Henri Colonna

1901 - 1988

Informations générales
  • Né le 25 janvier 1901 à Roquebrune-cap-martin (Alpes-Maritimes - Algérie)
  • Décédé le 18 mars 1988 à Bastia (Haute-Corse - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 3 juillet 1962
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Unité de la République

Biographies

Biographie de la Ve République

COLONNA (Henri)
Né le 21 janvier 1901 à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes)
Décédé le 18 mars 1986 à Bastia (Haute-Corse)

Député d’Algérie (Tizi-Ouzou) de 1958 à 1962

Fils de Pierre-François Colonna, comptable de profession installé à Roquebrune-Cap-Martin, et d’Angèle Emmanuelli, il exerce jusqu’en 1958 la profession de commissaire de police en Tunisie puis en Algérie. Il s’engage volontairement en août 1943 dans la 1ère armée placée sous les ordres du maréchal de Lattre de Tassigny et participe au débarquement de Provence puis à la libération du territoire français. Marié à trois reprises, deux fois veuf, père de deux enfants, il réside en Algérie jusqu’à l’indépendance.
Candidat dans la sixième circonscription d’Algérie à la tête de la liste unique « d’Union pour le renouveau d’une plus grande France », il recueille 144 091 des 153 551 suffrages exprimés, soit 93,84% des voix, quelque 9 460 électeurs ayant préféré voter blanc. La liste remporte donc la totalité des quatre sièges à pourvoir et Henri Colonna accède-t-il au Palais-Bourbon.
À l’Assemblée, il s’inscrit le 9 décembre 1958 à la Formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara devenue le 21 juillet 1959 groupe Unité de la République puis, l’année suivante Regroupement national pour l’unité de la République. Il est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées et est, par ailleurs, élu le 23 juillet 1959 juge titulaire à la Haute Cour de Justice.
Il ne dépose aucune proposition de loi et n’intervient qu’à trois reprises en séance publique. Le 15 décembre 1959, il participe à la discussion d’un projet de loi relatif à la promotion sociale en Algérie. À cette occasion, il suggère la titularisation de certains agents occasionnels des services de police. Le 29 juin 1961, lors du débat sur la déclaration du gouvernement relative aux problèmes algériens, Henri Colonna dénonce ce qu’il considère comme les reniements successifs du gouvernement, souligne le désarroi des populations algériennes et déplore enfin que ses « compatriotes voient se refermer les portes de la prison civile de Tizi-Ouzou sur les capitaines qui ont débarrassé les douars et les villages de la mort, de la terreur et de la famine ». Il prend enfin part au débat sur la motion de censure déposée le 5 juin 1962, revenant sur l’historique des événements d’Algérie et les « exactions » à ses yeux commises alors. Dans son intervention, il déclare qu’« il vaudrait mieux avouer que les accords d'Evian sont le nouveau prétexte pour franchir la dernière étape. Cette dernière étape, [le premier ministre l’appelle] coopération. Le chef de l'Etat l'a nommée dégagement. Pour nous, c'est le déshonneur. Que certains de nos collègues métropolitains, tranquillement, ignorants ou volontairement aveugles, cautionnent ce que vous appelez une politique et qui n'est en réalité qu'un génocide, libre à eux ; le jour viendra où eux aussi rendront compte. Pour moi, le sentiment que j'ai de l'honneur et de la patrie me fait un devoir de vous censurer ». Il vote en conséquence la motion de censure, qui n’est pas adoptée.
Durant cette première législature de la Vème République, il accorde sa confiance au gouvernement Debré le 16 janvier 1959 mais ne prend pas part au vote le 15 octobre suivant, il vote par ailleurs le règlement définitif de l’Assemblée nationale. Il se prononce en faveur du projet sur l’enseignement privé mais s’oppose au vote des pouvoirs spéciaux ou à la réforme du titre XII de la Constitution permettant l’accession des États de la Communauté à l’indépendance sans la quitter et prévoyant que cette Communauté sera désormais exclusivement conventionnelle. Il vote également contre l’investiture du gouvernement Pompidou.
Avec l’indépendance de l’Algérie, il revient s’installer en métropole, à Saint-Mandé où il demeure jusqu’en 1975. Il décide alors de se retirer en Corse à Bastia dont sa famille est originaire.
Chevalier de la Légion d’honneur, croix de la valeur militaire, titulaire de la médaille du combattant volontaire, Henri Colonna était également officier du Nicham Iftikar.

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