Ange, René, Armand de Mackau

1788 - 1855

Informations générales
  • Né le 17 février 1788 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 13 mai 1855 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Morbihan
Groupe
Majorité ministérielle

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1852 au 1er janvier 1855

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1830 à 1831, pair de France, ministre, sénateur du second Empire, né à Paris le 17 février 1788, mort à Paris le 13 mai 1855, d'une ancienne famille irlandaise qui suivit en France le roi Jacques II, petit-fils de la sous-gouvernante des sœurs de Louis XVI, il entra à seize ans dans la marine comme novice, sous les auspices de Jérôme Bonaparte dont il avait été le condisciple.

Il fit quelques campagnes avec celui-ci sur le Vétéran, devint aspirant de 1er classe en 1808, après un brillant examen à Rochefort et fut appelé au commandement d'une station de gardes-côtes qui eut d'honorables engagements avec la croisière anglaise. Sous-adjudant du contre-amiral Baudin, qu'il suivit à l'escadre de la Méditerranée, il était, en 1810, comme enseigne, second du brick l'Abeille. Le 26 mai 1811, il rencontra le brick anglais Alacrity, d'une force supérieure, n'hésita pas à l'attaquer, et s'en empara. En récompense, il fut nommé lieutenant de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur. Capitaine de frégate en 1812 après des croisières heureuses et la prise de plusieurs navires marchands, il reçut le commandement de l'escadre française chargée de protéger les côtes de Toscane. En cette qualité, au mois de décembre suivant, il participa à la défense de Livourne, et put ramener, en 1813, dans le port de Toulon, tous ses vaisseaux ainsi que les nombreux approvisionnements tirés de Livourne et de Gênes. La Restauration lui ayant conservé son grade, il devint, en 1816, second à bord de la frégate l'Eurydice; en 1818, il commanda le Golo, et fit campagne dans presque toutes les mers du globe, en même temps qu'il participa à d'importants travaux hydrographiques.

Capitaine de vaisseau le 1er septembre 1819, il fut envoyé en mission au Sénégal où l'on cherchait à fonder de vastes établissements. Après enquête, il conclut à l'abandon de ce projet et au seul maintien du comptoir existant. Selon lui, le Sénégal ne pouvait être qu'une colonie d'échanges et non d'exploitation agricole. Gentilhomme de la chambre du roi à son retour en France, puis, commandant de la Clorinde, frégate de 58 canons, en juin 1821, il eut à conduire diverses négociations avec le Chili et le Pérou; en 1825, il se rendit devant Haïti porteur d'une ordonnance royale qui spécifiait la reconnaissance de l'indépendance de l'île en même temps que certains avantages pour la France. Après d'assez longs pourparlers il obtint que l'ordonnance fut entérinée.

Contre-amiral le 1er septembre 1825, membre du conseil d'amirauté en 1828, directeur du personnel de la marine le 17 septembre 1829, il eut à préparer en partie l'expédition d'Alger, et, président du collège électoral de Lorient, fut élu député du 2e arrondissement électoral du Morbihan (Lorient), le 23 juin 1830, par 102 voix (201 votants, 228 inscrits), contre 98 à M. Fruchard. Il prêta serment au gouvernement de Louis-Philippe, renonça aux fonctions de directeur du personnel, et obtint, en 1833, le commandement de l'escadre française chargée du blocus des ports hollandais.

Peu de temps après, commandant de la station des Antilles, il alla à Carthagène demander réparation de l'insulte faite à M. Barrot, consul de France, brutalement emprisonné. Les premières négociations traînant en longueur, bien que M. Barrot eût été remis en liberté, M. de Mackau força la passe de Boca-Chica, menaça de bombarder Carthagène et obtint enfin satisfaction. En 1836, commandant en chef des forces de terre et de mer aux Antilles et gouverneur de la Martinique, il eut à se préoccuper, au cours de ses fonctions, du mouvement anti-esclavagiste qui naissait alors. Il s'efforça de maintenir l'ordre dans la colonie et d'améliorer le sort des noirs. Vice-amiral le 30 mai 1837 et, de nouveau, membre du conseil d'amirauté, il alla, en 1860, à la tête de 43 vaisseaux de guerre, faire d'énergiques démonstrations devant Rio de la Plata, démonstrations à la suite desquelles il conclut une convention avec Rosas, dictateur de la République Argentine (29 octobre 1840).

Pair de France du 20 juillet 1842, il commandait l'escadre de la Méditerranée, quand il fut appelé au ministère de la Marine et des Colonies le 24 juillet 1843, en remplacement de l'amiral Roussin. Durant son ministère, il réorganisa le service du contrôle et de la comptabilité, proposa les lois des 18 et 19 juillet 1845 qui préparaient l'abolition de l'esclavage, et celle du 3 juillet 1846, qui consacrait 93 millions à l'achèvement de notre flotte de guerre. Mais des procès scandaleux vinrent éclairer l'opinion sur les abus et le désordre qui régnaient dans l'administration de la marine; M. de Mackau s'efforça en vain d'y remédier, et accepta l'enquête demandée par la Chambre. D'un autre côté, le parlement jugeait insuffisantes les mesures qui avaient été prises contre l'esclavage, et les centres votèrent eux-mêmes la proposition de M. Ledru-Rollin. (Voy, ce nom.) Mis en échec sur une question dont le cabinet refusa de se déclarer solidaire, il donna sa démission de ministre le 8 mai 1847.

Grand-croix de la Légion d'honneur du 29 octobre 1845, M. de Mackau fut nommé amiral le 23 décembre 1847, resta à l'écart durant les événements de 1848, et entra de droit au Sénat du second Empire, en qualité d'amiral, le 26 janvier 1852. Il mourut trois ans plus tard, après avoir vainement demandé, lors de la guerre d'Orient, un commandement que l'état de sa santé ne lui eût d'ailleurs pas permis d'exercer.


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