Louis, Jacques Thénard

1777 - 1857

Informations générales
  • Né le 4 mai 1777 à La louptière (Aube - France)
  • Décédé le 21 juin 1857 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Yonne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Yonne
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1827 à 1831 et pair de France, né à la Louptière (Aube) le 4 mai 1777, mort à Paris le 21 juin 1857, « fils d'Anne-Amable Thénard, laboureur, et de Cécile Savourat », il reçut de son curé des leçons élémentaires de latin, de grec et de mathématiques, et partit pour Paris, à 17 ans, en 1794.

Désirant être pharmacien, il suivit des cours de chimie, et y mit tant d'ardeur et d'application que Vauquelin le reçut dans son laboratoire, comme préparateur, ainsi que Fourcroy. Vauquelin obtint pour lui, en 1797, une place de professeur dans une institution de Paris, et le fit nommer, le 1er nivôse an VII, répétiteur de chimie à l'Ecole polytechnique. Thénard conserva cette situation jusqu'au 1er vendémiaire an XIII, ayant été nommé, le 29 germinal an XII, professeur de chimie au Collège de France, en remplacement de Vauquelin. Dans cet intervalle, il s'était lié intimement avec Gay-Lussac, et avait publié différents mémoires sur les phosphates, les tartrates et l'acide acétique. Il prépara, sur l'invitation du ministre Chaptal, le bleu à base de cobalt dit bleu Thénard, indiqua un moyen de produire en grand la céruse et de rectifier les huiles végétales, et prouva que les oxydes étaient à proportions fixes. Il fut l'un des plus jeunes savants appelés à faire partie de la réunion que Berthollet et Laplace fondèrent à Auteuil.

Il venait de terminer ses recherches sur les éthers, lorsque l'empereur lui confia, ainsi qu'à Gay-Lussac, la pile gigantesque dont il avait fait don à l'Ecole polytechnique. Le résultat de leurs travaux fut consigné dans deux importants mémoires : Recherches physiques et chimiques faites à l'occasion de la grande batterie voltaïque donnée par S. M. I. et R. à l'école polytechnique (1809, 2 volumes), et Recherches physico-chimiques faites sur la pile, sur la préparation chimique et les propriétés du potassium et du sodium, sur la décomposition de l'acide borique (Paris, 1811, 2 volumes). En même temps les réactifs ordinaires leur permettaient de découvrir la base, la nature du chlore, et la force de combinaison dite force catalytique.

Professeur de chimie à la faculté des sciences depuis le 14 avril 1809, Thénard fut nommé professeur de chimie à l'Ecole polytechnique le 17 février 1810, et membre de l'académie des sciences, en remplacement de Fourcroy, le 29 janvier 1810.

Il voulut alors revoir son village natal, et épousa, peu après, Mlle Humblot, petite-fille de Conté. La clarté de sa diction que contrariait à peine un certain accent provincial, autant que le choix de ses expériences, assura le succès de ses cours. Sous l'Empire, bien que resté en dehors de la politique, on l'accusa d'être un des agents occultes du parti des princes.

Il applaudit au retour des Bourbons, reçut, le 25 octobre 1814, la croix de la Légion d'honneur, et, après les Cent-Jours, fut nommé, le 5 septembre 1816, professeur en Sorbonne et membre de la commission de l'instruction publique. En 1818, il mit le comble à sa réputation en découvrant et en expérimentant l'eau oxygénée; il publia à ce propos dans les mémoires de l'Académie des sciences un important travail : Mémoire sur la combinaison de l'oxygène avec l'eau et sur les propriétés extraordinaires que possède l'eau oxygénée. En 1825, Charles X lui accorda des lettres de noblesse et le titre de baron.

Elu, le 17 novembre 1827, député du 1er arrondissement électoral de l'Yonne (Villeneuve-le-Roi), par 168 voix (258 votants, 310 inscrits), contre 82 à M. Vuitry, et réélu, le 12 juillet 1830, par 217 voix (303 votants, 356 inscrits), contre 82 à M. Chaudot, il se montra ami de la Charte, combattit le ministère Villèle-Peyronnet, parla sur les entraves qui gênaient le commerce et l'industrie, fut rapporteur de la loi du 14 juin 1829, en vertu de laquelle l'ancienne monnaie française n'a plus eu cours à partir du 1er avril 1834, donna sa démission à la révolution de 1830, mais fut réélu, le 21 octobre suivant, par 197 voix (244 votants, 343 inscrits), contre 44 à M. Lecomte, ancien avoué.

Ayant échoué, le 5 juillet 1831, avec 103 voix, contre 166 à l'élu, M. Bellaigue, il fut nommé pair de France le 11 octobre 1832.

Membre honoraire de l'Académie de médecine, vice-président du conseil supérieur de l'instruction publique, président de la société d'encouragement pour l'industrie nationale, membre depuis 1823 du jury des expositions françaises, commandeur de la Légion d'honneur en mai 1837, administrateur du Collège de France en remplacement de Sylvestre de Sacy en 1838, grand-officier de la Légion d'honneur en décembre 1842, il fut en outre le fondateur (2 mars 1852) de la Société des amis de la Science, à laquelle il légua une somme considérable. Thénard en effet était devenu fort riche, par les générosités des souverains autant que par la méthodique exploitation de son brevet du bleu-Thénard.

Après sa mort, on lui éleva, le 20 juillet 1861, une statue à Sens, et, par décret de 1865, son village natal fut autorisé à prendre le nom de la Louptière-Thénard.

Outre les ouvrages déjà cités, on a encore de lui :
- Notice sur les tartrates, dans les Annales de Chimie (Tomes 38 et 41) ;
- Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique, suivi d'un essai sur la philosophie chimique et d'un précis sur l'analyse (Paris, 1813-16, 4 volumes) ;
- Sur l'analyse de la sueur, l'acide qu'elle contient, et les acides de l'urine et du lait, dans les Annales de chimie, (Tome 59) ;
- Sur la fermentation vineuse, ibid. (Tome 46) ;
- Sur l'eau oxygénée, dans les Annales de Physique et de chimie (Tomes 8 à 9) ;
- Sur la lumière produite par la compression du gaz, ibid. (Tome 43).


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