Jean-Baptiste Teste

1780 - 1852

Informations générales
  • Né le 20 octobre 1780 à Bagnols (Gard - France)
  • Décédé le 20 avril 1852 à Chaillot (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 7 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Gard
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Gard
Groupe
Tiers parti
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 12 décembre 1834
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 13 décembre 1834 au 3 octobre 1837
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 21 juin 1839
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 juin 1839 au 11 décembre 1840
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 12 décembre 1840 au 12 juin 1842
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 16 décembre 1843
Département
Gard
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant aux Cent-Jours, député de 1839 à 1843, pair de France et ministre, né à Bagnols (Gard) le 20 octobre 1780, mort à Chaillot (Seine) le 20 avril 1852, « fils de maître Antoine Teste, avocat au parlement, et d'Elisabeth Boyer », il fit ses études chez les Joséphistes de Lyon, et se distingua, de bonne heure, par les « formes démosthéniques » de son débit oratoire, comme disait de lui Portalis.

Reçu avocat à Paris, il plaida quelque temps avec succès au barreau de cette ville, puis vint se fixer à Nîmes, où il ne tarda pas à se faire une grande réputation.

Au retour de l'île d'Elbe, Napoléon lui confia les fonctions de directeur de la police à Lyon.

En même temps, il avait été élu représentant du grand collège du Gard à la Chambre des Cent-Jours (7 mai 1815) par 50 voix sur 73 votants : mais ses fonctions administratives ne lui permirent pas de siéger.

Proscrit par la seconde Restauration, il dut se réfugier à Liège, où il reprit l'exercice de sa profession d'avocat ; s'étant fait le défenseur d'un journal, le Mercure surveillant, qui avait attaqué les gouvernements russe et autrichien, il fut expulsé du pays et ne put y rentrer qu'au bout de vingt-deux mois. Dans l'intervalle il avait tenté de se fixer à Paris, mais on lui avait refusé l'inscription au barreau. Il demeura donc à Liège jusqu'en 1830, plaidant avec succès et possédant une belle clientèle. Le roi Guillaume le chargea de diriger ses affaires domaniales, et, lors du procès qui eut lieu, au sujet du duché de Bouillon, entre les Rohan et les d'Orléans, il plaida pour ces derniers.

De retour à Paris après la révolution de Juillet, il se fit inscrire au barreau, s'y plaça bientôt au premier rang, et fut nomme avocat du domaine et du trésor.

Elu, le 5 juillet 1831, député du 4e collège du Gard (Uzès), par 217 voix (375 votants, 488 inscrits), contre 145 à M. Madier de Montjau, il siégea d'abord dans les rangs du tiers-parti libéral et se fit remarquer par son ardeur à défendre le nouveau régime. Il se mêla principalement, et avec une grande habileté, aux discussions relatives à la législation, au commerce et aux travaux publics.

Réélu, le 21 juin 1834, par 227 voix (349 votants, 464 inscrits), contre 111 à M. de Dreux-Brézé, il fut nommé, le 10 novembre suivant, ministre de l'Agriculture et du Commerce; mais il ne resta que huit jours à ce poste, devint vice-président de la Chambre, obtint sa réélection comme député, le 13 décembre 1834, par 243 voix (253 votants, 507 inscrits), puis le 4 novembre 1837, par 266 voix (276 votants, 501 inscrits), s'associa aux votes de la majorité, et, dans la session de 1838, fit partie de la coalition qui amena la chute du ministère Molé.

Réélu député, le 2 mars 1839, par 256 voix (418 votants), il accepta le portefeuille de la Justice dans le cabinet du 12 mai 1839, et sollicita le renouvellement de son mandat législatif, qu'il obtint le 22 juin suivant, par 280 voix (289 votants).

Pendant son passage aux affaires, il nomma une commission chargée d'étudier les moyens de supprimer la vénalité des offices ministériels. Le 29 février 1840, l'administration nouvelle ayant été renversée à la suite de la présentation du projet de dotation du duc de Nemours, Teste se retira avec ses collègues devant le vote hostile de la Chambre. Pour le dédommager de la lucrative clientèle qu'il avait perdue, Louis-Philippe le fit entrer, avec le portefeuille des Travaux publics, dans le cabinet formé le 29 octobre 1840 sous la présidence du maréchal Soult ; soumis à réélection, il fut réadmis à la chambre comme député du Gard le 12 décembre 1840. Il se maintint toutefois au ministère jusqu'au 16 décembre 1843, et fit voter trois lois importantes, celle de l'expropriation pour cause d'utilité publique (1841), la loi des chemins de fer (1842) et celle des brevets d'invention (1843).

Elu député du Gard une dernière fois aux élections de 1842, il fut , à sa sortie du cabinet, nommé (16 décembre 1843) président de la chambre civile à la Cour de cassation et pair de France. Grand-officier de la Légion d'honneur (1846), il jouissait alors de la plus haute considération, lorsqu'il se vit tout à coup compromis dans un procès qui eut un retentissement considérable et qui contribua puissamment à mettre en pleine lumière la corruption et la vénalité qui s'étaient introduites dans certaines régions de la politique. Au mois de mai 1847, au cours d'une instance portée devant le tribunal civil de la Seine par un nommé Parmentier, directeur des mines de sel de Gouhenans, contre divers membres de la société dont il était le gérant, auxquels il réclamait la restitution d'un certain nombre d'actions, il fut publié divers mémoires contenant des fragments de lettres écrites par le général Despans-Cubières. De cette correspondance, non désavouée par le général, il résultait que, pour obtenir la concession de l'exploitation des mines de Gouhenans, le général Cubières s'était concerté avec le sieur Parmentier afin d'acheter à prix d'argent l'appui du ministre des Travaux publics, Teste, que ce marché avait été conclu en 1842, et qu'il avait reçu son exécution. « Il n'y a pas à hésiter, disait une des lettres, sur les moyens de nous créer un appui intéressé dans le sein même du conseil. J'ai le moyen d'arriver jusqu'à cet appui ; c'est à vous d'aviser aux moyens de l'intéresser... » Les journaux donnèrent une publicité énorme à ces révélations, dont s'émut très vivement l'opinion publique. Bientôt une ordonnance royale déféra ce grave procès à la cour des pairs. En conséquence, le 8 juillet 1847, le général Despans-Cubiéres ancien ministre de la Guerre, Teste, Parmentier et le sieur Pellapra, ancien receveur général, qui avait servi d'intermédiaire entre les coaccusés et l'ancien ministre des Travaux publics, furent traduits devant cette haute juridiction sous l'inculpation de corruption, et Cubières ainsi que Pellapra sous celle d'escroquerie.

La veille, Teste s'était démis de toutes ses fonctions publiques. Le roi, dit-on, gourmanda fort le chancelier pour avoir mis Teste en prévention : « Vous avilissez, lui dit-il, l'autorité, la puissance, le gouvernement. » Teste comparut devant la Chambre des pairs, nia énergiquement avoir reçu de Despans-Cubières une somme de 94 000 fr. pour concéder les mines de Gouhenans; mais, le 12, Mme Pellapra, dont le mari était en fuite, fit parvenir à la cour des pièces accablantes contre Teste : c'étaient des fragments de livres et de papiers qui prouvaient que l'ex-ministre avait bien reçu la somme ; le témoignage d'un agent de change vint confirmer les opérations faites afin de transformer les valeurs de la société en argent, puis une partie de l'argent en bons du trésor. À cette nouvelle, l'ancien ministre, désespéré, tenta de se tuer (12 juillet) en se tirant à la tempe et dans la région du cœur deux coups d'un pistolet que lui avait apporté son fils, mais qui ne produisirent qu'une blessure légère. Le lendemain, il refusa de venir à l'audience, « les pièces produites, écrivit-il au chancelier, ne laissant plus de place à la contradiction. »

Dès lors le procès était jugé. Le 17 juillet, la cour condamna Teste à trois ans d'emprisonnement, à la restitution des 94 000 francs et à une amende de pareille somme à verser dans la caisse des hospices de Paris.

Transféré à la prison du Luxembourg, qu'il avait fait construire et où il fut le premier ministre enfermé, il y resta jusqu'au 13 août 1849, obtint alors du président Louis-Napoléon Bonaparte l'autorisation de terminer sa peine dans une maison de santé à Chaillot, ainsi qu'une remise de 60 000 francs sur l'amende qu'il avait encourue.

En juillet 1850, Teste quitta la maison de santé et mourut moins de deux ans plus tard.

Date de mise à jour: janvier 2014


Retour haut de page