Régis, Barthélémy Mouton-Duvernet

1770 - 1816

Informations générales
  • Né le 3 mai 1770 à Puy-en-velay (Haute-Loire - France)
  • Décédé le 27 juillet 1816 à Lyon (Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 12 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Haute-Loire
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à la Chambre des Cent-Jours, né au Puy (Haute-Loire) le 3 mars 1769, fusillé à Lyon (Rhône) le 27 juillet 1816, il s'engagea à 17 ans dans le régiment de la Guadeloupe, passa en 1793 à l'armée des Alpes, et se distingua au siège de Toulon, en qualité de capitaine adjudant-major.

Il y fit la connaissance de Bonaparte qui l'appela à l'armée d'Italie en 1796. Grièvement blessé à Arcole, chef de bataillon à la paix de Campo-Formio, membre de la Légion d'honneur en l'an XII, il resta en Hollande pendant la campagne de 1805, mais assista à Iéna et à Friedland. Sa conduite à cette dernière bataille lui valut le grade de colonel du 63e de ligne (juillet 1807). Créé baron de l'empire le 29 juin 1808, il alla ensuite en Espagne, et s'y distingua à l'assaut d'Uclès (12 janvier 1809), et à la bataille de Medellin. Général de brigade le 21 juillet 1811, et général de division le 4 août 1813, il fit la campagne de Russie et celle de Saxe, et se signala particulièrement à Bautzen et à Dresde.

La première Restauration le fit chevalier de Saint-Louis et gouverneur de Valence. Dès qu'il apprit le retour de l'empereur, Mouton-Duvernet se rendit au-devant de lui, fut nommé gouverneur de Lyon, et fut élu, le 12 mai 1815, représentant à la Chambre des Cent-Jours par l'arrondissement du Puy-en-Velay, avec 41 voix (72 votants). Après Waterloo, il demanda aux représentants d'acclamer Napoléon II empereur. « A ce nom, dit-il, il n'y aura pas un Français qui ne s'avance pour défendre l'indépendance nationale... L'armée de la nation se rappelle que, sous Louis XVIII, elle a déjà été profondément humiliée; elle se rappelle qu'on a traité de brigandages les services qu'elle a rendus à la patrie depuis vingt-cinq ans...»

Compris, à la seconde Restauration, dans l'ordonnance de proscription du 24 juillet 1815, il fut traduit devant une juridiction militaire pour « avoir trahi le roi et attaqué la France et le gouvernement à main armée avant le 13 mars ». Il resta caché pendant un an chez M. de Meaux, maire royaliste de Montbrison, puis il se constitua prisonnier, comparut, le 15 juillet 1816, devant le conseil de guerre de Lyon, présidé par le général Darmagnac, et fut condamné à mort. En vain on en appela au conseil de révision; en vain sa femme présenta un recours en grâce au comte d'Artois et au duc de Berry, et chercha à implorer Louis XVIII, le roi ne lui répondit que ces paroles : « Je ne peux vous accorder votre demande. » Le 27 juillet, Mouton-Duvernet fut passé par les armes sur le chemin des Etroits.

M. Bouchet, dans sa Notice sur Mouton-Duvernet, a écrit: « Un banquet eut lieu à Lyon (peu de jours après l'exécution) ; des toasts célébrèrent la mort du général et, pour compléter cette odieuse parodie, les convives exigèrent qu'on leur servit un foie de mouton qui fut aussitôt percé de cent coups de couteau.»


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