aux publications philosophiques du colonel Touquet ; enfin, dans le célèbre procès des sergents de la Rochelle, la mordante plaidoirie qu'il prononça acheva de le signaler à l'attention publique.

Le procès de Cauchois-Lemaire, poursuivi en 1828 pour une lettre adressée au duc d'Orléans, plus tard Louis-Philippe, lui fournit l'occasion de substituer à des points de faits délicats à traiter, une thèse brillante de droit constitutionnel, habilement parsemée de citations qu'il emprunta au droit public de l'Angleterre.

Il obtint encore un vif succès dans le débat survenu, à propos d'une question de propriété littéraire, entre MM. Pouillet et Grosselin; dans l'affaire du parricide Benoît, où plaidant pour la partie civile, et peignant des couleurs les plus vives le meurtre de la mère égorgée par son fils, il arracha presque en pleine audience un aveu au coupable.

Il rencontra moins de sympathies auprès du public lorsqu'il revendiqua, à propos de la pièce de Victor Hugo, Le Roi s'amuse, supprimée par la censure, le droit pour l'autorité d'examiner au préalable les ouvrages dramatiques : Victor Hugo plaida lui-même sa cause, et d'ailleurs la perdit (1832).

L'année d'avant, Chaix-d'Est-Ange avait siégé à la Chambre des députés, comme l'élu (18 février 1831), du 3e collège de la Marne (Reims), en remplacement de M. Jobert-Lucas, démissionnaire. Mais il ne se représenta pas aux élections générales qui eurent lieu quelques mois après. Ce premier et court passage de Chaix-d'Est-Ange au parlement n'avait pas répondu aux espérances du parti libéral, à en juger par cet extrait d'un des comptes rendus de la société Aide-toi, le ciel t'aidera : « Il paraît certain que M. Chaix-d'Est-Ange ne se représentera pas aux suffrages des électeurs. L'essai qu'il a fait de la tribune politique lui a montré qu'il n'était pas encore mûr pour elle. Ce qui a manqué au jeune et brillant avocat, est d'arriver à la Chambre avec des principes arrêtés, des idées formées sur les grandes questions qu'agite et que résout la représentation nationale. C'est qu'il ne suffit point, pour être bon député, d'avoir plaidé avec talent et patriotisme quelques causes politiques: le barreau et la Chambre ont des allures toutes différentes et la facilité de parole si utile au premier est quelquefois dangereuse pour l'autre. » Le député de la Marne avait voté tantôt avec les centres, tantôt avec l'opposition.

Il revint au barreau jusqu'en 1836, époque à laquelle il se remit à briguer les suffrages des électeurs de Reims : il fut élu le 25 avril en remplacement de M. Leroy-Myon, démissionnaire, et son mandat lui fut renouvelé, le 4 novembre 1837, par 369 voix (421 votants, 647 inscrits), puis le 2 mars 1839 ; il quitta de nouveau la Chambre aux élections générales de 1842, mais le décès de son successeur, M. Houzeau-Muiron lui en rouvrit les portes, le 23 novembre 1844, avec 414 voix contre 344 à Léon Faucher, par qui il fut remplacé à son tour en 1846.

Durant les diverses législatures auxquelles il appartint, Chaix-d'Est-Ange se montra plusieurs fois à la tribune. Le 2 mars 1837, il prononça contre la loi de disjonction un discours qui eut beaucoup de retentissement. Après avoir tracé le tableau des malheurs à venir qui surgiraient de l'adoption de la loi, il s'écria : « Au nom du ciel, messieurs, au nom de la justice qui est bonne, qui est sainte pour tous, qui protège les gouvernements comme les individus, la société comme les accusés; au nom de la justice elle-même, ne faites pas cela! N'exposez pas notre justice; elle est pure et respectée, elle est exposée à des faiblesses, à des erreurs ; mais ne multipliez pas les exemples qu'elle en donne, et que le respect public qui s'attache encore à elle lui soit maintenu. »

Il se fit encore applaudir par l'opposition, en rappelant à Guizot, ministre de l'instruction publique, des paroles prononcées en 1820 par Guizot, homme d'opposition. Dans la discussion du projet d'adresse en réponse au discours du trône (14 janvier 1839), il protesta contre l'abandon d'Ancône et contre une politique qui lui semblait contraire à la dignité du pays. Il parla encore sur le projet de loi relatif à la navigation intérieure, sur les questions intéressant la propriété littéraire, etc. Il suivit le plus souvent dans ses votes les inspirations de Thiers, ce qui lui attira ce conseil d'un biographe : « Que M. Chaix-d'Est-Ange y prenne garde : la bannière de M. Thiers flotte un peu à tout vent, elle est un peu taillée en girouette, et tourne selon que le vent du Château est à la faveur ou à la disgrâce. »

De 1842 à 1844, Chaix-d'Est-Ange fut bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Paris. Rallié plus tard à la politique de l'Elysée, il rentra en 1857 dans la magistrature impériale comme procureur général près la cour de Paris. Peu après, il fut nommé conseiller d'Etat, et, par décret du 2 novembre 1862, sénateur. Le 18 octobre 1863, il fut appelé à la vice-présidence du conseil d'Etat, et, le 5 octobre 1864, chargé de présider la section des travaux publics et des beaux-arts. Il avait pris part, comme commissaire du gouvernement, à plusieurs discussions importantes du Corps législatif. Il se mêla aussi au Sénat impérial à un certain nombre de débats; c'est lui qui, en mars 1868, présenta à cette assemblée le rapport sur la pétition des catholiques demandant la « liberté de l'enseignement supérieur. »

Membre et vice-président du conseil municipal de Paris, après avoir été, pendant les premiers temps de l’administration de M. Haussmann, l'avocat de la ville, il fut promu, le 13 août 1871, grand-officier de la Légion d'honneur.

Le 4 Septembre le rendit à la vie privée.

Les principaux plaidoyers et réquisitoires de M. Chaix-d'Est-Ange ont trouvé place dans les collections du Droit et de la Gazette des Tribunaux.


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