Jean, Joseph Tarayre

1770 - 1855

Informations générales
  • Né le 21 mai 1770 à Soulsac (Aveyron - France)
  • Décédé le 27 novembre 1855 à Rodez (Aveyron - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 24 avril 1820 au 9 mai 1823
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Extrème-gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1819 à 1823, né à Soulsac, commune de Salles (Aveyron), le 21 mai 1770, mort à Rodez (Aveyron) le 27 novembre 1855, le second des neuf enfants de François Tarayre et d'Antoinette Pouzols, cultivateurs aisés, fut destiné d'abord à l'état ecclésiastique et placé au séminaire de Saint-Geniez ; mais, faute de vocation, il fut envoyé au collège royal de Rodez, et y termina ses études en 1789.

Partisan des idées nouvelles, il fut délégué par son département à la fête de la Fédération (14 juillet 1790), et partit, comme volontaire, le 4 juillet 1792, avec le grade de capitaine élu dans le 2e bataillon de l'Aveyron, qui fit successivement partie de la 56e et de la 85e demi-brigade. Il fut blessé au siège de Toulon, passa à l'armée des Alpes, et se distingua en Italie jusqu'au traité de Campo-Formio (17 octobre 1797).

Il suivit Bonaparte en Egypte, puis en Syrie, fut mis à l'ordre du jour au siège de Saint-Jean-d'Acre, et fut nommé chef de bataillon (24 floréal an VII). Son intrépidité décida de la victoire d'Héliopolis (29 floréal an VIII), et lui valut le grade d'adjudant-général provisoire (22 vendémiaire an IX), et le commandement de la place de Suez. Placé, le 21 floréal an IX, à la tête de la 21e demi-brigade il se battit à Canope, assista au siège du Caire et revint en France quelques mois après.

Le premier Consul le mit à la tête de la subdivision militaire de la Haute-Loire et du Cantal; il réunit les matériaux d'une histoire de la 21e demi-brigade, devenue le 21e de ligne, fut appelé, en 1803 au camp de Bruges, en 1804 au camp de Boulogne, servit sous Louis Bonaparte à l'armée du Nord, et, lorsque ce dernier fut placé sur le trône de Hollande, resta auprès de lui comme colonel des grenadiers de la garde (15 juillet 1806), puis comme colonel général (30 août suivant). Il réorganisa l'armée hollandaise, supprima la bastonnade, s'entremit souvent entre le roi Louis et la reine Hortense, et obtint à grand'peine la proclamation officielle à Amsterdam de la naissance du prince Louis-Napoléon, qui fut plus tard Napoléon III. Lieutenant-général dans l'armée hollandaise en 1808, et capitaine des gardes du corps du roi, grand-croix de l'ordre de l'Union (17 février 1809), créé comte de Gorcum pour avoir sauvé cette ville d'une inondation, il défendit Bergop-Zoom contre la flotte anglaise, puis, sentant pour le roi Louis l'impossibilité de se maintenir sur le trône de Hollande en face des exigences toujours croissantes de l'empereur, donna sa démission de ses fonctions et dignités en Hollande (30 janvier 1810), et se retira dans sa famille, à Soulsac. Le 1er juillet suivant, le roi Louis abdiquait.

A Soulsac, Tarayre s'occupait d'agriculture, lorsque Napoléon le rappela à l'activité (28 janvier 1812), avec le grade de général de brigade. Envoyé à l'état-major de la grande armée (9 février suivant), il assista à tous les combats de la campagne de Russie, et commanda l'arrière-garde du corps de Davout pendant la retraite où il eut les pieds gelés. Commandant d'observation de l'armée du Rhin (1er mars 1813), il se battit à Lutzen et à Bautzen, fut promu (20 août 1813) commandeur de la Légion d'honneur (il était légionnaire du 19 frimaire an XII), prit part à la bataille de Leipzig, comme chef d'état-major général du 3e corps, perdit ses bagages dans la retraite, se battit à Hanau, et dut rejoindre Marmont comme commandant d'une brigade de la 51e division du 4e corps.

L'état de sa santé lui ayant fait demander alors un emploi moins actif, l'empereur voulut le conserver à l'armée (lettre du 16 novembre 1813), et lui donna à commander la première brigade de la division de réserve de Paris. Presque aussitôt il fut chargé d'organiser en bataillons les gardes champêtres des départements au nord de la Seine ; cette organisation ayant été abandonnée, Tarayre reçut le commandement du département de la Somme (29 mars 1814).

La chute de l'empire annula cette nomination. Tarayre fut mis en non-activité le 1er septembre 1814; mais Louis XVIII le créa chevalier de Saint-Louis, et le nomma (20 janvier 1815) lieutenant général et inspecteur des gardes nationales de la 1re division militaire, Paris excepté.

Aux Cent-Jours, Napoléon l'envoya à l'armée du Nord (6 avril 1815), puis le chargea de l'organisation des gardes nationales de la 13e division (Rennes). Tarayre sut maintenir l'ordre dans sa division après la seconde abdication, et, lorsque le drapeau blanc fut arboré à Rennes (10 juillet 1815), remit le commandement au général Bigarré ; il fut mis en non-activité le 1er août.

En 1816, il publia : Moyens de pacifier L'Europe, véritable réquisitoire contre l'Angleterre, collabora (1817) au Censeur européen, organe libéral, et fut porté, aux élections du 11 septembre 1819, par les « amis de la Charte », comme candidat à la députation dans le grand collège de la Charente-Inférieure, qui l'élut par 505 voix (810 votants, 1,849 inscrits). Son élection fut invalidée pour une singulière irrégularité de formes: l'un des deux candidats, entre lesquels le ballottage était obligatoire, s'étant désisté, on prétendit que ce désistement ne devait pas empêcher l'exécution littérale de la loi, et qu'il fallait recommencer.

Le général Tarayre fut réélu, au nouveau scrutin du 24 avril 1820, par 442 voix (689 votants, 1,595 inscrits). Il prit place à côté des six députés de l'extrême-gauche et débuta par une attaque violente contre le budget (3 juillet); son discours ayant été tronqué par le Moniteur, il le fit rétablir dans le Courrier, et notamment ce passage : « Rien ne prouve mieux la désaffection de la majorité de la nation pour le gouvernement que la nécessité où il s'est trouvé de changer la loi des élections. Il n'y avait en France que 90,000 électeurs, eh bien, c'était encore trop; et le ministère vous propose de donner toute l'influence électorale à moins de 15,000 électeurs privilégiés. » Le ministère répondit au général en le mettant en traitement de réforme et en ordonnant la saisie de son discours.

Dans la session de 1821, il combattit la loi sur l'échelle mobile, entra dans le comité dirigeant du carbonarisme en 1822, et ne se représenta pas aux élections de 1824.

Retiré à Soulsac, il applaudit à la révolution de 1830, et prit, le 3 août, le commandement de la garde nationale de Rodez, afin d'assurer, avec le maintien de l'ordre, le triomphe de la révolution de juillet. La Fayette, dont il était l'ami, le fit nommer (29 octobre) inspecteur et organisateur des gardes nationales de cinq départements ; le 7 février 1832, il fut relevé de la retraite, et admis dans le cadre de réserve de l'état-major général. Les accusés d'avril 1834 le choisirent au nombre de leurs défenseurs, mais la cour des pairs n'accepta pour cette mission que des avocats inscrits au tableau.

Il tenta, aux élections de la même année, de rentrer à la Chambre des députés; sa candidature trop avancée pour l'Aveyron fut mal accueillie, et il ne conserva que le titre de conseiller général de Marcillac (1830-1848). En avril 1848, il déclina la candidature qui lui fut offerte à l'Assemblée constituante, et vécut dans la retraite jusqu'à sa mort.

On a de lui : De la forme des gouvernements ou des rapports qu'elle doit avoir avec leur nature et leur constitution (1819), de nombreuses brochures sur l'agriculture et l'économie rurale, et quelques écrits historiques et militaires.


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