Auguste, Simon, Louis Bérard

1783 - 1859

Informations générales
  • Né le 3 juin 1783 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 23 janvier 1859 à La membrolle-sur-choisille (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Majorité conservatrice

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1827 à 1834, né à Paris, le 3 juin 1783, mort à la Membrolle (Maine-et-Loire), le 23 janvier 1859, il était d'une ancienne famille protestante de Provence qui dut, lors des guerres de religion, se réfugier dans les montagnes du haut Dauphiné ; son père, négociant estimé, fondateur de la dernière Compagnie des Indes, avait commandé à Paris un bataillon de la garde nationale, puis devenu suspect avait été condamné à mort et exécuté en 1794.

Auguste Simon-Louis Bérard n'en fut pas moins, sous la Restauration, un champion des idées libérales. Sorti de l'Ecole polytechnique, il fut nommé en 1810 auditeur et, en 1814, maître des requêtes au Conseil d'Etat. Pendant les Cent-Jours il fut chargé de plusieurs missions importantes, et reprit, au nom du gouvernement, possession de l'Imprimerie « impériale », qui en 1814 était redevenue une propriété particulière. Eloigné du Conseil d'Etat lors de la rentrée de Louis XVIII, Bérard y fut rappelé au commencement de 1817, mais pour être destitué bientôt définitivement par le ministère réactionnaire de 1820.

Membre de la Chambre de commerce de Paris en 1825, fondateur à Paris d'une maison de banque destinée à concourir à l'exécution des travaux publics, et, à Alais, d'un établissement de forges considérable, il fut, dès qu'il eut atteint l'âge de l'éligibilité (40 ans) nommé, le 17 novembre 1827, député du 2e arrondissement électoral de Seine-et-Oise (Arpajon) : il siégea à gauche, dans l'opposition libérale, et combattit le ministère Villèle ; mais il aborda rarement la tribune et son activité s'exerça plutôt dans les bureaux et les commissions. Après la session de 1829 les rangs de l'opposition s'étant grossis au point de devenir la majorité, Bérard fut parmi les 221 députés qui, le 16 mars 1830, votèrent, en réponse au discours de la couronne, la déclaration du refus de concours.

Réélu le 12 juillet 1830, il se trouvait à Paris, avec quelques-uns seulement de ses collègues de la nouvelle Chambre, au moment où parurent les Ordonnances du 25 juillet. S'étant réuni à un petit groupe de députés il leur proposa, le 26, à la réunion qui eut lieu chez M. de Laborde, de signer, au nom de la Chambre, une protestation contre les ordonnances, et d'aller la porter à Charles X ; cette proposition ne fut pas accueillie, et Bérard la renouvela sans plus de succès le lendemain, chez Casimir Périer : « Je ne m'attendais pas, dit-il alors à Villemain, à trouver tant de poltrons réunis. » Ce fut chez lui, le 28, que les députés protestataires tinrent une de leurs réunions les plus importantes. Il fit partie de la commission chargée de se rendre, les 30 et 31 juillet, auprès du duc d'Orléans pour lui offrir la lieutenance générale du royaume. À la Chambre, Bérard prononça, le 5 août, un discours dont la conclusion fut la déchéance de Charles X et de sa famille et l'établissement de la royauté de Louis-Philippe. Le même mois il fut nommé directeur général des ponts et chaussées et des mines ; peu de temps après il devint aussi conseiller d'Etat.

Soumis à réélection, il est réadmis à la Chambre le 3 novembre 1830.

Il fut encore réélu par le 3e collège de Seine-et-Oise (Corbeil) le 5 juillet 1831, et vota jusqu'en 1834, avec la majorité conservatrice de la Chambre ; mais certains démêlés qu'il eut avec les ministres à propos de ses fonctions l'obligèrent à quitter la vie publique : il se retira en Touraine. Il s'y occupait de la direction d'une filature de lin et de chanvre, lorsque le ministère Molé lui donna la recette générale du Cher : ce fut sa dernière situation officielle.

Date de mise à jour : décembre 2013


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