Jean Chiappe

1878 - 1940

Informations générales
  • Né le 3 mai 1878 à Ajaccio (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 27 novembre 1940 à Damas (Syrie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 30 août 1936 au 27 novembre 1940 *
Département
Seine
Groupe
Indépendants républicains

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 3 mai 1878 à Ajaccio (Corse), mort le 27 septembre 1940 au-dessus de la Méditerranée, dans l'avion qui le conduisait à Damas.

Député proclamé de la Corse en 1936 (invalidé). Député de la Seine de 1936 à 1940.

Jean Chiappe est issu d'une ancienne famille ajaccienne. Il avait comme arrière-grand-oncle Ange Chiappe, membre de la Convention et député au Conseil des Cinq-Cents, dont le nom a été donné à une voie parisienne du 13e arrondissement.

La plus grande partie de sa carrière administrative s'effectua au Ministère de l'Intérieur où il débuta en 1899 en qualité de rédacteur. Secrétaire de la direction de l'administration pénitentiaire, il devint en 1909 chef du Cabinet du Secrétaire général du Ministère de l'Intérieur, puis chef-adjoint de Cabinet des Ministres de l'Intérieur Aristide Briand, Louis-Lucien Klotz et René Renoult. Sous-chef de bureau des affaires politiques en 1911, il fut nommé chef de bureau en 1916.

Un incident faillit, un peu plus tard, briser sa carrière : Clemenceau venait de faire passer Leymarie en Conseil de guerre et Malvy en Haute-Cour de justice. Ils étaient ses amis ; il déposa en leur faveur et donna l'accolade publiquement à l'un d'eux après sa condamnation. Clemenceau le sanctionna en lui enlevant son poste pour le reléguer dans un bureau secondaire où il resta cinq ans. Celui-ci devait par la suite lui rendre son estime. Maurice Maunoury, Ministre de l'Intérieur, avec l'appui de Raymond Poincaré, Président du Conseil, le tira de cette situation quelque peu humiliante en octobre 1923 en l'appelant à la direction du contrôle et de la comptabilité. Au mois de juillet de l'année suivante, Camille Chautemps lui confia la direction de la sûreté générale où, jusqu'en 1927, il déploya de telles qualités d'initiative et de décision qu'il fut nommé Secrétaire général du Ministère de l'Intérieur. Enfin, le 11 mai 1927 Albert Sarraut l'appela à la tête de la - Préfecture de police. Il conserva ce poste pendant sept ans au cours desquels il réorganisa la corporation des gardiens de la paix et s'attacha à créer parmi eux un esprit de corps qu'il jugeait indispensable. Donnant de sa personne en mainte occasion, il mit tous ses soins à éviter des incidents tragiques et assura l'ordre dans Paris, en dépit d'événements graves, sans verser une goutte de sang. Promu grand officier de la Légion d'honneur en 1932 et nommé membre du Conseil de l'Ordre en récompense de son courage et de sa loyauté, il fut écarté de son poste le 3 février 1934, au moment des troubles suscités par l'affaire Stavisky : le parti socialiste ayant promis de soutenir le Ministère Edouard Daladier à condition que Jean Chiappe quitte la Préfecture de police, on lui offrit le poste de Résident général de France au Maroc. Il le refusa avec éclat et le Préfet de la Seine Renard, avec lequel il était lié d'amitié donna sa démission par esprit de solidarité. Désormais libre, ayant quitté définitivement l'administration, il se lança dans la politique : une vacance s'étant produite au Conseil municipal de Paris, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, les comités nationaux offrirent à Jean Chiappe de poser sa candidature ; il fut élu le 5 mai 1935 à une forte majorité. Dès son arrivée au Conseil, ses collègues le portèrent à la présidence de l'assemblée, ce qui ne s'était pas produit pour un nouvel élu, depuis 1871.

Aux élections générales législatives du 26 avril 1936, il se présenta dans la circonscription d'Ajaccio et fut proclamé élu, au premier tour de scrutin, par 7.857 voix contre 7.630 à M. Landry, sur 15.752 votants. Mais, son concurrent ayant introduit devant la Chambre une protestation, l'élection fut annulée à la séance du 2 juillet 1936, par 282 voix, contre 193.

Cependant, une élection partielle ayant eu lieu le 30 août 1936 dans la 2e circonscription du 16e arrondissement de Paris pour pourvoir au remplacement de M. Charles de Lastayrie décédé le 28 juin précédent, Jean Chiappe emporta le siège par 4.618 voix contre 756 à M. Périgaud et 732 à M. Ledoux, sur 6.484 votants, soit avec 80 % des suffrages exprimés. Inscrit au groupe des indépendants républicains, il appartint à la Commission de l'administration générale, départementale et communale, à celle du suffrage universel, à celle de la santé publique et à celle d'assurance et de prévoyance sociales. Auteur d'une proposition de loi tendant à réprimer en temps de paix les intelligences avec les puissances étrangères, il se fit entendre au cours de la discussion : d'une interpellation sur les anomalies que l'examen du dossier d'un membre du Gouvernement à révélées (1936), du projet de loi tendant à compléter la loi du 19 août 1936 sur la répression de la hausse injustifiée des prix en vue d'assurer leur stabilisation (1937), d'interpellations sur la politique générale du Gouvernement (1937 et 1938), de son interpellation sur la politique générale du Gouvernement et notamment sur les mesures qu'il comptait prendre pour rétablir la paix publique à l'intérieur, et défendre l'indépendance nationale contre toutes les influences étrangères (1937) ; il demanda en outre à interpeller le Gouvernement sur les initiatives qu'il comptait prendre pour faire prononcer la déchéance de tous les élus communistes, et pour ne plus laisser l'exercice d'aucun mandat électif à des auxiliaires de l'ennemi, et demanda la discussion d'urgence du projet de loi devant prononcer cette déchéance (1939). Le 10 juillet 1940, au Congrès de Vichy, il ne prit pas part au vote du projet de loi accordant les pouvoirs constituants au maréchal Pétain, ayant désiré rester dans la capitale pour mieux défendre ses concitoyens opprimés par l'occupation allemande et partager leurs épreuves. Cette attitude lui valut un message de félicitations autographe du président du Conseil de l'époque, M. Paul Reynaud.

En novembre 1940, il fut désigné comme Haut-Commissaire en Syrie et au Liban avec rang et prérogatives d'ambassadeur de France. Alors qu'il rejoignait son poste en avion, le 27 novembre 1940, il fut tragiquement abattu en Méditerranée, au cours d'une bataille aérienne qui opposait lés avions italiens aux appareils aéro-embarqués d'une es cadre britannique faisant route vers l'Est. Son corps ne devait être jamais retrouvé. Le maréchal Pétain le cita à l'ordre du jour de la nation. Il était âgé de 62 ans.

Mme Jean Chiappe, qui l'avait activement secondé pendant son passage à la Préfecture de police, a laissé son nom à la fondation de la maison de santé des gardiens de la paix.




Né le 3 mai 1878 à Ajaccio (Corse)
Décédé le 27 novembre 1940 au-dessus de la Méditerranée, dans l'avion qui le conduisait à Damas

Député proclamé de la Corse en 1936 (invalidé)
Député de la Seine de 1936 à 1940

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 1042 à 1044)

En novembre 1940, Jean Chiappe est nommé Haut-commissaire en Syrie et au Liban, avec rang et prérogatives d'Ambassadeur de France. Le 27 novembre, alors qu'il rejoint son poste, l'avion à bord duquel il avait pris place est abattu au cours d'une bataille aérienne opposant les aviations italienne et britannique. Son corps ne devait jamais être retrouvé. Le maréchal Pétain le cita à l'ordre du jour de la nation. Il était âgé de 62 ans.

Sa femme, qui l'avait activement secondé pendant son passage à la préfecture de police, a laissé son nom à la fondation de la maison de santé des gardiens de la paix.



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