Marc, Antoine, Marie, Hyacinthe de La Boëssière de Lennuie

1766 - 1846

Informations générales
  • Né le 11 décembre 1766 à Graces (Côtes d'Armor - France)
  • Décédé le 11 août 1846 à Ploërmel (Morbihan - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Morbihan
Groupe
Droite
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Morbihan
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 4 septembre 1830
Département
Morbihan
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1824 à 1830, né à Grâces (Côtes-du-Nord) le 11 décembre 1766, mort à Ploërmel (Morbihan) le 11 août 1846, « fils de Bertrand Pierre Marie de la Boëssière, chef de ses nom et armes, marquis de la Boëssière, chevalier, lieutenant des maréchaux de France et juge du point d'honneur à Guingamp, et de dame Marie-jeanne Tavignon de Kertanguy, » il entra jeune dans l'armée, fut bientôt appelé à l'état-major du lieutenant-général marquis de Langeron, émigra sous la Révolution, et servit à l'armée des princes comme officier supérieur.

Attaché à l'état-major du comte d'Artois, il fut chargé par lui de plusieurs missions périlleuses tant en Bretagne qu'à Paris après le 18 fructidor.

De retour en France sous le Consulat, il s'occupa d'abord d'agriculture ; puis, partisan zélé de la Restauration, il se rendit à Gand pendant les Cent-Jours, dirigea la prise d'armes de 1815 en Bretagne, et, promu maréchal de camp, commanda successivement les départements d'Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord.

Le 25 février 1824, il fut élu député par le 4e collège du Morbihan (Ploërmel), avec 91 voix (95 votants, 108 inscrits). M. de la Boëssière ségea au côté droit et aborda quelquefois la tribune ; dans la discussion de la loi contre la presse (janvier 1827), il dit notamment :

« Je vote pour la loi qui nous est proposée, parce que j'ai fait serment d'obéir au roi, et je déclare que je voterai de même pour toutes les propositions émanées de l'autorité. »

Il demanda spécialement, sans succès, que les journalistes ne pussent assister aux séances de la Chambre, et se bornassent à en rendre compte en copiant in extenso le Moniteur. Il proposa encore une modification au règlement tendant à la nomination d'une commission chargée de lire et de surveiller les comptes rendus des journaux. L'idée ne fut pas rejetée, la commission fut nommée, et les journaux du temps ne tarirent pas sur la commission la Boëssière. M. de la Boëssière soutint lui-même sa proposition qui, d'ailleurs, n'aboutit pas.

Réélu député, le 17 novembre 1827, par 70 voix (84 votants, 95 inscrits), il soutint le ministère Polignac, vota avec la minorité contre les 221, et fut chargé par les membres de cette minorité de se mettre à leur tête, et de venir, dit un biographe légitimiste, « déposer au pied du trône le tribut de leurs respects et de leurs regrets. »

Le 23 juin 1830, il obtint encore le renouvellement de son mandat avec 65 voix (94 votants, 101 inscrits), contre 29 au général Fabre ; mais il ne voulut pas prêter serment au gouvernement de Louis-Philippe et refusa de siéger dans les termes suivants :

« 2 septembre 1830.
« Monsieur le président,

« Tombé malade au moment ou j'allais me rendre à la Chambre, je n'ai pu assister à ses premières séances. Je m'y serais élevé, comme plusieurs de nos honorables amis, contre les droits qu'elle s'est attribué d'ôter et de donner la couronne, ainsi que de changer la Charte.
« Dans l'état actuel des choses, je ne me démets pas du mandat dont je suis revêtu; mais je me refuse de siéger dans une Chambre où ma présence serait en opposition avec le serment que j'avais prêté pour avoir le droit d'y être, et avec tous les sentiments qui avaient fondé dans mes commettants la confiance dont ils m'ont honoré.
« J'ai l'honneur, etc.
« MARQUIS DE LA BOESSIÈRE. »

Considéré comme démissionnaire, M. de la Boëssière se retira à son château de Malleville, près Ploërmel. Il fut remplacé à la Chambre par M. Gaillard de Kerbertin.

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