Louis, Charles, Marie de Lombard de Bouvens

1750 -

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1750 à Bourg-en-bresse (Ain - France)
  • Décédé à une date inconnue

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 27 février 1791 au 2 mars 1791
Baillage
Touraine (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Né à Bourg vers 1750, d'une ancienne famille de la Bresse, il suivit la carrière ecclésiastique. Devenu grand vicaire de l'archevêque de Tours, M. de Conzié, il fut élu suppléant de ce prélat aux Etats-Généraux.

Quand l'archevêque eut donné sa démission, l'abbé de Bouvens se présenta pour le remplacer et demanda, dans la séance du 2 mars 1791, « à prêter son serment de député. » Le président lui ayant donné la parole, il monta à la tribune et prononça ces mots : « Je jure d'être fidèle à la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi, en exceptant les objets qui depuis ont touché au spirituel. » (De violents murmures s'élèvent dans la partie gauche). Tandis qu'un certain nombre de membres du côté droit, Foucault, Frondeville, Guillermy, etc., se levaient et applaudissaient au langage de l'abbé de Bouvens, plusieurs députés de la gauche faisait observer avec vivacité que cette formule de serment n'était nullement recevable, et d'André concluait en proposant de faire lire par un secrétaire la formule véritable : « Que l'Individu qui se présente en ce moment à la tribune dise simplement : Je le jure. S'il ne veut pas le dire il ne doit pas être admis dans cette assemblée, » (Applaudissements.) La motion adoptée, un secrétaire donna lecture de la formule du serment.

M. L'ABBÉ DE BOUVENS. - Je vais répéter la formule. (Les murmures de la partie gauche recommencent.)

Plusieurs voix s'élèvent dans la même partie de la salle. Dites : Je le jure.

Une voix de la partie gauche. - S'il ne le pense pas, il ne peut pas jurer.



M. le Président interpelle M. l'abbé de Bouvens de déclarer s'il veut prêter le serment pur et simple.

M. D'ANDRÉ. - Monsieur n'a pas le droit de parler dans cette Assemblée. Il doit dire simplement je le jure, ou s'en aller. (On applaudit.)

M. l'abbé de Bouvens descend de la tribune et passe dans la partie droite de la salle. Plusieurs voix s'élèvent dans la partie gauche: Sortez ! Sortez !

M. l'abbé de Bouvens s'arrête et se mêle à quelques membres de la partie droite. M. l'abbé Maury descend de sa place et va parler à M. l'abbé de Bouvens.

M. l'abbé de Bouvens sort de la salle au milieu des applaudissements de l'Assemblée.



M. LE PRÉSIDENT. - M. l'abbé n'est pas admis membre de cette Assemblée. » (Moniteur du 4 mars 1791.)

A la suite de cet incident, l'abbé Maury s'efforça vainement d'obtenir la parole, pour protester contre la conduite du président. Dans la séance suivante, Bois-Rouvray pria l'Assemblée de revenir sur sa décision : l'abbé de Bouvens offrait de prêter le serment pur et simple. Mais l'Assemblée passa à l'ordre du jour, et l'ex-suppléant de l'archevêque de Tours fut déclaré déchu de son droit.

Bientôt il quitta la France, se joignit aux émigrés de Francfort, puis à ceux d'Angleterre ; il fut employé quelque temps dans la chancellerie du frère de M. de Conzié qui était ministre du comte d'Artois, alors « lieutenant-général du royaume ».


L'abbé de Bouvens prononça en 1804, à Londres, dans la chapelle de Saint-Patrice, et en présence des princes de la maison de Bourbon, l'oraison funèbre du duc d'Enghien; il prononça, aussi, dans le même lieu et devant le même auditoire, en 1807, l'oraison funèbre de l'abbé Edgeworth, confesseur de Louis XVI, et enfin celle de la princesse Marie Joséphine Louise de Savoie, femme de Louis XVIII. Les Oraisons funèbres de l'abbé de Bouvens ont été réunies (1824) par leur auteur en un volume.



Au retour des Bourbons, l'abbé de Bouvens fut nommé aumônier du roi, mais il était âgé et infirme et il fut obligé de demander sa retraite. Il quitta Paris lors de la révolution de juillet.


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