Frédéric Chevillon

1879 - 1915

Mort pour la France

Informations générales
  • Né le 12 janvier 1879 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 21 février 1915 à Les eparges (Meuse - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 21 juillet 1912 au 31 mai 1914
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 21 février 1915
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 12 janvier 1879 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort au Champ d'honneur, le 21 février 1915 aux Eparges (Meuse).

Fils de Joseph Chevillon (1849-1910), député des Bouches-du-Rhône de 1885 à 1889 et de 1893 à 1902, Frédéric Chevillon était administrateur des services civils en Indochine, puis chef de Cabinet de M. Delcassé, Ministre de la Marine.

Ses contacts avec d'éminents hommes politiques l'amenèrent à se présenter dans la 4e circonscription de Marseille à l'élection partielle du 21 juillet 1912 qui avait pour but de remplacer M. Henri Brisson mort le 14 avril précédent. Sans doute était-il mû également par le désir de retrouver le siège que son père, Joseph Chevillon, avait abandonné en 1902 à son ami Brisson pour assurer la réélection de ce dernier. Frédéric Chevillon fut élu au deuxième tour de scrutin, par 4.455 voix contre 4.263 à M. Lévy et 602 à M. Artaud, sur 9.602 votants.

Inscrit au groupe de la gauche radicale, il appartint à diverses commissions, notamment à celle de la marine. Il se fit entendre au cours de la discussion : du budget de l'agriculture de l'exercice 1913, au sujet des travaux hydrauliques et d'améliorations agricoles (1912) et du projet de loi relatif aux retraites des agents des chemins de fer secondaires d'intérêt général, des chemins de fer d'intérêt local et des tramways (1913). Au début de la session ordinaire de 1914, il fut élu secrétaire de la Chambre pour le rester jusqu'à la fin de la législature et intervint au sujet de la prison de Marseille au cours de la discussion du budget des services pénitentiaires (1914).

Réélu aux élections générales du 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, par 7.553 voix contre 3.892 à M. Maurel, sur 12.352 votants, il retrouva son siège de secrétaire de la Chambre qu'il conserva jusqu'à sa mort et entra à la Commission des douanes et à celle des postes et télégraphes. Il déposa une proposition de loi sur la transformation de l'Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Marseille en Faculté mixte de médecine et de pharmacie, pourvue d'un enseignement colonial complet.

Mais quelques semaines plus tard, survint la Première Guerre mondiale, et il partit comme simple soldat. Dès les premiers jours, avec trois camarades, il reconnaît un village ennemi à 6 kilomètres de nos lignes. Il est nommé caporal et cité à l'ordre du jour. Promu sous-officier, puis officier, il est cité encore mais cette fois à l'ordre du jour de l'armée et proposé pour la croix de la Légion d'honneur : « Très belle attitude au feu, dit le Journal officiel, a fait preuve d'une bravoure, d'un calme et d'un sang-froid indiscutables. » Après un court séjour à Paris, il repartit retrouver ses compagnons d'arme Abrami et Maginot. Il était sous-lieutenant au 132e régiment d'infanterie. Engagé en Argonne, dans une région réputée dangereuse, il tomba glorieusement aux Eparges, le 12 juillet 1915, il n'avait que 36 ans.

La presse de l'époque (Le Matin, Le Journal, L'Eclair, Le Radical, Le Petit Parisien, L'Echo de Paris, Le Gaulois, Le Figaro, etc.) rendit unanimement hommage au quatrième député français tombé au Champ d'honneur, et le Président Paul Deschanel, à la séance du 25 février 1915, prononça l'éloge funèbre du disparu : « Ainsi, notre Parlement répond à ses détracteurs en immolant ses jeunes espoirs au salut de la France et en opposant sa sagesse aux atteintes qui pourraient menacer l'unité morale de la nation. Je dépose sur la tombe du père, qui fut longtemps notre collègue et notre ami, le laurier du fils. Je salue sa famille et sa famille électorale. Elles le pleurent avec nous, mais elles peuvent dire comme le vieil Horace : « La gloire de leur mort m'a payé de leur perte. » Oui, cette guerre nous a appris à voir autrement la mort. Sacrifiée à la justice, la vie humaine est, comme elle, supérieure aux choses éphémères, elle participe de l'éternel et de l'infini. »

Comme son père, Frédéric Chevillon était maire d'Allauch (Bouches-du-Rhône).


Date de mise à jour: avril 2014

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