Gaston, Hippolyte Coquel

1901 - 1983

Informations générales
  • Né le 4 janvier 1901 à Roubaix (Nord - France)
  • Décédé le 2 avril 1983 à Arras (Pas-de-Calais - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 4 janvier 1901 à Roubaix (Nord)
Décédé le 2 avril 1983 à Arras (Pas-de-Calais)

Député du Pas-de-Calais de 1956 à 1958

Ouvriers-tisserands à Roubaix, les parents de Gaston Coquel eurent sept enfants. Après avoir obtenu son Certificat d'études primaire, il entre lui-même au tissage à l'âge de 12 ans et demi. Son père meurt deux ans plus tard. Réduit au chômage, les usines de Roubaix ayant fermé pendant la Première Guerre mondiale, il est réquisitionné par les Allemands en 1916 et devient un de ces « brassards rouges » utilisés par l'occupant. Pendant près de trois ans, l'adolescent qu'est encore Gaston Coquel connaît une vie extrêmement dure et exerce les tâches les plus pénibles : creusement de tranchées, réfection de routes. A la fin de la guerre, il se trouve à Anvers où il assiste aux grands meetings organisés par les soldats allemands en insurrection.

Revenu en France, il s'embauche comme polisseur sur métaux à Béthune. Trésorier du syndicat des métaux de cette ville, il participe aux grandes grèves de 1919-1920. Il appartient alors au comité d'adhésion à la IIIe Internationale de Béthune et adhérera au Parti communiste et à la C.G.T.U. dès son retour du service militaire. Secrétaire des Jeunesses communistes de Béthune à partir de 1923, Gaston Coquel se place dans la mouvance de Maurice Thorez qui, à l'époque, dirigeait la fédération du Pas-de-Calais. En 1925, il passe plusieurs mois à l'école centrale du Parti à Clichy et ne retrouve pas son emploi. Début 1926, il devient secrétaire permanent de la 1re Entente des Jeunesses communistes (Nord, Pas-de-Calais et Somme). Il organise la campagne contre l'intervention au Maroc avant d'être nommé secrétaire régional du Parti communiste pour la région Nord. A ce titre, avec Arthur Ramette, il reprend en main l'union régionale de la C.G.T.U. et applique la tactique « classe contre classe ». Son activité lui vaudra plusieurs séjours en prison. Maurice Thorez le considère comme un cadre d'avenir et l'envoie en U.R.S.S. suivre les cours de l'Ecole léniniste internationale. Il y séjournera deux ans et demi. Secrétaire national des Jeunesses communistes en février 1933, il fait l'objet d'une violente opposition de la part d'André Marty. Convoqué à Moscou en mai 1933, démis de fait de ses fonctions, il exerce divers métiers à Béthune avant de trouver un emploi de représentant de commerce.

Parallèlement à ses activités syndicales et au sein du Parti communiste, Gaston Coquel prend part, mais sans succès, à de nombreuses élections. Municipales : à Lille en 1929, à Béthune comme tête de liste en 1935, cantonales en 1927, 1935 et 1937, législatives : en 1936 dans la 4e circonscription de Béthune où il réalise près de 20 % des suffrages exprimés au premier tour et contribue au succès du candidat S.F.I.O., Henri Cadot, face au député sortant modéré.

Mobilisé en 1939, fait prisonnier en mai 1940, interné dans un stalag de Prusse orientale, il est libéré par les troupes soviétiques à la fin de la guerre.

Elu conseiller général de Cambrin aux élections de septembre 1945, il perd son siège lors du renouvellement de 1949 et ne parviendra pas à se faire réélire à l'assemblée départementale en 1951 et en 1955. En revanche de 1946 à 1954, Gaston Coquel dirige l'union départementale des syndicats C.G.T. Il prend alors une large part à la mobilisation contre la C.E.C. A (Communauté européenne du charbon et de l'acier). Candidat au Conseil de la République en 1952, il est désigné, en 1954, pour tenter de conserver au Parti communiste le siège de René Camphin, décédé. A l'issue du premier tour, avec 36,4 % des suffrages exprimés il devance le candidat S.F.I.O. (27,3 %) mais ce dernier l'emporte au scrutin de ballotage. L'année suivante, Gaston Coquel est élu secrétaire de la Fédération communiste du Pas-de-Calais, fonction qu'il exercera jusqu'en 1956.

Aux élections législatives du 2 janvier 1956, son parti lui confie la tête de liste dans la 2e circonscription du Pas-de-Calais (Arras et Béthune). Avec 35,8 % des suffrages exprimés le Parti communiste arrive en première position, comme en 1951 (36,4 %) mais obtient quatre sièges au lieu de trois.

Membre de la Commission du travail et de la Sécurité sociale pendant toute la durée de la législature, le député du Pas-de-Calais siège par ailleurs à la Commission des territoires d'outre-mer à partir de novembre 1956. L'activité parlementaire de Gaston Coquel ressort essentiellement aux domaines de compétence de ces deux Commissions. Les propositions de loi ou de résolution ainsi que les rapports qu'il dépose ont tous trait à la législation sociale : allocations-chômage, réparation des accidents du travail, comités d'entreprise, contentieux de la Sécurité sociale et de la mutualité agricole, indemnités journalières, remboursement des dépenses de santé. En séance il intervient sur ces sujets, parfois en qualité de rapporteur de la Commission du travail et de la Sécurité sociale. Second centre d'intérêt de Gaston Coquel : l'outre-mer. Il prend part à la discussion de propositions, de décisions relatives à des décrets portant sur la réorganisation de l'A.O.F. (Afrique orientale française) et de l'A.E.F. (Afrique équatoriale française), les attributions de leurs Conseils de gouvernement et assemblées territoriales, le statut du Cameroun, la prévention des accidents du travail dans les territoires d'outre-mer et au Cameroun. Il participe à la discussion des projets de loi concernant l'amnistie au Cameroun et le mode d'élection des conseillers de la République des territoires d'outre-mer, du Togo et du Cameroun.

Membre du groupe communiste, Gaston Coquel vote avec ses collègues. A ce titre il s'oppose à l'investiture du général de Gaulle (1erjuin 1958) puis refuse les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).



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