Pierre Charié

1915 - 1973

Informations générales
  • Né le 14 janvier 1915 à Egry (Loiret - France)
  • Décédé le 12 mars 1973 à Egry (Loiret - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Loiret
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Loiret
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Loiret
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Loiret
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 12 mars 1973
Département
Loiret
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

CHARIé (Pierre)
Né le 14 janvier 1915 à Egry (Loiret)
Décédé le 12 mars 1973 à Egry

Député du Loiret de 1958 à 1973

Fils d’un négociant en vins, Pierre Charié naît en 1915 à Égry, petite commune rurale du Gâtinais. Il y fréquente l’école communale avant de rejoindre l’école Saint-Grégoire à Pithiviers puis le collège Durzy à Montargis. À 18 ans, il commence à seconder son père dans le commerce de vin. Mobilisé en 1939 en tant que sous-officier, il combat dans la région de Vouziers et est fait prisonnier à proximité de Toul. Il s’évade du camp de Châlons-sur-Marne en février 1941. Revenu dans le Pithiverais, il s’engage dans la Résistance en avril et prend rapidement contact avec le colonel Buckmaster à Londres. S’organise alors une filière d’évasion pour les pilotes alliés abattus puis pour mettre en œuvre des parachutages d’hommes et de matériel. Il devient commandant départemental des forces françaises combattantes de l’intérieur en 1944 et, à la Libération, commandant du bataillon de marche du Loiret, intégré au 95ème régiment d’infanterie. Il ressort de son stage à l’école d’officiers de Saint-Maixent confirmé dans son grade de capitaine. De retour dans le Loiret, il est désigné comme liquidateur national du réseau action « Étienne Leblanc » (son nom de résistant) des groupes Buckmaster.

Pierre Charié est l’un des principaux actionnaires du Courrier du Loiret, hebdomadaire local qui commence à paraître en janvier 1945. En vue des élections législatives d’octobre 1945, il projette, avec l’ancien sous-préfet de Pithiviers Michel Junot, de présenter une liste paysanne de la France combattante, sur le modèle de ce que propose André Labarthe. L’idée est finalement abandonnée. Il adhère au RPF en 1947 et entre dans les instances dirigeantes du département, notamment en tant que vice-président du comité d’arrondissement de Pithiviers en 1948. Il est élu conseiller municipal d’Égry en novembre 1947 et conseiller général RPF de Pithiviers en mars 1948 à l’occasion d’une élection partielle. Il est ensuite réélu sans interruption à ce poste. Il se marie cette année-là avec Melle Michelle Ouachée, avec qui il élèvera quatre enfants.

Dans une lettre qu’il adresse en novembre 1949 au Général de Gaulle, il exprime avec Jean Viscardi son inquiétude quant à la dérive du RPF du Loiret vers l’extrême droite, sous l’influence de ses principaux responsables départementaux. En conséquence, aux législatives de mai 1951, il mène une liste indépendante d’action républicaine sociale et paysanne qui fait concurrence à celle menée par Henri Duvillard, ce qui lui vaut d’être exclu du RPF. Son souhait de réintégrer le mouvement le conduit sans doute à rester neutre à l’occasion des législatives partielles d’octobre. Il succède à son père à la mairie d’Égry en mai 1953. Aux législatives de janvier 1956, il est deuxième sur la liste d’union des indépendants et paysans menée par Pierre Perroy. La liste ne bénéficiant pas d’apparentement, aucun d’eux n’est élu.

Candidat dans la 3ème circonscription du Loiret, celle de Pithiviers, il bénéficie de l’investiture de l’UNR, du CNIP et du Centre Républicain pour les législatives de novembre 1958. Face à cinq autres candidats, il arrive largement en tête au premier tour avec 43,9 % des suffrages exprimés, soit plus du double du candidat Républicain de centre gauche et plus du triple du candidat communiste. Au second tour, face à ceux-ci, il emporte l’élection avec 62,9 % des suffrages exprimés. Il siège sur les bancs de l’UNR, dont il suit les consignes de vote, et au sein de la Commission de la production et des échanges. Ses deux interventions au cours de la législature portent sur la situation algérienne – il fait part, le 7 décembre 1960, d’une visite récente à Orléansville et du désir des Algériens de « faire leur avenir avec la France » –, et sur la restauration des immeubles ruraux abandonnés, en juillet 1962.

Il devient secrétaire du conseil général du Loiret en 1961.

Pierre Charié, sous la seule bannière UDR cette fois-ci, n’affronte que trois candidats lors des législatives de 1962 : un communiste, un ancien MRP sans étiquette et un Indépendant de Défense agricole. Il obtient au soir du premier tour 55,1 % des suffrages exprimés, ce qui le conduit à nouveau sur les bancs de l’Assemblée nationale, parmi les députés du groupe UNR-UDT. Il retrouve la Commission de la production et des échanges, et siège à la Commission plénière de la Caisse nationale de crédit agricole. Il n’intervient pas en séance au cours de ce mandat ; ses votes suivent ceux de la majorité gaulliste.

Au soir du premier tour des élections législatives de 1967, le candidat UNR rassemble 49,2 % des suffrages exprimés. Arrivé second avec 16,1 % de ceux-ci, Pierre Bordry, jeune candidat du Centre démocrate, chef de cabinet de Jean Lecanuet, se retire, ce qui permet au candidat de la FGDS, qui dépasse le candidat communiste de 51 voix avec 14,9 % des suffrages, d’affronter Pierre Charié au second tour. Sans surprise, le député sortant est réélu le dimanche suivant, avec 61,7 % des suffrages exprimés. Membre du groupe d’Union démocratique pour la Cinquième République, il est à nouveau membre de la Commission de la production et des échanges. Il n’intervient pas au cours de la législature.

L’élection législative de 1968 donne aux électeurs de la troisième circonscription du Loiret le choix entre quatre des candidats au scrutin de 1967, le candidat « Social Démocrate Républicain », ne se représentant pas. Pierre Charié, qui défilait au bras d’André Malraux sur les Champs-Élysées au soir du 30 mai, fait campagne sur un ton alarmiste : « Comme il y a un quart de siècle, la patrie est à nouveau en danger. » Les candidats de gauche retrouvent les mêmes scores qu’en 1967, le candidat centriste perd 800 voix, soit pour chacun 13 à 14 % des suffrages exprimés. Le reste va au candidat de l’Union pour la Cinquième République, qui est réélu au soir du premier tour avec 58,7 % des exprimés.

Membre du groupe UDR, il siège toujours au sein de la Commission de la production et des échanges. Il intervient en juillet 1968 pour s’inquiéter du non respect de la neutralité politique dans les écoles et des pressions qu’ont subies certains non grévistes pendant le printemps. Lors d’un débat sur la réforme de la SNCF, il plaide pour le maintien de certaines lignes dans le Loiret et pour un effort qualitatif du service afin d’en améliorer la fréquentation. Il défend également la décentralisation de l’emploi, qui doit être couplée à une politique de logement volontariste en province. Enfin, il se fait le porte-parole des négociants en vin pour défendre une production viticole de qualité.

On retrouve les mêmes candidats pour les législatives de 1973, auxquels s’ajoute un PSU, qui n’obtient que 5,4 % des suffrages exprimés. Le candidat PS-Radicaux de gauche obtient à nouveau 13 % de ces suffrages, alors que le communiste Raymond Pichon gagne 1800 voix (16 % s. u.), ce qui le qualifie pour le deuxième tour. Le CDS Pierre Bordy, chef de Cabinet du président du Sénat, augmente lui son score de presque 4500 voix (22,2 %) au terme d’une campagne énergique. Mais, malgré la perte de 6000 voix, le député sortant rassemble encore 23,3 % des voix sous les couleurs de l’Union des Républicains de Progrès. Au deuxième tour, le centriste reste stable (23,3 %), le communiste bénéficie d’un bon report de voix, en gagnant 6000 voix (28,3 %) et Pierre Charié en gagne 2500 (48,4 %). Le voici député de la troisième circonscription du Loiret pour le cinquième mandat consécutif.

Au lendemain de cette réélection, après avoir rédigé les remerciements d’usage aux électeurs qui venaient de le réélire, il se donne la mort à son domicile, à l’âge de 58 ans. Il est remplacé à l’Assemblée nationale par le maire de Saint-Benoît-sur-Loire, Gaston Girard, son fidèle suppléant depuis 1958. Son fils Jean-Paul, qui reprend les rênes de l’hebdomadaire, lui succède en 1981 dans la même circonscription : le candidat RPR devient alors à 29 ans le benjamin de l’Assemblée.

Pierre Charié était chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-45, Médaille de la Résistance, Distinguished Service Order, Medal of Freedom

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