Jean-Baptiste, Claude, Raynault Huet de Coëtlisan

1769 - 1823

Informations générales
  • Né le 8 juin 1769 à Nantes (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 12 décembre 1823 à Savenay (Loire-Atlantique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 14 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Gironde
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à la Chambre des Cent-Jours, né à Nantes (Loire-Inférieure) le 8 juin 1769, mort à Savenay (Loire-Inférieure) le 12 décembre 1823, d'une famille de magistrats, il fit ses études au collège des Oratoriens de Nantes, puis fut reçu avocat à Rennes au début de la Révolution, dont il se déclara le partisan.

Collaborateur de la Chronique du département de la Loire-Inférieure, organe des patriotes, délégué de la garde nationale de Nantes à la Fédération de 1790 et membre du conseil communal de Nantes (1792), il inclina vers le parti des Girondins, et se compromit par ses correspondances avec les fédéralistes du Calvados ; en 1793, il dut, pour n'être pas inquiété, se réfugier à l'armée des Pyrénées-Orientales, où il se distingua comme quartier-maître des compagnies franches, puis comme capitaine d'état-major, aide-de-camp du général Dugommier.

Quand il eut quitté le service, il revint à Nantes et entra dans l'administration; secrétaire général du département de la Loire-Inférieure sous le Directoire, il rendit à son pays natal des services appréciés, contribua à la création d'une Ecole centrale, d'un Institut des sciences et des arts, travailla à la statistique du département, et, après avoir refusé, dit-on, le portefeuille de la Justice, refusa encore, en 1802, le titre de membre du Tribunat que lui offrait Napoléon.

Cette attitude indépendante déplut à l'Empereur, qui le fit impliquer en 1806, avec le receveur général du département, dans une affaire de faux en écritures publiques. Huet fut acquitté; néanmoins le gouvernement le retint en prison.

Rendu enfin à la liberté, Huet fut nommé, en 1809, sous-préfet de Bazas ; il fit preuve, dans ce nouveau poste, de sang-froid et de courage, et resta en fonctions jusqu'à la Restauration, qui le destitua.

Pendant les Cent-Jours, il reçut le titre de chef de la première division au ministère de l'Intérieur, et fut élu d'autre part, le 14 mai 1815, par l'arrondissement de Bazas, à l'unanimité de 30 votants, membre de la Chambre des représentants. Huet de Coëtlisan proposa à l'Assemblée la formation de trois commissions pour délibérer sur un rapport du ministre de la Police et sur les mesures à prendre.

Son hostilité au rétablissement du pouvoir royal le fit incarcérer à la Conciergerie lors du second retour des Bourbons ; il demeura en prison du 1er mai 1816 au 8 mars 1817 ; après quoi il fut relâché, sans avoir subi aucun interrogatoire et sans qu'on lui eût fait connaître les motifs de sa détention.

Entré plus tard au Journal du commerce, pour y rédiger la partie politique, il fut encore en butte aux poursuites du ministère Villèle, et le tribunal correctionnel le condamna (novembre 1822) pour attaques contre le gouvernement. Après cette affaire il se retira à Savenay et mourut l'année suivante.

Administrateur habile et publiciste distingué, Huet de Coëtlisan a laissé d'importants travaux de statistique et d'économie politique, un traité de l'Organisation de la puissance civile dans l'intérêt monarchique, ou de la nécessité d'instituer les administrations départementales et municipales en agences collectives (1820), et divers manuscrits inachevés ou inédits, comme une Histoire des Courtisans de Rome, écrite en latin, et des Recherches sur l'économie politique des Anciens, sur les moyens qu'ils mettaient en usage pour faire vivre leurs armées et transporter leur matériel de campagne.


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