Claude, Edouard, Denys, Marie Cochin

1883 - 1918

Informations générales
  • Né le 17 novembre 1883 à Evry-petit-bourg (Essonne - France)
  • Décédé le 31 décembre 1918 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 31 décembre 1918
Département
Nord
Groupe
Action libérale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 novembre 1883 à Evry-Petit-Bourg (Seine-et-Oise), mort le 31 décembre 1918, à Paris.

Député du Nord de 1914 à 1918.

Fils d'Henry Cochin (voir ce nom), qui fut député du Nord de 1893 à 1914, neveu de Denys Cochin qui fut député de la Seine de 1893 à 1919, Claude Cochin naquit à Evry-Petit-Bourg le 17 novembre 1883.

Il fit des études très brillantes, obtenant sa licence ès lettres, sa licence de droit et, après avoir été reçu à l'Ecole des chartes le diplôme d'archiviste paléographe (promotion du 31 janvier 1907), avec une thèse sur Henri Arnauld, évêque janséniste d'Angers, frère du « Grand Arnauld ». Il fut ensuite membre de l'école française de Rome et découvrit en Italie plus de deux cents lettres du cardinal de Retz qui constituèrent un volume supplémentaire aux oeuvres du cardinal dans la collection des Grands Ecrivains.

Il collabora à la Revue hebdomadaire, au Journal des Débats, au Correspondant, au Bulletin de la Société de l'histoire de France, à la Revue des questions historiques.

Lorsque son père décida de se retirer de la vie politique pour lui laisser sa place, il fut élu d'abord en 1910, à son siège de conseiller général du canton de Bourbourg (Nord), puis, aux élections générales du 26 avril 1914, à son siège de député de la deuxième circonscription de Dunkerque. Dans son programme électoral, il se proclamait partisan de la réforme fiscale, de la réforme administrative et de la représentation proportionnelle, demandait que les lois sociales de prévoyance, d'assistance et de mutualité fussent complétées - il s'honorait d'avoir fait, pour la première fois, appliquer dans le Nord, le principe de l'assistance aux familles nombreuses - et souhaitait l'apaisement de la guerre religieuse. Il l'emporta dès le premier tour de scrutin avec 9.638 voix contre 1.380 à M. Ulin, sur 11.938 votants.

Inscrit au groupe de l'action libérale, il appartint à la Commission des comptes définitifs et des économies et à la Commission de la réorganisation économique. Sous-lieutenant de réserve d'intendance, il fut mobilisé, dès la déclaration de guerre, à la 55e division d'infanterie, puis nommé attaché de première classe au service auxiliaire de l'intendance le 23 novembre 1914 ; ultérieurement, il fut promu lieutenant à l'état-major de la 125e division d'infanterie. Il remplit brillamment son devoir à la Marne, à Soissons, à Berry-au-Bac, en Artois, à Verdun, à Vouziers, fut atteint par les gaz asphyxiants et décoré de la Croix de guerre avec trois magnifiques citations dont l'une à l'ordre de l'armée en date du 2 octobre 1918.

Il ne fut donc présent que par intermittences à la Chambre. Il déposa une proposition de résolution tendant à assurer la relève des auxiliaires de place forte de la classe 1889 en service depuis le début de la mobilisation dans le camp retranché de Dunkerque (1916) et une proposition de résolution concernant les R.A.T. mobilisés avant la date normale d'appel de leur classe (1918). Au cours de la séance du 12 mars 1918, lors de la discussion du budget de l'exercice 1918, il prononça à la tribune un remarquable discours sur la conservation des monuments atteints par le feu de l'ennemi. « Tous, disait-il, nous pensons ici que les os et la chair du plus humble paysan de nos campagnes ont une valeur infiniment plus grande que les pierres artistement oeuvrées de nos plus célèbres cathédrales... Mais je voudrais entendre M. le Ministre nous affirmer que des ordres formels sont donnés à l'autorité militaire pour mettre largement son aide à la disposition du service des monuments historiques. »

Cette carrière parlementaire, qui s'annonçait brillante, fut malheureusement brisée par l'épidémie de grippe de 1918 : atteint de cette maladie, Claude Cochin mourut à Paris dans la nuit du 30 au 31 décembre. Il n'avait que 35 ans. Son éloge funèbre fut prononcé par le président Paul Deschanel au début de la deuxième séance du 31 décembre : « Il avait défié la mort sur tous les champs de bataille : elle s'est vengée par un coup perfide... Il n'avait que 35 ans et déjà, de toutes les manières, il s'était montré digne de son grand nom et de cette noble famille qui, depuis cinq générations, honore la France par ses talents et ses vertus. »

Ses écrits de guerre ont été publiés en 1920, sous le titre Dernières pages, notes du front et de l'arrière.


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