Charles, Marie, Camille, Constant Courrier

1902 - 1977

Informations générales
  • Né le 18 janvier 1902 à Millery (Meurthe - France)
  • Décédé le 14 décembre 1977 à Nogent-sur-seine (Aube - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Aube
Groupe
Union et fraternité française

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 18 janvier 1902 à Millery (Meurthe-et-Moselle)
Décédé le 14 décembre 1977 à Nogent-sur-Seine (Aube)

Député de l'Aube de 1956 à 1958

Né à Millery de parents instituteurs, Charles Courrier effectue sa scolarité secondaire au lycée Henri Poincaré de Nancy puis la première partie de ses études de médecine à la faculté de Strasbourg. Diplômé de bactériologie et d'hygiène à la faculté de Lyon, il y présente, avec succès, sa thèse de doctorat en 1925. En 1927, après sa scolarité à l'école d'application du Val-de-grâce, il part en Afrique comme médecin militaire. Affecté notamment au Maroc pendant les événements de 1928-1932 il fait l'objet de quatre citations et est nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Il participe aux combats de la guerre de 1939-1945. Fait prisonnier en Lorraine, libéré en sa qualité de médecin, Charles Courrier dirige à Compiègne le centre de réception des prisonniers de guerre rapatriés puis le service de Santé de la place de Paris. Dans l'exercice de ses fonctions il apporte son concours à la Résistance : fourniture de médicaments, de matériel sanitaire etc. Son activité devenant risquée, il se rend à Nancy où, avec les F.F.I., il prendra part à la libération de l'Est de la France avant de faire la campagne d'Allemagne comme directeur du service de Santé de la 3e D.B. Son comportement lui vaudra la Croix de guerre 1939-1945 et sa promotion au grade d'officier dans l'ordre de la Légion d'honneur. Directeur du service de Santé de la 10e région militaire (Strasbourg), puis directeur adjoint pour la 6e région (Metz), il quitte l'armée en 1947.

Charles Courrier exerce alors à Paris puis en septembre 1951, ouvre un cabinet médical dans l'Aube, à Nogent-sur-Seine et travaille par ailleurs à l'hôpital de cette ville. On ne lui connaît aucune activité politique avant son adhésion à l'Union de défense du commerce et de l'artisanat (U.D.C.A.) en 1954.

C'est à ce titre qu'il conduit, dans l'Aube, la liste d'Union et de fraternité française présentée par Pierre Poujade aux élections du 2 janvier 1956. Son élection est contestée en raison de la comptabilisation de votes effectués au moyen de professions de foi. La Commission chargée de procéder à une enquête propose de déclarer son siège vacant. Cependant, dans la séance du 12 juillet 1956, au cours de laquelle il prononce sa première intervention, l'Assemblée nationale le valide par 104 voix contre 89.

Membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique pendant toute la durée de la législature, il siège par ailleurs à celle des territoires d'outre-mer jusqu'en juillet 1957 et à la Commission de l'agriculture à partir de cette date. Parlementaire actif, Charles Courrier dépose cinquante-cinq propositions de loi ou de résolution et rapports concernant principalement le champ de compétence des Commissions auxquelles il appartient.

Dans le domaine de la santé, il propose de supprimer l'ordre des médecins (23 octobre 1956), de mieux réglementer les substances toxiques ou vénéneuses (13 mars et 25 juillet 1957), de reconnaître la « névrose des téléphonistes et mécanographes » comme maladie professionnelle (13 février 1958). Il rédige deux rapports sur des propositions de résolution tendant à inclure la pédiatrie dans la liste des spécialités médicales (3 juillet et 12 décembre 1957) et un avis sur la création d'une médecine du travail dans l'administration des P.T.T. (16 janvier 1958). Il s'intéresse également aux personnes âgées disposant de faibles revenus et à leur logement par ses propositions de loi et de résolution du 13 mai 1958.

Député pendant les événements d'Algérie, Charles Courrier propose d'étendre les cas de permission ou d'exemption de service en Afrique du Nord, spécialement en faveur des agriculteurs (11 et 12 juillet 1957). En matière proprement agricole, il invite le gouvernement à augmenter la production ovine (10 mars 1958), propose la réévaluation du prix du blé (13 mars 1958) et défend la forêt privée (13 mai 1958). Il se soucie particulièrement du vignoble champenois victime de gelées et de calamités (16 mai et 20 juin 1957) et propose d'autoriser sa reconstitution pour partie en plants « gamay » (13 mai 1958).

En séance, le député de l'Aube prononce trois interventions importantes : le 13 mars 1957 à propos de la politique scientifique du gouvernement, le 21 mai 1957 pour refuser la confiance au gouvernement Guy Mollet sur les mesures fiscales (chute du cabinet), le 5 novembre 1957 pour s'opposer à l'investiture de Félix Gaillard.

Avec son groupe il vote contre l'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956) et lui refuse les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars), s'oppose à l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), vote contre la ratification de la C.E.E. et de l'Euratom (9 juillet), contre la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958) et contre l'état d'urgence en métropole (16 mai) et le principe de la révision de certains articles de la Constitution (27 mai) avant d'accorder la confiance au général de Gaulle (1er juin) et de se prononcer en faveur de la révision constitutionnelle (2 juin). Toutefois, comme la plupart des membres du groupe d'Union et de fraternité française, Charles Courrier ne prend pas part au vote sur l'attribution des pleins pouvoirs au gouvernement (2 juin).



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