Bernard Cornut-Gentille

1909 - 1992

Informations générales
  • Né le 26 juillet 1909 à Brest (Finistère - France)
  • Décédé le 21 janvier 1992 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 8 février 1959
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Non inscrit

Biographies

Biographie de la Ve République

CORNUT-GENTILLE (Bernard)
Né le 26 juillet 1909 à Brest (Finistère)
Décédé le 21 janvier 1992 à Paris

Député des Alpes-Maritimes de 1958 à 1968 et 1973 à 1978

Né le 26 juillet 1909 à Brest, Bernard Cornut-Gentille appartient à une famille de tradition maritime. Son père est commissaire en chef de la marine et son grand-père capitaine de vaisseau en retraite. Il opte pourtant pour une autre voie puisque à sa sortie de l’Ecole libre des sciences politiques et fort de sa licence en droit, il entre en 1935 dans la carrière préfectorale. Chef adjoint puis chef de cabinet du préfet du Loir-et-Cher, il épouse, le 21 avril 1937 Luce Marsaud en présence de Camille Chautemps et du député-maire du Havre Léon Meyer. En août 1938, il devient chef du secrétariat particulier du vice-président du Conseil Camille Chautemps.
Sous-préfet hors cadre en janvier 1939, Bernard Cornut-Gentille est mobilisé le 2 septembre. Blessé et fait prisonnier, il est soigné à l’hôpital militaire de Béthune d’où il s’évade pour rejoindre la zone libre. En novembre 1940, il reprend du service dans la préfectorale successivement comme sous-préfet à Vouziers, directeur de cabinet du préfet du Nord (1941), sous-préfet de Saint-Dié (1942), chef de cabinet d’Henry Ingrand préfet délégué du ministre de l’intérieur à Paris (1942) puis sous-préfet de Reims (1943). Il démissionne le 16 mai 1943 afin de se consacrer entièrement à la Résistance aux côtés d’Emile Bollaert, délégué de la France libre en France occupée, au sein de l’Organisation civile et militaire. Après avoir participé aux combats de la Libération de Rennes, il devient, dans l’enthousiasme général, comme le souligne Claude Hettier de Boislambert, préfet d’Ille-et-Vilaine en août 1944. En septembre de la même année, il part toujours en qualité de préfet dans la Somme puis, en mai 1945, dans le Bas-Rhin. En septembre 1947, il rejoint le ministère de l’Intérieur comme directeur des affaires départementales et communales. Il est alors considéré par le Rassemblement du Peuple Français (RPF) qui vient d’être créé, comme un « opportuniste » favorable à la Troisième Force.
En janvier 1948, Bernard Cornut-Gentille prend le chemin du large cher à sa tradition familiale puisqu’il est nommé haut-commissaire de la République gouverneur général de l’Afrique équatoriale française (AEF) puis, en septembre 1951, haut-commissaire gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF). Il noue de très bons rapports avec le ministre de la France d’Outre-Mer, François Mitterrand. Lors du voyage du général de Gaulle en AOF, en mars 1953, Bernard Cornut-Gentille l’accueille en grande pompe et sait gagner sa confiance. À partir de 1956, il débute une carrière diplomatique, qui le conduit d’abord comme ambassadeur de la République française auprès des Nations Unies et représentant permanent de la France au Conseil de Sécurité (juin – septembre 1956), puis comme ambassadeur de France en Argentine (1957).
À son retour au pouvoir en juin 1958, le général de Gaulle fait appel à lui pour être le dernier ministre de la France d’Outre-Mer. Sa tâche consiste à transformer la vieille Union française en une Communauté librement consentie entre la République française et ses anciennes colonies d’Afrique subsaharienne. L’opération est réussie à une exception près : la Guinée de Sékou Touré, qui préfère prendre son indépendance. Cet échec lui est, pour l’essentiel, imputé car, malgré l’avis motivé du haut-commissaire de l’AOF, Pierre Messmer, il n’a pas voulu annuler l’escale du général de Gaulle à Conakry, le 25 août 1958, qui aboutit à la rupture entre le Président français et le leader guinéen.
À la fin de l’année 1958, Bernard Cornut-Gentille se lance en politique et se présente sous l’étiquette Union pour la nouvelle République (UNR) aux élections législatives de novembre dans la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes (Antibes, Cannes). Au soir du second tour, il profite pleinement de la vague « gaulliste » tout en ayant axé sa campagne sur les intérêts locaux et est largement élu par 31 915 voix contre 10 369 pour le candidat communiste Henri Pourtalet ; l’adjoint au maire de Cannes, Jean-Pierre Verdet, arrivé deuxième du premier tour, s’étant désisté. Dans le sillage de son succès électoral, Bernard Cornut-Gentille est élu maire de Cannes en mars 1959. Son enracinement local est rapidement solide puisque son élection ayant été invalidée, il est réélu en mars 1961. Ce succès est d’autant plus remarquable qu’il a dû quitter son portefeuille ministériel (ministre des PTT), qu’il occupait depuis janvier 1959 dans le premier gouvernement de Michel Debré, en raison de son désaccord sur la politique algérienne du général de Gaulle.
En rupture de ban avec le gaullisme, Bernard Cornut-Gentille – candidat sans étiquette - est facilement réélu contre le candidat UNR, René Bussoz, dès le premier tour des élections législatives de novembre 1962. Il siège dès lors au Palais-Bourbon refusant de s’inscrire à un groupe parlementaire. Après un bref passage au Centre démocrate, il se rapproche progressivement de la gauche tout en se refusant à appartenir à un quelconque parti politique. En fait, il se consacre surtout à son mandat de maire et au développement de sa région tant à Paris que localement. A l’Assemblée nationale, il siège à la Commission de la production et des échanges et n’intervient pas en séance publique. Il renforce sa position locale en se faisant élire conseiller général en 1963 et le demeure jusqu’en 1976. Il joue, pendant près de dix ans, un rôle de premier plan dans la commission de développement économique régional de Provence - Côte d’Azur. Réélu en mars 1965 maire par les Cannois, qui le surnomment « BCG », il l’est également lors des élections législatives de mars 1967. Au second tour, il l’emporte facilement lors d’une triangulaire dans laquelle s’est maintenu le candidat communiste arrivé troisième au premier tour.
Les suites de la crise de Mai 68 modifient la situation politique. Bernard Cornut-Gentille analyse les « événements » du printemps 1968 comme le crépuscule du gaullisme et de son chef, le Général. Cette position l’isole rapidement au sein du conseil municipal de Cannes et le conduit à donner sa démission de maire et à ne pas se représenter, en juin 1968, à la députation. Force lui est de constater que le gaullisme sort dans l’immédiat renforcé avec la victoire écrasante de l’Union pour la défense de la République (UDR) aux élections législatives de juin 1968. En juin 1969, Georges Pompidou accède à l’élection à la présidence de la République.
En mars 1970, Bernard Cornut-Gentille est réélu conseiller général du canton de Cannes et, l’année suivante, en mars, il reprend la mairie de Cannes. En mars 1973, il retrouve également son siège de député en se présentant de nouveau comme un candidat sans étiquette et en jouant la carte de la proximité locale avec les électeurs. Son principal adversaire est Pierre Pasquini, le candidat de la majorité présidentielle. Le maire de Cannes se prononce alors très clairement contre la majorité présidentielle et appelle à un changement de celle-ci, tout en affirmant n’avoir « pris aucun engagement vis-à-vis d’aucune formation politique ». Au soir du second tour, il l’emporte mais plus difficilement que précédemment. Au Palais-Bourbon, il se refuse toujours à s’inscrire dans un groupe parlementaire. Il siège à la Commission des finances, de l’économie générale et du plan.
Sa position, de plus en plus à gauche, l’isole progressivement de ses électeurs et de ses alliés dans un département largement acquis à la droite. Réélu maire de Cannes en 1977, il est toutefois battu l’année suivante lors des élections législatives de 1978 par la candidate de la majorité présidentielle, Louise Moreau, étiquetée Union pour la démocratie française (UDF). Au second tour, celle-ci recueille 48 338 voix contre 42 859 pour le maire de Cannes qui, pour la première fois, est battu. Le coup est rude et Bernard Cornut-Gentille, s’estimant désavoué par les électeurs, même si les Cannois lui conservent au plan local leur confiance, démissionne de son mandat de maire. Au cours d’une lutte serrée lors des élections législatives de 1981, il est de nouveau battu par Louise Moreau qui comptabilise 43 804 voix contre 43 190 pour l’ancien maire de Cannes. Il se retire alors de la vie politique.
Bernard Cornut-Gentille décède le 21 janvier 1992 à Paris. Il était commandeur de la Légion d’honneur et médaillé de la Résistance.

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