Marie, Jean, Pierre Flourens

1794 - 1867

Informations générales
  • Né le 13 avril 1794 à Maureilhanet-Ramejan (Hérault - France)
  • Décédé le 6 décembre 1867 à Montgeron (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Hérault
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1837 à 1839 et pair de France, né à Maureilhan (Hérault) le 13 avril 1794, mort à Montgeron (Seine-et-Oise) le 6 décembre 1867, il se livra de bonne heure à l'étude des sciences et de la médecine.

Reçu docteur à l'âge de dix-neuf ans, il vint l'année suivante à Paris, y connut Georges Cuvier, Geoffroy-Saint-Hilaire, etc., et se lia particulièrement avec Chaptal et Frédéric Cuvier. On remarqua la clarté de style et la précision d'analyse de ses premiers essais scientifiques. Après avoir collaboré à la Revue encyclopédique et au Dictionnaire classique d'Histoire naturelle (1822), et fait à l'Athénée des leçons où il exposa sa théorie physiologique des sensations, il excita vivement l'attention du monde savant par une série de Mémoires des plus remarquables, dont les principaux ont pour titre : Note sur la délimitation de l'effet croisé dans le système nerveux (1823); Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux dans les animaux vertébrés (1824); Expériences sur le système nerveux (1825). Ces travaux devinrent l'objet d'une analyse et d'un rapport minutieux de la part de G. Cuvier et furent traduits à l'étranger. L'auteur y multipliait les expériences ingénieuses, mettait en lumière le grand fait de la distinction des organes et des parties d'organes dans leurs rapports avec la production des phénomènes d'intelligence, des sensations et des mouvements, démêlait la part que la moelle épinière, et, dans l'encéphale, le cervelet, les lobes cérébraux, etc., prennent, isolés de l'ensemble du système nerveux, aux différentes fonctions de la vie de relation, et déterminait dans la moelle allongée les limites précises du point central et vital, premier moteur de tout le mécanisme respiratoire. A dater de cette époque, les recherches ultérieures de Flourens devaient avoir pour objet de confirmer ou de développer ses premières découvertes.

Appelé, dès 1823, à faire partie de l'Académie des sciences (section d'économie rurale), en remplacement de Bosc, et chargé par Olivier du cours d'histoire naturelle au Collège de France, il occupa, deux ans plus tard, la chaire d'anatomie comparée au Jardin du roi, et en devint titulaire en 1832. L'année suivante, il remplaça Dulong comme un des deux secrétaires perpétuels de l'Académie des sciences. En 1840, il fut nommé membre de l'Académie française en remplacement de M. Michaud, et de préférence à Victor Hugo.

Le 4 novembre 1837, Flourens entra à la Chambre des députés, comme l'élu du 3e collège de l'Hérault (Béziers), avec 348 voix sur 362 votants et 825 inscrits. Cette élection ayant été annulée, il dut se représenter le 3 février 1838; il obtint alors la confirmation de son mandat, par 386 voix (774 votants, 826 inscrits), contre M. Viennet, candidat ministériel, 375. Flourens prit place à gauche et vota d'ordinaire avec l'opposition, mais sans se mêler aux discussions de la tribune. Il ne fut pas réélu député au renouvellement du 4 mars 1839, n'ayant obtenu dans sa circonscription que 375 voix contre 399 accordées à M. Debès.

Le 21 juillet 1846, il fut fait pair de France. Mais son rôle politique fut sans importance, et n'interrompit jamais les leçons du professeur ni les recherches du savant. Devenu titulaire de sa chaire du Collège de France en 1855, il continua, jusqu'à sa mort, de justifier, par le mérite scientifique et littéraire de ses ouvrages, le double honneur qu'il avait reçu de l'Institut.

Au nombre des principales publications de Flourens, il faut encore citer toute une série de Recherches, Observations, Expériences, etc., insérées dans les Mémoires de l'Académie des sciences, ou dans le Journal des savants depuis 1823 ; ses Recherches sur le développement des os et des dents (1842); l'Anatomie générale de la peau et des membranes muqueuses (1843), concluant, par l'étude anatomique des races humaines colorées, à l'unité physique de l'homme ; la Théorie expérimentale de la formation des os (1847) ; un Cours de physiologie comparée (1854), et son célèbre traité de la Longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe (1854), où l'auteur reculait bien au delà de l'opinion généralement admise les limites moyennes de la vie. Il s'était séparé des matérialistes dans son Examen de la phrénologie (1842) et dans son livre sur la Vie et l'intelligence (1857).

On doit enfin à Flourens divers ouvrages destinés à populariser le nom et les travaux d'illustres savants. Ses principaux Eloges, lus aux séances publiques de l'Institut, sont ceux de Georges et Frédéric Cuvier, Chaptal, Laurent de Jussieu, du Petit-Thouars, Geoffroy Saint-Hilaire, Blainville, Magendie, etc. Il résuma, en 1861, ses doctrines et ses travaux dans un dernier livre : Ontologie naturelle, ou Etude physiologique des êtres.

Grand-officier de la Légion d'honneur (1859). Flourens fut appelé sous l'Empire à faire partie du conseil municipal et général du département de la Seine.

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