Pierre Colliard

1852 - 1925

Informations générales
  • Né le 30 avril 1852 à Jons (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 19 mai 1925 à Jons (Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Rhône
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Rhône
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Rhône
Groupe
Républicain socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Rhône
Groupe
Républicain socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 30 avril 1852 à Jons (Isère), mort le 19 mai 1925, à Jons.

Député du Rhône de 1898 à 1919, Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 16 novembre 1917 au 2 décembre 1919.

Entrepositaire de bière à Lyon, Pierre Colliard fit, de 1875 à 1877, la campagne de Cochinchine, en qualité de sous-officier d'infanterie de marine.

Ayant le goût de la politique, il se fit élire conseiller municipal de Lyon en 1888 et conserva ce mandat jusqu'en 1896.

Il entra à la Chambre des députés à la faveur des élections générales législatives des 8 et 22 mai 1898. Il emporta le siège de la 7e circonscription de Lyon, au deuxième tour de scrutin, par 4.788 voix contre 4.767 à M. Fontaine, professeur à la Faculté des lettres, républicain, sur 9.658 votants. Inscrit au groupe des socialistes parlementaires, il appartint à diverses commissions spéciales, dont celle du travail, et celle d'hygiène publique. Il manifesta d'emblée une activité débordante, déposant des propositions de loi concernant : le recrutement de l'armée (1898 et 1901), la déchéance des concessionnaires des mines inexploitées ou abandonnées et l'exploitation directe de ces mines par l'Etat (1900), la représentation cantonale de la ville de Lyon (1901). Il fut chargé de rapporter un nombre considérable de projets de loi d'intérêt local, ainsi que le projet de loi concernant l'organisation du régime du gaz à Paris, la proposition de loi tendant à déclarer férié le 14 avril 1900, jour de l'inauguration de l'Exposition universelle (1900). Il prit part à différents débats relatifs : à l'amnistie (1898), aux chemins de fer d'Indochine (1898), au travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels (1899), aux tisseurs du département de la Loire (1900), au budget de la guerre de l'exercice 1900 (1900), aux appels des réservistes et des territoriaux (1900), au régime des boissons (1900), à la crise du tissage des soieries pures (1901), à la liberté et au secret du vote (1901), aux budgets de la justice et de la guerre de l'exercice 1902 (1902) ; il demanda en outre à interpeller le Gouvernement sur les incidents qui se produisirent au cours des manœuvres exécutées dans le sud-est, notamment aux 38e et 75e régiments de ligne et développa cette interpellation (1901).

Réélu au premier tour de scrutin des élections générales du 27 avril 1902, par 6.185 voix contre 3.550 à M. Chevrot, 1,004 à M. Caillot, 480 à M. Perreau et 375 à M. Buffet, sur 11,927 votants, il siégea à la Commission des patentes, à celle du travail, à celle relative à la séparation des églises et de l'Etat, et à la Commission d'enquête sur la tentative de corruption faite auprès de M. le Président du Conseil (1904). Il appartint en outre au Conseil supérieur du travail (1905). Il reprit sa proposition de loi concernant la représentation au point de vue cantonal de la ville de Lyon, et déposa deux propositions de loi, la première relative à l'inéligibilité des députés invalidés pour faits de corruption (1903), la deuxième tendant à la création d'une caisse nationale de chômage (1903). Il se fit entendre au cours de discussions concernant : les budgets du commerce et de l'industrie, de la guerre, et la loi de finances de l'exercice 1903 (1903), les budgets du commerce et de l'industrie, de la guerre et des postes et télégraphes de l'exercice 1904 (1903), les accidents du travail étendus aux exploitations commerciales (1904), le service militaire de deux ans (1904) ; élu président de la Commission du travail en 1905, il intervint en cette qualité : sur le projet de loi tendant à charger les inspecteurs du travail de l'application des lois des 7 mars 1850 et 21 juillet 1856 (1905), sur l'organisation de la juridiction d'appel des Conseils de prud'hommes (1905), sur l'extension de la prud'homie aux employés du commerce (1905), sur l'application de la loi sur les syndicats professionnels aux ouvriers et employés de l'Etat (1905). On l'entendit en outre parler : sur le budget de la guerre de l'exercice 1905 (1905), sur le tarif général des douanes (1905), sur l'amnistie (1905), sur les grèves des arsenaux maritimes (1905), sur les budgets du commerce, de la guerre, de l'intérieur, de l'instruction publique, des finances et sur la loi de finances de l'exercice 1906 (1906), sur les périodes d'instruction des réservistes et des territoriaux (1906), et il développa une interpellation sur les appels de l'armée territoriale en 1903 (1903).

Il retrouva son siège aux élections générales du 6 mai 1906, au premier tour de scrutin, par 6.434 voix, contre 3.757 à M. Fougère et 882 à M. Voillot, sur 11.181 votants. Toujours membre de la Commission du travail dont il resta président, il entra à la Commission de l'enseignement et des beaux-arts (1907) et à la Commission d'enquête sur la marine (1909). Auteur d'une proposition de loi tendant à la suppression de la représentation de la colonie de l'Inde au Sénat et à la Chambre des députés (1909), il fut chargé de rapporter les propositions de loi relatives au règlement amiable des différends collectifs entre patrons et ouvriers (1907), le projet de loi portant interdiction du marchandage (1910), et prit part à différents débats concernant : l'amnistie (1906), la création d'un ministère du travail (1906), les budgets de la guerre, du travail et des conventions de l'exercice 1907 (1906), le renvoi de la classe 1903 (1907), la sincérité du vote (1907), les économats patronaux (1907), la suppression des conseils de guerre (1907), les budgets des postes et télégraphes et de la guerre, de l'exercice 1908 (1907), l'institution de la police d'Etat à Marseille (1908), les budgets de l'agriculture, de l'intérieur et de la guerre de l'exercice 1909 (1908), les encouragements à donner à la sériciculture (1909), le budget de l'intérieur de l'exercice 1910 (1909), le tarif général des douanes (1909), les budgets du travail et de la prévoyance sociale, de l'instruction publique et de la guerre de l'exercice 1910 (1910). Il développa en outre une interpellation sur le renvoi dans ses foyers de la classe 1903 (1907).

Il fut réélu aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910, au deuxième tour de scrutin, par 5.937 voix contre 5.649 à M. Fougère, sur 11,694 votants. Toujours président de la Commission du travail, il siégea également à la Commission de l'armée et participa aux discussions sur le budget du travail et de la prévoyance sociale et celui des colonies de l'exercice 1911 (1911), le marchandage (1911), les budgets de l'intérieur, du travail et de la prévoyance sociale et la loi de finances de l'exercice 1912 (1911), la réduction à dix heures de la durée normale du travail des ouvriers adultes dans les établissements industriels (1912), l'organisation du haut commandement dans l'armée (1912), le budget du travail et de la prévoyance sociale et la loi de finances de l'exercice 1913 (1912 et 1913), l'élection des députés (1912), l'amnistie (1912), l'établissement d'un prélèvement progressif sur le produit des jeux (1913), la protection de la maternité (1913), l'extension aux maladies d'origine professionnelle de la loi sur les accidents du travail (1913), le salaire des ouvrières à domicile dans l'industrie du vêtement (1913), les jeunes soldats soutiens de famille et les familles de ces soldats (1914), le secret et la liberté du vote et la sincérité des opérations électorales (1914), le budget de la guerre de l'exercice 1914 (1914). Il développa en outre une interpellation sur une décision prise par l'inspecteur d'académie du Rhône (1913). Pendant la durée de cette législature, il fut membre du Conseil supérieur du travail et du Comité consultatif des assurances contre les accidents du travail.

Il retrouva son siège aux élections générales des 20 avril et 10 mai 1914, au deuxième tour de scrutin, par 7.182 voix contre 6.667 à M. Fougère, sur 13.982 votants. Toujours membre des commissions du travail et de l'armée, il entra à la Commission des marchés et à celle des décrets. Il déposa des propositions de loi concernant : la confiscation des biens des déserteurs à l'étranger depuis le 1er août 1914 et pendant toute la durée des hostilités (1915), les jeunes gens ayant contracté un engagement volontaire pour la durée de la guerre et appartenant à des classes non encore appelées (1916), les différends relatifs aux conditions du travail et l'arbitrage obligatoire (1917). Il fut chargé d'un rapport sur les marchés conclus par l'Etat depuis le début de la guerre (marchés de grenades) (1917). Il prit part à différents débats sur : la répartition et l'utilisation des hommes mobilisés et mobilisables (1915), la déclaration obligatoire des tours à métaux, presses hydrauliques, marteaux-pilons (1915), l'utilisation de la main-d'œuvre militaire dans les établissements travaillant pour la défense nationale (1916), les victimes de l'explosion survenue le 20 octobre 1915, rue de Tolbiac (1916), les crédits provisoires applicables aux premier et deuxième trimestres de 1917 (1916 et 1917), l'appel sous les drapeaux de la classe 1918 (1917), le ravitaillement en charbon de la population civile (1917), les permissions militaires (1917), la politique générale du Gouvernement (1917). Il développa une interpellation sur les conditions dans lesquelles ont été passés certains marchés pour la fourniture de grenades à l'armée (1915) et il demanda l'affichage des discours de MM. Ribot, Président du Conseil et Deschanel, Président de la Chambre, à l'occasion de l'entrée en guerre des Etats-Unis (1917).

Le 16 novembre 1917, il fut nommé Ministre du travail et de la prévoyance sociale dans le deuxième cabinet Georges Clemenceau. En cette qualité, il soutint divers projets ou propositions à la tribune, sur : l'allocation d'une indemnité de cherté de vie aux ouvrières fileuses en soie (1917) l'acquisition de petites propriétés rurales par les pensionnés militaires et victimes civiles de la guerre (1918), le budget de son département (1918), les opérations de la Caisse nationale d'assurances en cas d'accident (1918), les réparations à accorder aux victimes civiles de la guerre (1918), la garantie aux mobilisés de la reprise de leur contrat de travail (1918), la promulgation de décrets concernant les caisses d'épargne (1918), l'extension de la capacité civile des syndicats professionnels (1918), la démobilisation des usines (1918), le travail de nuit dans les boulangeries (1918), les crédits provisoires applicables au deuxième trimestre de 1919 (1918), la journée de huit heures (1918), la politique que le Gouvernement entendait suivre à l'égard de la classe ouvrière (1918), l'incendie survenu à bord de l'Amiral-Ponty (1918), la grève des employés de bourse et de banque (1918), la durée du travail dans les mines (1918), le conflit minier (1919), les crédits additionnels provisoires sur l'exercice 1919 (1919), le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 (1919), la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse (1919).

Les élections générales du 16 novembre 1919, qui eurent lieu au scrutin de liste, lui furent fatales. Inscrit en tête de la liste du parti républicain socialiste, il ne recueillit que 8.895 voix sur 15.075 votants. Cet échec entraîna sa démission du Ministère, le 2 décembre 1919.

Il ne fit plus acte de candidature, et se retira à Jons (Isère), sa commune natale, où il mourut le 19 mai 1925, à l'âge de 73 ans.


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